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AINA
DAYS OF RISING DOOM

Genre : Avantasia
Année : 2003

Aina Overture -----------------------
Revelations --------------------------
Silver Maiden -----------------------
Flight Of Torek ---------------------
Naschtok Is Born ------------------
The Beast Within ------------------
The Siege Of Aina -----------------
Talon's Last Hope -----------------
Rape Of Oria ------------------------
Son Of Sorvahr ---------------------
Serendipity ---------------------------
Lalae Amer --------------------------
Rebellion -----------------------------
Oriana's Wrath ---------------------
Restoration --------------------------

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Aina, c'est l'ultime retour du come back de la résurrection de la réédition de l'opéra métal.
LE VOILA ! Mais que peut bien nous apporter ce nouvel essai ?
Ah oui, je sais, une histoire heroic fantasy !! Ah non, ça a déjà été fait.
Ah oui, je sais, des invités prestigieux !! Ah non, ça a déjà été fait.
Ouais mais Matos, Sammet et Kiske, c'est tout nouveau ça ! Ok, je la ferme.

Bon, je l'admets, cet album ne peut a priori rien apporter de nouveau à l'exercice opéresque, rien d'autre qu'un album supplémentaire de " en vrac métal " ou l'art de mélanger une somme impressionnante de talent au service d'une somme impressionnante de je ne sais pas quoi. L'opéra métal, c'est l'inverse des Beatles. Lorsqu'on réunit divers musiciens métal, on n'obtient rarement un bon truc. Les Beatles, eux, n'ont jamais réussi seuls ce qu'ils étaient capables de faire à 4. Évidemment, Popaul a composé Mull Of Kyntire mais hein, oh, faut pas déconner. Et puis avouez que vous étiez persuadé que Ringo Star était mort depuis 20 ans.

Aina, musicalement, c'est du death mélodique a tendance thrash avec quelques relents de stoner lors de breaks instrumentaux qui durent 3 plombes sur des compos basiques guitare/basse/batterie.
Non, évidemment, Aina, musicalement, c'est du Sascha Paeth. Vous savez, le gars qui a produit toute une ribambelle de groupes comme Kamelot, Rhapsody et autres Hammerfall. Sascha Paeth, le gars qui gratta il fut un temps dans Heaven's Gate. Mais ce n'est pas tout me direz-vous. Car si le Paeth peut vous produire 200 clones de Nostradameus dans la même journée, il a besoin d'une histoire, de paroles et accessoirement de musiciens. La conception littéraire, puisque c'est dit comme ça dans le livret du cd, est du ressort d'Amanda Somerville. Cette dernière partiellement inconnue peut se targuer d'avoir travaillé avec After Forever et Epica. Une carte de visite qui a de la gueule… Donc, Amanda Somerville est partiellement inconnue. Mais là, attention, ça ne rigole plus. Elle a écrit une histoire heroic fantasy teintée de mythologie grecque et a même inventé une langue pour la circonstance, à la manière de Christian Vander mais en moins drôle. Je précise également qu'Amanda Somerville n'est pas la sœur de Jimmy Somerville alias Cochonet, le leader des Communards qui s'est sorti, Dieu sait comment, du mur des fédérés sans une égratignure (blague d'historien).
Je précise également que c'est surtout Bob Hunecke-Rizzo qui a composé la musique et pas Sascha Peath (Sascha Pit comme le prononce Amanda Somerville) contrairement à ce qu'on peut croire en me lisant.

Sur une histoire couillue de gens méchants qui embêtent d'autres plutôt gentils, le trio a balancé une chiée de chanteurs bourrés de feelings (et d'autres qui en ont moins), des orchestrations et une ambiance festive parfois même féodale (il fallait oser) et les petits chanteurs à la croix de bois. Et des chœurs et choristes de toutes sortes qui font " oh, oh " ou " wo wo ", ils aiment bien ça. Il y en a même à ne plus savoir qu'en faire.

Bon, je ne vous cache pas qu'à la première écoute, j'ai trouvé cet album à mi chemin entre exceptionnel et nul à chier. Entre 100% et 33%. Donc, voilà, en une écoute, il avait 66%. Une note tout bonnement exceptionnelle étant donné la dureté de ma notation. Je n'en ai rien dit à personne, évidemment, une réputation de méchant garçon est si vite perdegkjh… ah merde, mon ours en peluche vient de tomber sur mon clavier… hein, quoi ? Oui maman, je viens manger. Zut, faut que j'y aille. Bouger pas, je reviens.

