Aina, c'est l'ultime retour du come back de la
résurrection de la réédition
de l'opéra métal.
LE VOILA ! Mais que peut bien nous apporter ce
nouvel essai ?
Ah oui, je sais, une histoire heroic fantasy !!
Ah non, ça a déjà été
fait.
Ah oui, je sais, des invités prestigieux
!! Ah non, ça a déjà été
fait.
Ouais mais Matos, Sammet et Kiske, c'est tout
nouveau ça ! Ok, je la ferme.
Bon, je l'admets, cet album ne peut a priori rien
apporter de nouveau à l'exercice opéresque,
rien d'autre qu'un album supplémentaire
de " en vrac métal " ou l'art
de mélanger une somme impressionnante de
talent au service d'une somme impressionnante
de je ne sais pas quoi. L'opéra métal,
c'est l'inverse des Beatles. Lorsqu'on réunit
divers musiciens métal, on n'obtient rarement
un bon truc. Les Beatles, eux, n'ont jamais réussi
seuls ce qu'ils étaient capables de faire
à 4. Évidemment, Popaul a composé
Mull Of Kyntire mais hein, oh, faut pas déconner.
Et puis avouez que vous étiez persuadé
que Ringo Star était mort depuis 20 ans.
Aina, musicalement, c'est du death
mélodique a tendance thrash avec quelques
relents de stoner lors de breaks instrumentaux
qui durent 3 plombes sur des compos basiques guitare/basse/batterie.
Non, évidemment, Aina, musicalement, c'est
du Sascha Paeth. Vous savez, le gars qui a produit
toute une ribambelle de groupes comme Kamelot,
Rhapsody et autres Hammerfall. Sascha Paeth, le
gars qui gratta il fut un temps dans Heaven's
Gate. Mais ce n'est pas tout me direz-vous. Car
si le Paeth peut vous produire 200 clones de Nostradameus
dans la même journée, il a besoin
d'une histoire, de paroles et accessoirement de
musiciens. La conception littéraire, puisque
c'est dit comme ça dans le livret du cd,
est du ressort d'Amanda Somerville. Cette dernière
partiellement inconnue peut se targuer d'avoir
travaillé avec After Forever et Epica.
Une carte de visite qui a de la gueule
Donc,
Amanda Somerville est partiellement inconnue.
Mais là, attention, ça ne rigole
plus. Elle a écrit une histoire heroic
fantasy teintée de mythologie grecque et
a même inventé une langue pour la
circonstance, à la manière de Christian
Vander mais en moins drôle. Je précise
également qu'Amanda Somerville n'est pas
la sur de Jimmy Somerville alias Cochonet,
le leader des Communards qui s'est sorti, Dieu
sait comment, du mur des fédérés
sans une égratignure (blague d'historien).
Je précise également que c'est surtout
Bob Hunecke-Rizzo qui a composé la musique
et pas Sascha Peath (Sascha Pit comme le prononce
Amanda Somerville) contrairement à ce qu'on
peut croire en me lisant.
Sur une histoire couillue de gens
méchants qui embêtent d'autres plutôt
gentils, le trio a balancé une chiée
de chanteurs bourrés de feelings (et d'autres
qui en ont moins), des orchestrations et une ambiance
festive parfois même féodale (il
fallait oser) et les petits chanteurs à
la croix de bois. Et des churs et choristes
de toutes sortes qui font " oh, oh "
ou " wo wo ", ils aiment bien ça.
Il y en a même à ne plus savoir qu'en
faire.
Bon, je ne vous cache pas qu'à
la première écoute, j'ai trouvé
cet album à mi chemin entre exceptionnel
et nul à chier. Entre 100% et 33%. Donc,
voilà, en une écoute, il avait 66%.
Une note tout bonnement exceptionnelle étant
donné la dureté de ma notation.
Je n'en ai rien dit à personne, évidemment,
une réputation de méchant garçon
est si vite perdegkjh
ah merde, mon ours
en peluche vient de tomber sur mon clavier
hein, quoi ? Oui maman, je viens manger. Zut,
faut que j'y aille. Bouger pas, je reviens.
