Le
XXIème siècle est le siècle
des clones. Les groupes se copient, se recopient,
ils font des suites, des redites et des rééditions.
Conclusion, les albums ne sont souvent que poncifs,
stéréotypes, banalité, fadaises,
clichés, platitude, inconsistance, insignifiance,
pauvreté. Heureusement, me direz-vous,
il reste After Crying !
AQUARIA
LUXAETERNA (2005)
1. Aeternalux
2. And Let The Show Begin
3. Here Comes The Life
4. Spirits Of Light
5. Humanity
6. Whispers And Pain Of Mother Nature
7. Choice Time
8. Judgement Day
9. Your Majesty Gaia
10. Luxaeterna
Aquaria,
c'est le "rising star" du power
metal brésilien mixed and mastered
by Sascha Paeth !! En
résumé, c'est un clone d'Angra
(les breaks instrumentaux, je vous jure,
c'est bluffant).
Quand
on voit avec quel talent Angra parvient
à se cloner lui-même, on
peut se demander quel est le but d'une
telle entreprise.
Aucun
sans doute. Il ne doit s'agir que du développement
logique des choses. Ceux qui avaient 15
ans à la fin des années
80 clonent Helloween. Ceux qui avaient
15 ans au milieu des années 90
clonent Angra. Dans quelques années
nous arriveront ceux qui avaient 15 ans
en 2000 et ils cloneront At Vance...
Cet
album n'est pas mauvais. Il est juste
brillamment sans intérêt
et royalement inutile. On a la larme à
l'oeil en entendant des intros comme nous
les aimions il y a dix ans. C'est amusant
de voir que des groupes rendent ainsi
"hommage" à Angra surtout
quand, comme moi, on est un fan d'André
Matos.
Mais,
au final, tout ceci semble bien futile.
Autant ressortir Angels Cry ou Holy Land.
Luxaeterna
étant le tout premier album d'Aquaria,
on va dire que je me trompe et que leur
second sera novateur et sublime.
Mathieu
Note
: 3/10 (en 1993, il aurait eu 5 ou 6
points de plus)
Titres
préférés : Here
Comes The Life, Your Majesty Gaia
ARAGON
DON'T BRING THE RAIN (1988)
1. For Your Eyes
2. Company Of Wolves
3. The Cradle
4. Solstice
5. Cry Out
6. Gabrielle
7. The Crucifixion
8. For Your Eyes (Reprise)
Don't
Bring The Rain est un album historique.
Il n'a pas marqué l'histoire du
néo-prog, non (loin de là)
mais il est de ceux que j'écoutais
du temps de mon éveil aux musiques
progressives et c'était pas hier.
De
cet album, je ne me souvenais que de de
trois chansons, d'une prod déplorable
et d'un chanteur maniéré
casse-burnes.
Maintenant
que je l'ai écouté à
nouveau, tant d'années après,
je peux vous dire que la prod est déplorable
et que le chanteur maniéré
est casse-burnes (il faut l'entendre dire
"where are you mother earth ?"
pour comprendre le pouvoir de cet homme)
Les
trois chansons qui m'avaient marquées
demeurent les trois meilleures : Gabrielle,
The Crucifixion et l'inévitable
The Cradle.
Le
reste flirte avec le kitsch dans l'allégresse
la plus complète car rien en ce
monde, à part peut-être les
femmes, ne vieillit aussi mal que le néo-prog.
Je pense que dans l'univers du renouveau
du prog, une année compte pour
cinq ans.
Vous
avez essayé de réécouter
The Visitor d'Arena ?
Mathieu
Note
: 6/10 (par nostalgie)
Titres
préférés : Gabrielle,
The Crucifixion, THE CRADLE !
DEMONS
& WIZARDS
TOUCHED BY THE CRIMSON KING (2005)
1. Crimson King
2. Beneath These Waves
3. Terror Train
4. Seize The Day
5. The Gunslinger
6. Love'S Tragedy Asunder
7. Wicked Witch
8. Dorian
9. Down Where I Am
10. Immigrant Song
Le
défaut de cet album, c'est Jon
Schaffer.
Certains
font des chansons qui regorgent de bonnes
idées. Lui, lorsqu'il en a une,
il l'use jusqu'à la corde dans
un morceau de six minutes.
Prenons
Down Where I Am, par exemple. La mélodie
est bonne, pendant 2'30 (c'est dans la
veine de A Question Of Heaven de Iced
Earth). Et puis... rien. Le morceau dure
cinq minutes grâce à cette
mélodie. Il pourrait varier en
composant un petit solo de gratte mais
ce n'est pas comme si Schaffer était
guitariste.
