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PAIN OF SALVATION
BE

Genre : Fourre tout métal
Année : 2004

Animae Partus -------
Deus Nova ------------
Imago -------------------
Pluvius Aestivus -----
Lilium Cruentus ------
Nauticus ---------------
Dea Pecuniae ---------
Vocari Dei -------------
Diffidentia -------------
Nihil Morari ----------
Latericius Valete ----
Omni --------------------
Iter Impius ------------
Martius/Nauticus II -
Animae Partus II ----

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Pain Of Salvation, c'est le groupe de Daniel Gildenlow. Quoi, vous ne connaissez pas ce brave homme ? Pourtant, c'est le MEILLEUR chanteur du monde, l'éternel torturé, le gars qui rigole quand il se brûle. Même les musiciens d'Anathema sont des boutes en train à côté de lui. Il est mystérieux, sensible, romantique et dispense de sa voix suave des messages complexes. Donc, en deux mots, lorsqu'il chante, ce type est ennuyeux comme la mort. Pourtant, il n'en demeure pas moins le meilleur chanteur du monde à égalité avec Hansi Kursch, Russell Allen, Jorn Lande… enfin, à égalité avec plus ou moins tout le monde.

Alors, PoS, à l'instar de Stratovarius, est un groupe mort. La différence, c'est qu'ici, ce n'est pas officiel et que le macchabée se traîne depuis une demi douzaine d'années. La bande à Tolkki, elle, a le mérite de faire rire la gallerie. Pain Of Salvation, eux, ils sont sobres, presque sinistres. Jamais d'humour, rien.

Enfin, si, des blagues, ils en font. Leur dernière s'intitule Be.

Bon, le dernier album de PoS est un truc original. La totale absence d'unité ou de finalité musicale est finalement ce qui le rend intéressant. Donc, à défaut d'être de qualité, ce Be est peu commun. J'en veux pour preuve le début de l'album qui enchaîne deux intros, un morceau aux relents médiévaux et un troisième instrumental symphonique. Personne n'avait jamais fait ça, Gildenlow vous l'offre. Evidemment, c'est original mais ça sert à rien.

En parlant de ce qui ne sert à rien, voyons tout d'abord les intermèdes de cet album :

Le premier, Animae Partus est une intro totalement parlée qui est trop longue (aucun intérêt après la première minute). Deus Nova est un instrumental plaisant gâché par une voix qui répète à peu près la même chose pendant 2 minutes, insupportable. Pluvius est une instru symphonique trop longue et donc répétitive. Vocari, quatrième non-chanson fait penser à une musique de supermarché avec des dialogues par-dessus pendant 4 minutes. Latericius et Omni, superbes entractes pour aller pisser.

Il y a dans cet album un parti pris que je trouve regrettable . Les chansons sont trop chantées et sont suivies d'instrumentaux plein de vide. Evidemment, j'aurais préféré l'ajout de breaks instrumentaux (et de solo. C'est bien les solos aussi) à l'intérieur des chansons et l'envoie dans la corbeille de ces intermèdes inutiles. Même du temps où le groupe avait encore de bonnes idées, ce type d'interlude n'était pas son fort. Un ou deux, c'était pas forcément indispensable mais en mettre six…

Enfin, passons aux chansons qui sont au nombre de huit puisque l'intérêt de cet album, si intérêt il y a, se trouve ici. On va la faire du moins intéressant au meilleur, histoire de changer un peu.

Je me débarrasse immédiatement de Nihil. A l'heure qu'il est, je ne me souviens que de la batterie, horrible au demeurant.

Nauticus, un peu à l'image de l'album, a une finalité qui me dépasse complètement. Le gospel, c'est sympa mais un peu long. Ensuite, ça cause pendant 2 plombes. Il s'agit d'une sorte de blague salace comme on en trouve des millions sur internet. Je vous laisse découvrir ce grand moment.

Ensuite, vient Lilium, un morceau très compliqué et sans grande mélodie. Ça devient agréable à partir de la 3ème minute.

Differentia, un peu comme Lilium, m'oblige à attendre 2 minutes pour trouver une mélodie style Peter Gabriel. A 4'21, le passage avec les cordes est sympa.

Puis Dea, le premier morceau a faire réellement plaisir (septième titre, tout de même). Encore ce côté un peu blues gospel. Le morceau est sans doute un peu long (10'11) surtout qu'il est presqu'uniquement chanté. Pour ma part, j'aurais mis un solo de gratte de 2 minutes à la fin. Mais POS avec des solos, hein, c'est un rêve. Le final, trop long, trop toujours pareil, finit par fatiguer. Ah oui, 1 minute de parlotte à la fin. Le concept, ok mais bon... Question idée farfelue, c'est fort. Même Roger Waters, l'inventeur de la voiture qui passe, ne fait pas ça.

Imago, première chanson de l'album, on ne fait pas la fine bouche après le début tonitruant. Ambiance médiévale, sympa.

En seconde position, Martius. Une chanson sympathique, plus conventionnelle avec la reprise du thème de Imago. Disons que dans l'absolu, je préfère me rabattre sur des chansons conventionnelles avec à l'intérieur quelques encartades osées plutôt qu'un album sans queue ni tête qui joue sur l'originalité en se disant qu'il y aura toujours quelqu'un pour crier au génie.

Finalement, Iter est une ballade à la One Hour By The Concrete Lake (Piiiiilgrim, where are you going ?). Pas novateur pour un sou mais très agréable.

Donc, voilà ce qu'il en est. Be est souvent original, donc, mais souvent vain. Les quelques bons passages sont rapidement noyés par une étonante course effrénée vers le déraisonnable. Gildenlow a cherché à faire quelque chose. J'ai pas compris ce qu'il voulait mais il a tenté le coup. C'est remarquable et je le remarque. Mais l'impression qui se dégage de cet album est que PoS complique son art pour le faire passer pour plus adulte et pertinent qu'il ne l'est vraiment.

Be est d'une prétention musicale trop élevée compte tenu des réelles capacités de Gildenlow. C'est comme si on donnait le synthé de Jordan Rudess à un enfant qui a fait un an de piano. Il ne saurait pas quoi en faire. PoS, c'est pareil. Le concept ambitieux est attirant mais le résultat, très compliqué, se résume à plus ou moins n'importe quoi.

Alors oui, je sais, la musique de Pain Of Salvation ne s'adresse pas à tout le monde. Elle se mérite. Elle demande de multiples écoutes mais j'ose m'arrêter à la sixième. Non, je n'irai pas jusqu'à l'écouter 700 fois, comme cela semble être encore une fois le cas de tout un chacun, style " ah putain, je comprends pas que j'aime pas cet album, pourtant il est génial. Je vais l'écouter encore une fois !! ". Le jour où Gildenlow développera des mélodies, je serai prêt à en rediscuter.


 Chant : Daniel Gildenlöw
Guitares : Daniel Gildenlöw
Guitares : Johan Hallgren
Claviers : Fredrik Hermansson 
Batterie : Kristoffer Gildenlöw
Basse : Johan Langell

Du même groupe :

Entropia (1999)
The Perfect Element Part 1 (2000)
Remedy Lane (2002)