Ce qui m'a quelque peu refroidi,
pour tout vous avouer, c'est l'enthousiasme de
certains. C'est pas nouveau mais l'enthousiasme
excessif, ça m'agace. Les gens ne le savent
pas mais l'enthousiasme, c'est un cercle vicieux.
Ça va très vite. Il suffit de se
tromper une fois et ensuite, on est bloqué
toute sa vie. Par exemple, vous dites que Fear
Of The Dark d'Iron Maiden est un album génial,
tellement hallucinant qu'il vous a feinté
hors de votre slip (dixit George Eddy). Ensuite,
vous êtes foutus. Tous les albums meilleurs
que Fear Of The Dark devront être mieux
que géniaux. A partir de là, c'est
la descente aux enfers, vous sombrez dans l'alcoolisme,
vous vous droguez et vous finissez par vous inscrire
sur le forum Heaven & Hell et hurlez à
la pleine lune que si vous étiez une femme,
vous seriez amoureux de David Readman.
Je le sais bien, j'ai fait la même chose
en appréciant un jour un album de Mystic
Prophecy. On ne sort jamais indemne de ce genre
de chose, vous savez.
Après quelques mois de délire
post traumatique, j'ai réécouté
Aina. Et là, je me suis retrouvé.
Je me suis alors dit " Mais t'es con, en
fait, tout ceci a une explication ". C'est
simple, pour que j'aime une chanson, il suffit
d'un détail, un petit truc et c'est bon.
Un bon solo, un refrain sympa, un son de clavier
absurde à la 3ème minute et ça
me plait. D'ailleurs, à bien y réfléchir,
ça doit être un peu le cas de tous
les fans d'Ayreon. Car qui peut bien aimer ce
groupe sans apprécier les sons de clavier
absurde ? Pas moi en tout cas et d'ailleurs, sur
Cosmic Fusion, c'est kitsch à mort. Mais
voilà que je parle de Lucassen dans une
chronique d'Aina.
J'ai donc passé toutes les chansons une
à une et j'ai noté le petit truc
qui me plaisait pour chacune d'entre elles.
Aina Overture : Là, je ne sais
pas trop. C'est juste une intro orchestrale en
fait (ce qui est sympa, c'est qu'il y a un thème
qu'on retrouve par la suite).
Revelations : Là, il s'agit évidemment
du solo de Jens Johansson. Et là, je me
dis que plutôt que de mélanger des
chanteurs, ça serait aussi bien sympa de
prendre quelques musiciens et de leur faire jouer
quelques solos, comme ça. Un mélange
entre Avantasia et Black Utopia de Sherinian.
Ça pourrait s'appeler du " orgie métal
" ou du métal orgiaque. Un mélange
hétéroclite, hétérogène
et hétérodoxes de musiciens hétérosexuels.
Vous voyez le truc. En même temps, ça
enlèverait sans doute grandement cette
impression d'opéra métal trop chantés.
En même temps, avec le casting, il faut
bien avantager le chant. Mais tout de même
Silver Maiden : Il ne faut pas abuser.
Mais qu'est ce que c'est que cette guimauve ?
Flight Of Torek : Là, c'est le syndrome
Eagle Fly Free/Guardians. Insania pourrait jouer
ce morceau sans problème. Pour le refrain,
donc.
Naschtok Is Born : Là, rien.
The Beast Within : Quand Rettke dit "
And feed the beast within ", c'est bien.
Le solo est sympa aussi. Ça fait penser
à du Brian May.
The Siege Of Aina : Les petits chanteurs
à la croix de bois à 0'50, excellent,
juste après les churs de machin.
Ensuite, le morceau commence, c'est beau comme
du Rhapsody. Quand Rettke dit " your doom
is nigh/here ", c'est bien aussi. Candice
Night également, pour le quota féminin
(elle est tout de même moins sous exploitée
que Sharon Den Adel sur Avantasia. 15 phrases
contre 4, Night est méprisée mais
pas sous exploitée).