Wicked
Witch, c'est mélancolique, j'aime.
Et puis... rien. Seize The Day, pareil
(avec un solo, cela dit). Le final de
Beneath These Waves est très bien
trouvé mais ce n'est pas exploité.
Il est évident qu'il manque quelque
chose à cet album.
Quant
aux morceaux plus couillus, ils sont ignobles.
Seul "Crimson King" sort du
lot grâce à une batterie
hilarante.
Titres
préférés : Seize
The Day, Beneath These Waves
HELLOWEEN
KEEPER OF THE SEVEN KEYS 3 (2005)
CD1
1. The King For 1000 Years
2. The Invisible Man
3. Born On Judgment Day
4. Pleasure Drone
5. Mrs. God
6. Silent Rain
CD2
1. Occasion Avenue
2. Light The Universe
3. Do You Know What You Are Fighting For
4. Come Alive
5. Shade In The Shadow
6. Get It Up
7. My Life For One More Day
Il
semble qu'il existe une nouvelle mode
dans l'univers flamboyant du heavy metal
: sortir la suite d'un de ses vieux succès.
DT
avait son Metropolis part 2 (qui avait
le mérite d'être la suite
d'une chanson). Ensuite, Rhapsody a fait
son SOEL 2 et maintenant, Helloween ose
le Keeper 3. Comme si un titre d'album
connu pouvait faire miroiter autre chose
qu'un éventuel bide.
Mais
parlons musique, voulez-vous. Quand on
fait une suite, l'avantage (outre le nom
de l'album qui titille toujours les nostalgiques
d'une époque pourtant clairement
révolue) est qu'on a le droit de
se recopier. En reprenant le titre, on
dit plus ou moins ouvertement qu'on a
pas trop d'idée et qu'on va se
piller allègrement.
Silent
Rain, hop, on s'inspire du riff de Eagle
Fly Free. Trop fort ! Le reste, me direz-vous,
n'a
pas grand chose à voir avec les
deux premiers Keeper. De toute façon,
Weikath n'a plus rien composé de
bons depuis le siècle dernier et
c'est sans doute pour cette raison qu'il
a sorti un double album.
Mais
voyons plutôt le bon côté
de la chose et aidons
les groupes en perdition artistique. Proposons
à Iron Maiden de sortir un Number
Of The Beast 2, à Gamma Ray de
faire un Land Of The Free 2, à
Symphony X d'enregistrer un Divine Wings
2 et enfin à Stratovarius de faire
un Visions part 2.
Soyons
fou, on pourrait proposer à Axl
Rose de se pencher sur un Use Your Illusion
3. Il pourrait le sortir en 2145, par
exemple.
Oui,
vous avez raison, c'est horrible.
Plus
terrifiant, il n'y aurait que Queensryche
sortant un Operation
Mindcrime 2.
Titres
préférés : I'm
Alive, Halloween, A Tale That Wasn't Right,
Future World
SHADOW
GALLERY
ROOM V (2005)
ACT III
1. Manhunt
2. Comfort Me
3. The Andromeda Strain
4. Vow
5. Birth of a Daughter
6. Death of a Mother
7. Lamentia
ACT IV
8. Seven Years
9. Dark
10. Torn
11. The Archer of Ben Salem
12. Encrypted
13. Room V
14. Rain
Room
V est la suite de Tyranny. Eh oui, Shadow
Gallery sort aussi la suite d'un de ses
vieux succès. Cependant, ils ont
eu le bon goût de ne pas reprendre
le même titre. Ça ne les
empêche pas de reprendre les mêmes
mélodies (Encrypted = Hope For
Us) mais ils sont plus honnêtes
que les autres.
Ici,
toujours la même recette : des choeurs
à la pelle (ça agace un
peu, d'ailleurs), des jolies mélodies
bien léchées, de jolis solos
wah-wah qui ne pompent pas Malmsteen (ça
fait plaisir), du joli piano accompagné
parfois d'une jolie flûte et une
jolie prod clinquante.
Chez
Shadow Gallery, tout est joli (d'ailleurs,
Gary Wehrkamp est très beau). Disons
qu'une bonne moitié de l'album
est jolie, le reste étant pour
le moins redondant. Toutes les chansons
se ressemblent comme deux compos d'ACDC.