Ce qui m'a quelque peu refroidi, pour tout vous avouer, c'est l'enthousiasme de certains. C'est pas nouveau mais l'enthousiasme excessif, ça m'agace. Les gens ne le savent pas mais l'enthousiasme, c'est un cercle vicieux. Ça va très vite. Il suffit de se tromper une fois et ensuite, on est bloqué toute sa vie. Par exemple, vous dites que Fear Of The Dark d'Iron Maiden est un album génial, tellement hallucinant qu'il vous a feinté hors de votre slip (dixit George Eddy). Ensuite, vous êtes foutus. Tous les albums meilleurs que Fear Of The Dark devront être mieux que géniaux. A partir de là, c'est la descente aux enfers, vous sombrez dans l'alcoolisme, vous vous droguez et vous finissez par vous inscrire sur le forum Heaven & Hell et hurlez à la pleine lune que si vous étiez une femme, vous seriez amoureux de David Readman.
Je le sais bien, j'ai fait la même chose en appréciant un jour un album de Mystic Prophecy. On ne sort jamais indemne de ce genre de chose, vous savez.

Après quelques mois de délire post traumatique, j'ai réécouté Aina. Et là, je me suis retrouvé. Je me suis alors dit " Mais t'es con, en fait, tout ceci a une explication ". C'est simple, pour que j'aime une chanson, il suffit d'un détail, un petit truc et c'est bon. Un bon solo, un refrain sympa, un son de clavier absurde à la 3ème minute et ça me plait. D'ailleurs, à bien y réfléchir, ça doit être un peu le cas de tous les fans d'Ayreon. Car qui peut bien aimer ce groupe sans apprécier les sons de clavier absurde ? Pas moi en tout cas et d'ailleurs, sur Cosmic Fusion, c'est kitsch à mort. Mais voilà que je parle de Lucassen dans une chronique d'Aina.
J'ai donc passé toutes les chansons une à une et j'ai noté le petit truc qui me plaisait pour chacune d'entre elles.

