Les
six premiers mois de l'année sont toujours
l'occasion pour les gens de dire des conneries.
Bon, évidemment, le reste de l'année
est aussi un moment privilégié durant
lequel on entend beaucoup de conneries. Mais au
début de l'année, énormément
de records sont battus. Par exemple, pensez-vous
réellement que ceux qui vous souhaitent
une bonne année le pensent vraiment ? Non,
en réalité, ils vous méprisent
et vous font des bras d'honneur quand vous avez
le dos tourné. En matière de métal,
c'est la même chose. Dès le mois
de février, on entend toujours quelques
inconscients crier haut et fort que tel album
sera celui de l'année. Pas plus tard qu'hier,
Passepartout me disait que Persuader allait sortir
l'album de 2004. Je vous jure, on entend de ces
bêtises durant le premier trimestre.
AMARAN
PRISTINE IN BONDAGE (2004)
01. Atropine
02. Revolution Without Arms
03. Coming Home
04. Inflict
05. Without Stains
06. Katharsis
07. 24 Pills
08. Wraith
09. Crow Me
10. Primal Nature
Amaran
m'a grugé !
A l'écoute de Katharsis,
je pensais qu'il s'agissait d'un groupe
death couillu et bien envoyé. Que
nenni, Amaran est un groupe de gonzesses.
Non pas un groupe pour les gonzesses mais
un groupe avec une gonzesse.
Vous savez, Evanescence, Epica, Within
Temptation, After Forever et tous les
autres qui se laissent glisser sur la
vague du succès avec à leur
trousse une tripotée de fans torses
nus qui courent en hurlant parce qu'ils
ont vu une femelle.
Evidemment, loin de moi l'idée
de comparer Amaran et Within Temptation
puisque chanteuse mise à part,
c'est pas forcément la même
musique. Seulement, la chanteuse, ça
fait déjà beaucoup tant
elle contribue à la monotonie d'un
ensemble grisâtre.
Titres
préférés : Revolution
Without Arms, Katharsis
JOSE
ANDREA
DONDE EL CORAZON TE LLEVE (2004)
01. Engañando al olvido
02. Lo que quiero esres tu
03. Tus lágrimas no besan
04. El precio
05. El peso del alma
06. Siempre estás allí
07. Aquí estoy
08. El Dios de la guerra
09. En tu estrella
10. El mar de la tranquilidad
11. En las olas de tu cintura
12. La belleza está en tu interior
13. Pregúntale a Dios
14. Donde el corazón te lleve
Mais
qui donc est ce bel ibère aux cheveux
propres nommé José Andrea
?
Il
s'agit du chanteur braillard de Mägo
de Oz, l'homme qui s'égosille plus
qu'à son tour. Si le chanteur constipé
de Nostradameus n'existait pas, Jose Andrea
remporterait la palme du chanteur qui
force le plus.
D'ailleurs,
sur cet album, le beau Jose reprend en
espagnol 14 magnifiques ballades de Heaven
du père Adams à High
Enough du père Shaw en passant
par le Stone Cold du père
Blackmore. Pourtant, même si toutes
ces chansons sont plutôt lentes
et pratiquement toujours de la guimauve
dégoulinante, José Andrea
n'hésite jamais à forcer
comme un boeuf. Ce
gars là est perpétuellement
à fond.
Sa
version de To Be With You de Mr
Big vaut d'ailleurs son pesant de cacahuète
tant son interprétation est poussive
et hilarante. Il a cependant le mérite
de prendre possession des originaux avec
une certaine facilité même
si musicalement, les chansons sont vraiment
très proches de leur modèle
anglophone.
Les
collectionneurs seront comblés...
et pliés en deux.