Dans
la plupart des titres, SG est à
la limite. Les mélodies frôlent
la mièvrerie absolue, les solos
de gratte frôlent la caricature,
les
choeurs pendant les refrains frôlent
le ridicule.
Avec
ce Room V, Shadow Gallery flirte avec
cette limite qui caractérise le
groupe. Parfois, ça fonctionne
très bien (The Andromeda Strain
avec son break démoniaque), d'autres
fois, ça ne fonctionne pas.
CD1
1. In the Flesh ?
2. Thin Ice
3. Another Brick in the Wall, Pt. 1
4. Goodbye Blue Sky
5. Happiest Days of Our Lives
6. Another Brick in the Wall, Pt. 2
7. Mother
8. Empty Spaces
9. Young Lust
10. One of My Turns
11. Don't Leave Me Now
12. Another Brick in the Wall, Pt. 3
13. Goodbye Cruel World
CD2
1. Hey You
2. Is There Anybody Out There ?
3. Nobody Home
4. Vera
5. Bring the Boys Back Home
6. Comfortably Numb
7. Show Must Go On
8. In the Flesh
9. Run Like Hell
10. Waiting for the Worms
11. Stop
12. Trial
13. Outside the Wall
Billy
Sherwood est un ancien mec de Yes. Yes
est un ancien groupe de prog. Le prog
est un ancien style oublié.
Billy
Sherwood a décidé de rendre
hommage à "The Wall".
Il a convié tous ses potes progueux
et ils ont tapé le boeuf comme
des dingues sur "Goodbye Cruel World".
Billy
Sherwood, à l'instar de Tobias
Sammet dans Avantasia, chante sur la plupart
des titres (douze pour être précis).
Billy
Sherwood est un claviériste, je
le précise aussi.
Sur
les 24 morceaux de cet album, nous retrouvons
beaucoup de redites par rapport à
l'original. On les imagine en studio,
le nez sur la partition, attentifs,
la langue pendante pour ne surtout rien
changer.
Il
y a cependant quelques bonnes surprises
:
Ian Anderson et son flutiau sur "The
Thin Ice" et "Is There Anybody
Out There ?".
Le solo de Lukather (guitariste d'un groupe
kitsch nommé Toto) sur "Hey
You".
Rick Wakeman qui surjoue dans un "Nobody
Home" noyé d'écho.
"Comfortably Numb" avec un solo
de gratte à la Neil Young joué
par... Billy Sherwood.
Le
reste est très proche de la version
1979 voire identique. Il y a bien Alan
White avec sa batterie qui tonne mais
pas de quoi se pâmer.
A
quand un hommage à "The Wall"
par Summoning ?
Mathieu
Note
: -
Titres
préférés : -
STRATOVARIUS (2005)
1. Maniac dance
2. Fight !!!
3. Just carry on
4. Back to madness
5. Gypsy in me
6. Götterdämmerung
7. The Land of ice and snow
8. Leave the tribe
9. United
Visions
était suivi de Destiny qui était
moins bon, suivi d'Infinite qui était
moins bon. Infinite était suivi
des deux Elements qui étaient moins
bons.
Comparer
Elements 1 et 2 à Visions devient
dès lors difficile. En réalité,
ça ne l'est pas tant que ça
puisqu'à bien y réfléchir,
les compos de Tolkki n'ont pas changé
d'un iota en huit ans.
Mais
quelqu'un a dit que "c'est seulement
dans le contexte de l'évolution
historique d'un art que la valeur esthétique
est perceptible". Or, dans le contexte
de l'évolution historique du speed
mélodique, les Elements n'ont aucune
valeur esthétique, pas plus que
cet album éponyme.
Tolkki
nous avait promis un changement. Au final,
on a trois bruits pourris de jeu vidéo
des années 80 au début de
Maniac Dance, un chanteur d'opéra
dans Back To Madness (plutôt sympa,
d'ailleurs) et une resucée des
Beatles sur United. Le tout enveloppé
dans une rythmique convenue avec des mélodies
déjà chantées vingt
fois.
Kotipelto
s'autorise trois mots de finnois (je suppose)
dans The Land Of Ice And Snow. Pourquoi
ne pas avoir fait plusieurs chansons en
finlandais ? Pourquoi ne pas avoir fait
un album entièrement chanté
en finlandais ?
Mais
on ne va quand même pas demander
à Stratovarius de prendre des risques.