Talon's Last Hope : Vous n'ignorez pas
que Sascha Paeth est un grand fan de football
(A Wolfsburg où se trouve son studio joue
d'ailleurs une équipe du ventre mou de
la bundesliga). C'est pour cette raison qu'il
a proposé à Amanda Somerville de
composer une chanson qui parle de foot. Cette
chanson retrace donc l'histoire de Rabat Madjer,
l'attaquant algérien du FC Porto, qui marqua
d'une magnifique talonnade lors de la finale de
la C1 face au Bayern de munich en 1987. C'était
le dernier espoir du talon
mais peu importe.
Cette chanson, soit dit en passant, est passablement
nulle pour ne pas dire totalement débile.
Il s'agit d'une chanson monotone avec Hugues et
sa voix rigolote avec un refrain chanté
par Matos qui a une voix rigolote aussi. Mais
moi, j'aime beaucoup ce morceau qui n'est même
pas du rock. Et puis à la fin, il y a une
minute qui ne sert à rien.
Rape Or Oria : Là, c'est le syndrome
Turilli. Sans viol, une histoire manque cruellement
de piquant, tout le monde sait ça. Passons,
rien d'intéressant ici.
Son Of Sorvahr : Le refrain est sympa sur
cette chanson. Et puis ces Syrius à répétition,
c'est tellement kitsch que ça en devient
presque bien. Le solo de gratte, également,
est bien.
Serendipity : L'intro au flûtiau,
c'est beau comme du Fairyland. Il ne manque plus
que cubase pour accompagner tout ça à
la batterie. Par contre, c'est de la guimauve
gluante avec des violons et tout. Ah oui, et puis
les petits chanteurs à la croix de bois,
le solo de gratte sèche, les enfants qui
rient en fond, les oiseaux qui chantent, c'est
vraiment trop. En fait, cette chanson est d'une
mièvrerie tellement excessive que ça
en devient agréablement drôle. C'est
Kiske qui chante ici. Ce gars là est toujours
là pour aider les copains puisque ce n'est
pas la première fois qu'il s'y frotte.
Et Kiske s'y frotte, s'y pique. Personne aurait
une aspirine ?
Lalaer Amêr : Alors là, on
dirait un morceau d'Angra-bossa-nova raté.
C'est comme si on prenait l'intro de Carolina
IV et qu'on remplaçait le couplet en brésilien
par une femme qui dit " laïlaïlaïgnagna
" pendant 4 minutes. Pour couronner le tout,
Amanda Somerville y va de sa narration en langue
inventée. C'est beau comme du Tolkien.
Heureusement, me direz-vous, après 2'45
de calvaire, Paeth a compris qu'il fallait casser
tout ça. Et là mes aieuls, ça
gratte à mort et ça breake à
donf. Voilà, 40 bonnes secondes.
Rebellion : Pas trouvé.
Oriana's Wrath : Le refrain avec "
today we ride ! ", c'est bien. Et puis il
y a des reprises de thèmes ici. C'est bien
les reprises de thème. Sass Jordan, on
dirait Tina Turner. A part que " you nasty,
sick son of a bitch ", Tina ne dirait jamais
ça. Peut être éventuellement
quand elle était avec Ike et encore, je
n'en suis pas sûr. Ah oui, le solo est sympa
aussi. Le break avec les cris de baleine, c'est
assez exceptionnel. C'est suivi par un faux final
avec des cuivres et des churs. Putain, c'est
beau comme du Procol Harum.
Restoration : Bon, là, c'est un
mélange de tous les thèmes de l'album.
Donc, forcément, c'est bien.
Alors voilà. Tous ces détails
font que je mets 70% à cet opéra
métal. Il s'agit évidemment pour
moi d'une terrible déchéance. Le
monde est au bord du gouffre ! Pour tomber plus
bas, il faudrait un évènement horrible,
un cataclysme, le jugement dernier, quelque chose
qui changerait à jamais la face de la planète.
Je ne sais pas, c'est comme si le retour du roi
remportait 11 oscars. Heureusement, c'est trop
écurant pour réellement se
produire
Hé merde !