Mathieu
Note
: 5/10
Titres
préférés : Tus
lágrimas no besan, La belleza está
en tu interior, Engañando al olvido
AYREON
THE HUMAN EQUATION (2004)
1. Day One : Vigil
2. Day Two : Isolation
3. Day Three : Pain
4. Day Four : Mystery
5. Day Five : Voices
6. Day Six : Childhood
7. Day Seven : Hope
8. Day Eight : School
9. Day Nine : Playground
10. Day Ten : Memories
11. Day Eleven : Love
12. Day Twelve : Trauma
13. Day Thirteen : Sign
14. Day Fourteen : Pride
15. Day Fifteen : Betrayal
16. Day Sixteen : Loser
17. Day Seventeen : Accident ?
18. Day Eighteen : Realization
19. Day Nineteen : Disclosure
20. Day Twenty : Confrontation
Ayreon,
c'est un peu la descente aux enfers. Je
sais, vous vous dites que je vais encore
user de ma rhétorique cynico-ironique
et que je vais dire des trucs du style
"Arjen a trouvé le mode d'écriture
automatique" et vous n'aurez pas
tort.
Dans
le domaine du prog, il existe une étrange
constante. Au moins on a de choses à
dire et au plus on le dit longtemps. Regardez
donc Neal Morse avec son effroyable Testimony.
Arjen Lucassen, qui pourtant est un génie
(si, si, je vous jure), sort un double
album. Déjà, j'étais
prévenu.
The
Human Equation, c'est quoi ? De la chanson
a tendance prog post-Pink Floyd (reprise
de Breathe dans Isolation, tout de même)
avec quelques noms connus au chant Baker,
Townsend, LaBrie et autres. Des vieux
sons de claviers, des choeurs féminins,
etc. En deux mots, c'est Ayreon.
C'est
assez mou, pas très attrayant et
mélodiquement assez pauvre. Les
ambiances sont sympas, certes, mais pas
nouvelles (surtout chez Ayreon) et Lucassen
repique sans vergogne les vieux plans
de flûte de Jethro Tull.
Non,
décidément, j'arrive même
pas à trouver mes 50% de bons morceaux
habituels. C'est déprimant.
01. Divine
02. Bringer Of War
03. Anima Mundi
04. Heart Is Crying
05. What
06. Eyes Of The World
07. March For Freedom
08. Closer To The Sun
09. Forever More
10. Paradise Land
Dionysus,
c'est
une musique qui n'est vraiment pas méchante,
qui n'a pas vraiment de prétention,
qui n'est
pas vraiment compliquée, qui n'est
pas vraiment simple, qui n'est pas vraiment
speed, qui n'est pas vraiment mid tempo,
qui ne reprend pas vraiment tout à
Stratovarius, qui ne prend pas vraiment
tout non plus à Rhapsody ou à
Malmsteen, les morceaux ne sont pas vraiment
tous mauvais, ils ne sont vraiment pas
tous bons, les ballades sont vraiment
dégoulinantes, les refrains avec
les choeurs vraiment ringards, Forever
More ne reprend pas vraiment la mélodie
de Hunting High And Low, Hayer ne chante
pas vraiment comme sur les albums de Turilli,
le reste n'est pas vraiment etc........
Titres
préférés : Bringer
Of War, March Of Freedom,
EDGUY
KING OF FOOLS (2004)
01. King of Fools
02. New Age Messiah
03. The Savage Union
04. Holy Water
05. Life and Times of a Bonus Track
Les
singles, c'est la plupart du temps une
grosse arnaque.
Comme
on en a marre d'attendre la sortie de
l'album, on l'achète pour passer
le temps. Et les singles sont toujours
composés de mid-tempos à
la con avec des batteries qui sonnent
comme dans les pires groupes des années
80. Surtout les singles des groupes de
speed qui refourguent volontiers la honte
de leur album à la maison de disque.
On paye 10 euros pour deux chansons pourries
dans des versions edit qui sentent pas
bon la coupure faite à la va-vite
pour un soit-disant passage à la
radio.
Cette
fois ci, ça change un peu. Mis
à part The Savage Union, les quatre
autres titres sont bien sympas et il y
a surtout Life and times of a bonus track,
le morceau qui me poursuit depuis 2 mois
et que j'ai écouté 400 fois
par jour pendant 3 semaines.
Après
la marche des gendarmes, ils refont le
coup. Je crois que je suis fan des bonus
tracks d'Edguy.
Titre
préféré : LIFE
AND TIMES OF A BONUS TRACK !!