Passepartout
Note
dans l'absolu : 4/10
Note selon l'évolution historique
: 0/10
Titre
préféré : Le chanteur
rigolo de Back To Madness
STYX
BIG BANG THEORY (2005)
1. I Am The Walrus
2. I Can See For Miles
3. Can't Find My Way Home
4. It Don't Make Sense (You Can't Make Peace)
5. I Don't Need No Doctor
6. One Way Out
7. Salty Dog
8. Summer In The City
9. Manic Depression
10. Talkin' About The Good Times
11. Locomotive Breath
12. Find The Cost Of Freedom
13. Wishing Well
14. Blue Collar Man
Tous
les groupes qui n'ont plus rien à
dire sortent un album de reprises. Guns
n' Roses l'a fait ainsi que Metallica
et Helloween. Voici donc la preuve de
l'état grabataire de ces trois
groupes (s'il y avait encore besoin de
preuves).
Grabataire,
Styx l'est également mais, au contraire
des autres groupes cités, a débuté
sa carrière en 1970. Un groupe
grabataire après 35 ans d'existence,
ça peut se comprendre.
Disons
qu'au niveau de la créativité,
ce n'est plus trop ça. Le groupe
tourne et il tourne bien. Tommy Shaw est
encore en forme malgré ses 52 ans.
D'ailleurs, les membres de Styx doivent
bien plus s'amuser sur scène qu'en
studio.
Mais
j'oserai dire, au risque de me faire taper
sur les doigts par les fans québécois,
que Styx n'a pas flambé depuis
Paradise Theater. Et cet album est sorti
en 1981.
Ici,
Styx reprend quasiment à l'identique
quelques vieux titres de Procol Harum,
Hendrix, Jethro Tull ou encore les Who.
Ouais...
Je n'ai vraiment apprécié
que Blue Collar Man qui est une reprise
d'un vieux tube de... Styx.
Je continuerai donc à écouter
Pieces Of Eight, The Grand Illusion et
I Am The Walrus chanté par John
Lennon.
1.
Conjuration Of The Watcher
2. Don't Say Goodbye (Tonight)
3. Rain Of Fire
4. Annihilation
5. Hellfire Woman
6. Children Of The Storm
7. The Chosen Ones
8. The Succubus
9. Minuet In G Minor
10. The Redeemer
11. I Am The One
12. Hot And Wild
13. Birth Through Fire
14. Guardians Of The Flame
15. The Final Days
16. A Cry In The Night
Cet
album de Virgin Steele comprend huit nouvelles
compos (ou tout du moins, huit compos
jamais enregistrées) et huit autres
issues des premiers albums du groupe et
réenregistrées pour la circonstance
: Don't Say Goodbye, Children Of The Storm,
Minuet In G Minor, The Redeemer, I Am
The One, Birth Through Fire, Guardians
Of The Flame et A Cry In The Night.
Force est de constater que les anciens
morceaux restent les plus convaincants.
Les solos y sont plus inspirés
et les mélodies plus pertinentes
que ce soit sur les morceaux rapides (Children
Of The Storm) ou sur les lents (Cry In
The Night).
Même
Defeis avec ses "aaaaahhh" et
ses "oouuuuuh" semble plus à
l'aise sur The Redeemer que sur The Succubus
ou Rain Of Fire.
Titre
préféré : Hellfire
Woman, Children Of The Storm, The Redeemer,
A Cry In The Night
X-JAPAN BLUE
BLOOD (1989)
1 - Prologue
2 - Blue Blood
3 - Week End
4 - Easy Fight Rambling
5 - X
6 - Endless Rain
7 - Kurenai
8 - X-Clamation
9 - Orgasm
10 - Celebration
11 - Rose Of Pain
12 - Unfinished
Vous
avez déjà écouté
un groupe de métal avec des mecs
qui ont des cheveux verts dressés
sur la tête, un batteur fou et un
chanteur avec une voix cassée,
parfois à la limite du décrochage,
qui mélange de l'anglais avec des
"takasugiru gu gugu" ???
Vous
avez déjà écouté
un groupe dans lequel un membre s'est
pendu à une poignée de porte
mais en réalité c'est pas
vrai ???
Si
c'est le cas, je peux vous assurer que
vous avez écouté X-Japan,
les inventeurs du break au piano discordant
de quinze minutes.
On
retrouve dans ce Blue Blood du speed couillu
avec de bien belles mélodies, une
prod plus que douteuse (la batterie a
été enregistrée dans
un conteneur ?) et
un Endless Rain mignon tout plein.