Aina Overture : Là, je ne sais pas trop. C'est juste une intro orchestrale en fait (ce qui est sympa, c'est qu'il y a un thème qu'on retrouve par la suite).
Revelations : Là, il s'agit évidemment du solo de Jens Johansson. Et là, je me dis que plutôt que de mélanger des chanteurs, ça serait aussi bien sympa de prendre quelques musiciens et de leur faire jouer quelques solos, comme ça. Un mélange entre Avantasia et Black Utopia de Sherinian. Ça pourrait s'appeler du " orgie métal " ou du métal orgiaque. Un mélange hétéroclite, hétérogène et hétérodoxes de musiciens hétérosexuels. Vous voyez le truc. En même temps, ça enlèverait sans doute grandement cette impression d'opéra métal trop chantés. En même temps, avec le casting, il faut bien avantager le chant. Mais tout de même…
Silver Maiden : Il ne faut pas abuser. Mais qu'est ce que c'est que cette guimauve ?
Flight Of Torek : Là, c'est le syndrome Eagle Fly Free/Guardians. Insania pourrait jouer ce morceau sans problème. Pour le refrain, donc.
Naschtok Is Born : Là, rien.
The Beast Within : Quand Rettke dit " And feed the beast within ", c'est bien. Le solo est sympa aussi. Ça fait penser à du Brian May.
The Siege Of Aina : Les petits chanteurs à la croix de bois à 0'50, excellent, juste après les chœurs de machin. Ensuite, le morceau commence, c'est beau comme du Rhapsody. Quand Rettke dit " your doom is nigh/here ", c'est bien aussi. Candice Night également, pour le quota féminin (elle est tout de même moins sous exploitée que Sharon Den Adel sur Avantasia. 15 phrases contre 4, Night est méprisée mais pas sous exploitée).
Talon's Last Hope : Vous n'ignorez pas que Sascha Paeth est un grand fan de football (A Wolfsburg où se trouve son studio joue d'ailleurs une équipe du ventre mou de la bundesliga). C'est pour cette raison qu'il a proposé à Amanda Somerville de composer une chanson qui parle de foot. Cette chanson retrace donc l'histoire de Rabat Madjer, l'attaquant algérien du FC Porto, qui marqua d'une magnifique talonnade lors de la finale de la C1 face au Bayern de munich en 1987. C'était le dernier espoir du talon… mais peu importe. Cette chanson, soit dit en passant, est passablement nulle pour ne pas dire totalement débile. Il s'agit d'une chanson monotone avec Hugues et sa voix rigolote avec un refrain chanté par Matos qui a une voix rigolote aussi. Mais moi, j'aime beaucoup ce morceau qui n'est même pas du rock. Et puis à la fin, il y a une minute qui ne sert à rien.
Rape Or Oria : Là, c'est le syndrome Turilli. Sans viol, une histoire manque cruellement de piquant, tout le monde sait ça. Passons, rien d'intéressant ici.
Son Of Sorvahr : Le refrain est sympa sur cette chanson. Et puis ces Syrius à répétition, c'est tellement kitsch que ça en devient presque bien. Le solo de gratte, également, est bien.
Serendipity : L'intro au flûtiau, c'est beau comme du Fairyland. Il ne manque plus que cubase pour accompagner tout ça à la batterie. Par contre, c'est de la guimauve gluante avec des violons et tout. Ah oui, et puis les petits chanteurs à la croix de bois, le solo de gratte sèche, les enfants qui rient en fond, les oiseaux qui chantent, c'est vraiment trop. En fait, cette chanson est d'une mièvrerie tellement excessive que ça en devient agréablement drôle. C'est Kiske qui chante ici. Ce gars là est toujours là pour aider les copains puisque ce n'est pas la première fois qu'il s'y frotte. Et Kiske s'y frotte, s'y pique. Personne aurait une aspirine ?
Lalaer Amêr : Alors là, on dirait un morceau d'Angra-bossa-nova raté. C'est comme si on prenait l'intro de Carolina IV et qu'on remplaçait le couplet en brésilien par une femme qui dit " laïlaïlaïgnagna " pendant 4 minutes. Pour couronner le tout, Amanda Somerville y va de sa narration en langue inventée. C'est beau comme du Tolkien. Heureusement, me direz-vous, après 2'45 de calvaire, Paeth a compris qu'il fallait casser tout ça. Et là mes aieuls, ça gratte à mort et ça breake à donf. Voilà, 40 bonnes secondes.
Rebellion : Pas trouvé.
Oriana's Wrath : Le refrain avec " today we ride ! ", c'est bien. Et puis il y a des reprises de thèmes ici. C'est bien les reprises de thème. Sass Jordan, on dirait Tina Turner. A part que " you nasty, sick son of a bitch ", Tina ne dirait jamais ça. Peut être éventuellement quand elle était avec Ike et encore, je n'en suis pas sûr. Ah oui, le solo est sympa aussi. Le break avec les cris de baleine, c'est assez exceptionnel. C'est suivi par un faux final avec des cuivres et des chœurs. Putain, c'est beau comme du Procol Harum.
Restoration : Bon, là, c'est un mélange de tous les thèmes de l'album. Donc, forcément, c'est bien.

Alors voilà. Tous ces détails font que je mets 70% à cet opéra métal. Il s'agit évidemment pour moi d'une terrible déchéance. Le monde est au bord du gouffre ! Pour tomber plus bas, il faudrait un évènement horrible, un cataclysme, le jugement dernier, quelque chose qui changerait à jamais la face de la planète. Je ne sais pas, c'est comme si le retour du roi remportait 11 oscars. Heureusement, c'est trop écœurant pour réellement se produire…
Hé merde !




Chant :
G. Hugues, C. Night, M.Kiske, M. Hietala, A.Matos, T. Rettke, T.Sammet
, O. Hayer, D. Wilson, S. Jordan
Choristes : A. Somerville
,
Robert Hunecke-Rizzo, Sascha Paeth, Nicholas Westerman
Guitares : S. Paeth, R. Hunecke-Rizzo, E. Vuorinen, T. Youngblood, O. Reitmeier
Basse : S. Paeth, R. Hunecke-Rizzo, T.M. Stevens
Batterie : R. Hunecke-Rizzo
Claviers : J. Johansson, D. Sherinian, Miro, E. Norlander, A. Naschke