MANIGANCE
D'UN AUTRE SANG (2004)
1. Mirage
2. Empire Virtuel
3. Mourir En Héros
4. Héritier
5. Hors La Loi
6. Maudits
7. Mémoire
8. Damoclès
9. La Mort Dans L'âme
10. D'un Autre Sang
11. Enfin Délivré
12. Future World
Manigance,
Sonata Arctica et Rage, pour moi, c'est
pareil.
Si,
si, je vous jure. C'est un style de métal
à part entière, un genre
de groupe à chansons gentillettes
qui dépotent. Ce sont des gars
sans grande prétention qui balancent
des riffs et de la sueur à grand
renfort de cheveux longs dans des compos
de 4 minutes 30.
Manigance,
c'est exactement ça. En concert,
c'est jovial et tout le monde fait son
truc, à fond, sans concessions.
Sur album, c'est déjà un
peu plus mitigé avec quelques ralentissements,
quelques points faibles et l'absence bien
souvent de l'énergie de la fureur
du live.
Le
seul problème
reste finalement que cet album, étrangement
plus que son prédécesseur,
est composé de 10 fois la même
chanson. Il n'y a pas de radicale évolution
ni de changement majeur. On trouve ici
moins de bons morceaux mais des chansons
meilleures pour un résultat somme
toute assez proche de Ange ou Démon.
D'un
Autre Sang fait donc partie de la grande
famille des 6/10.
Titre
préféré : D'un
Autre Sang, Empire Virtuel, La Mort Dans
l'Ame, Maudit, Mémoire
ORPHANED
LAND
MABOOL (2004)
01. Birth Of The Three
02. Ocean Land
03. The Kiss Of Babylon
04. A'salk
05. Halo Dies
06. A Call To Awake
07. Building The Ark
08. Nora El Nora
09. The Calm Before The Flood
10. Mabool
11. The Storm Still Rages Inside
12. Rainbow
Pour
Orphaned Land, la recette est simple,
exotisme à fond. L'étape
suivante serait de prendre Jose Andrea
au chant mais ça, ils n'oseront
sans doute pas.
Exotisme,
me dites- vous ? Oui, exotisme vous dis-je.
Un groupe israélien qui fait du
metal prog, déjà, c'est
exotique. Ensuite, ils mélangent
dans l'allégresse des influences
arabisantes et forces rythmes traditionnels,
ce qui en soi est très exotique
mais aucunement original. A petite dose,
c'est agréable, à grosse
cuillerée (A'salk, Nora
El Nora) ça peut rapidement
devenir assommant.
Pour finir, il ne rechigne pas sur une
petite voix death poussive qui vient gâcher
quelques titres selon la tradition (Mabool,
quelle horreur ! Le très bon A
Call To Awake malheureusement gâché
par un final death/prog tout bonnement
ignoble).
Heureusement,
le guitariste s'avère très
inspiré (Le meilleur titre, The
Storm Still Rages Inside, lui revient
à 90%) et vient placer intelligemment
quelques solos jouissifs.
Enfin,
cette libre adaptation de l'histoire de
Noé, avec son lot d'inondations
et d'arc en ciel, est une sympathique
surprise au milieu des sorties de power
métal de merde. De là à
dire qu'il s'agit de l'album de l'année...
Titres
préférés : Ocean
Land, The Storm Still Rages Inside, A Call
To Awake
PAIN OF SALVATION
12 : 5 (2004)
01. Brickwork I
02. Brickwork II
03. Brickwork III
04. Brickwork IV
05. Brickwork V
06. Winning A War
07. Reconciliation
08. Dryad of the Woods
09. Oblivion Ocean
10. Undertow
11. Chainsling
12. Brickwork VI
13. Brickwork VII
14. Brickwork VIII
15. Brickwork IV
16 .Brickwork X
Tiens,
Marillion a encore sorti un album douceâtre
et ennuyeux. Ah merde, c'est un live acoustique
de Pain Of Salvation !
Attention,
là, il y a des nouvelles chansons.
Si, si, Brickwork, je connais pas moi.
Ah bah non, en fait, c'est du remplissage
(dans le 5, il fait "la la la oh
oh", le 6 et le 7 sont des instrumentaux
à la sèche) ou bien des
chansons cachées. Chez moi Brickwork
8 s'intitule Second Love et le 9, c'est
Ashes. Il se la joue torturé Gildenlow
mais en réalité, c'est un
grand comique.
Et
le reste alors ? Un mauvais morceau de
Perfect Element, un instrumental sans
grand intérêt de Remedy Lane...
hmm... le reste est sympa mais vain.
Donc
outre le choix des chansons qui peut prêter
à discussion, il y a surtout le
fait que ce live acoustique ne sert à
rien sinon nous donner des versions différentes
et souvent inférieures aux originales.
Là, il faut tout de même
pousser son amour des compos de Gildenlow
à un certain niveau pour y trouver
son bonheur. Et cela surtout si, comme
moi, vous préférez largement
le POS heavy des débuts au POS
grabataire de Perfect Element.
Je m'étais moqué de Bon
Jovi et de son album acoustique, il n'y
a pas de raison.
Titres
préférés : Winning
A War, Undertow, Chainsling, Second Love
PERSUADER
EVOLUTION PURGATORY (2004)
01. Strike Down
02. Sanity Soiled
03. Masquerade
04. Godfather
05. Turn To Dust
06. Pasion/Pain
07. Raise Hell
08. To The End
09. Fire At Will
10. Wipe Out
Lorsqu'ils
étaient jeunes, les musiciens de
Persuader vivaient prostrés dans
une banlieue suédoise et grandissaient
sous perfusion de Bling Guardian.
Seulement,
ils voulurent garder ce terrible secret
pour eux. Ils décidèrent
de ne jamais le révéler
et nièrent dès lors avoir
BG dans leurs groupes préférés.
Seul le bassiste resta honnête et
cita souvent le groupe d'Hansi Kursch,
le gendre idéal. Il n'y a bien
que les bassistes qui sont honnêtes,
tout le monde sait ça.
Fatalement,
quand vint le moment de composer, ils
se réunirent et pensèrent
écrire une version métal
de Tom Bombadil qu'ils auraient intitulé
"Holà ! Viens gai dol !
derry dol ! et gai-ho !".
La
voix de la raison vint à nouveau
du bassiste qui souligna le fait que ce
titre était complètement
con puis il ajouta "Man kann sich
nicht anhalten, Blind Guardian zu kopieren
?" car il parlait un peu l'allemand.
Mais les autres ne voulurent rien savoir.
C'est
ainsi qu'Evolution Purgatory arriva dans
les bacs.
01. Fallen
02. Tears
03. Whatever Hate Provides
04. Cause Of Laughter
05. In The Cold
06.Take What's Mine
07. Face Of Pain
08. Searching
09. Two Seconds To Live
10. Cry On My Shoulder
11. Under The Curse (bonus)
Dans
Symphorce, on retrouve Andy B. Franck
(Brainstorm) et le gratteux Cédric
Dupont (Freedom Call)... hola, amis lecteurs,
non, ne partez pas !
Enfin,
soyez bons joueurs, on sait jamais avant
d'avoir écouté. Bon, répétons
nous que Brainstorm est le meilleur groupe
du monde un bon millier de fois et écoutons
cet album.
Déjà,
pour commencer, c'est plombé à
mort. Des rythmiques couillues déboulent
de partout et des rythmiques couillues
déboulent de partout. Ensuite,
accessoirement, des rythmiques couillues
déboulent de partout.
La
plupart des chansons sont ainsi faites
avec une recherche mélodique minimale
digne du premier compositeur constipé
venu. A ces moments d'infinie détresse,
on se dit que le groupe aurait du s'appeler
Vynphorce tant il force en vain.
Mais,
symphorce est de constater qu'en symphorçant
un peu, ces gars là arrivent à
composer des trucs sympas. Dupont, il
ne crache quasiment pas un solo de tout
l'album et balance tout ce qu'il a sur
Cry On My Shoulder (le dernier titre)
et c'est appréciable. Tears qui
m'a fait penser à du Dream Theater
est bien aussi et puis... c'est à
peu près tout.
C'est
malheureux à dire mais ce Twice
Second est pour l'instant une des meilleures
choses que j'ai écoutées
en 2004.