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VELVET REVOLVER
CONTRABAND

Genre : Rock couillu
Année : 2004

Suckertrain Blues
Do It For The Kids
Slither
Big Machine
Illegal I Song
Spectacle
Falling To Pieces
Headpsace
Superhuman
Set Me Free
You Got No Rights
Slither
Dirty Little Thing
Loving The Alien

Bonus Track

Bodies

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Que peut-on réellement attendre de Velvet Revolver ? Je pense qu'on peut se poser la question. Les musiciens du Guns n' Roses de 1991 végètent tous plus ou moins depuis 1991. Slash a fait du Snakepit tout juste potable et un bon millier d'apparitions diverses toutes plus ou moins anecdotiques. Duff s'en est allé jouer son punk basique et composer quelques albums post Believe In Me qui, lorsqu'ils ne sont pas introuvables, n'ont jamais trouvé de maison de disque. Matt Sorum, après une participation au projet Neurotic Outsiders (avec Duff), a quasiment disparu. Gilby Clarke, lui, a composé encore et encore des albums d'une bien piètre qualité dans le seul but de partir en tournée et de taper le bœuf avec ses potes. Quant à Izzy Stradlin, il a continué, imperturbable, à sortir ses albums de rock bien gras qui ne sont pas restés dans les annales. Ils ont tous le mérite, cependant, d'avoir existé alors qu'Axl Rose, trop occupé à se faire relifter la gueule, s'enfonçait dans les limbes de sa folie.

Depuis quelques temps, on nous annonce l'arrivée d'un nouveau groupe réunissant Slash, Duff et Matt Sorum. La rumeur avait même fait d'Izzy Stradlin le quatrième membre du groupe. Finalement, Scott Weiland (Stone Temple Pilot) et Dave Kushner ont pris le chant et la guitare rythmique. D'un énigmatique The Project, nous en sommes finalement arrivés à Velvet Revolver, nom finalement pas si étrange qui reprend l'arme à feu et qui change la douceur de la rose en celle du velours. Evidemment, avant même la sortie de l'album, le groupe a défraillé la chronique par l'intermédiaire de son chanteur drogué. Ce gars là a non seulement un look à la con mais en plus il a un chant trop maniéré et il se drogue. Il aurait été impossible pour des ex-GNR de s'associer à un chanteur normal.

Mais parlons de choses intéressantes. Tout d'abord, musicalement, quoi de beau ? Franchement, pas grand-chose. VR, c'est du rock avec le zeste d'un chouïa de punk à peine perceptible et, collé dessus, un chant pop-rock. Donc, en résumé, VR, c'est musicalement moyen et le chant est assez décevant.

Moi, Contraband, je l'ai écouté pour Slash. J'aurais également aimé que Duff chante sur un titre (un truc punk un peu nul, comme il le fait d'habitude). Duff ne chante pas, peu importe, je m'en passerai. Mais Slash, dans tout ça ? Eh bien, Slash, c'est 4'35 de solos sur l'album, soit 8% de la durée totale (oui, j'ai calculé). De là à dire qu'il n'y a que 8% de l'album qui est intéressant, il n'y a qu'un pas. Je ne le franchirai cependant pas car je suis quelqu'un de foncièrement gentil. Je me contenterai de me débarasser immédiatement de ce point. Slash, ses arpèges de folie et sa pédale wah-wah durant les solos, sont réduits à la portion congrue. J'aurais aimé qu'il se lâche (qu'il Slash, Ah !) mais j'ai bien peur qu'il faille désormais ne plus demander à ce bon vieux Saul de déboîter avec un solo de plus d'une minute.

Tenez, en chronométrant la durée des solos, je me suis rendu compte d'un détail amusant. Tous les morceaux durent entre 3'41 et 4'27 et les solos débutent tous entre 2'00 et 2'53. Seules exceptions, deux ballades (You Got No Right et Loving The Alien) qui durent 5'35 et 5'48. Comme elles durent 1 minute de plus, les solos arrivent… 1 minutes plus tard. Bien joué.

Puisque les solos sont tout petits, cachés, pas longs mais souvent bons, j'en profite pour dire que l'album est trop chanté. Le fait qu'il soit trop chanté est un triple défaut.
1. Scott Weiland, je ne l'aime pas. Il est trop gentil. Evidemment, il se drogue, dit " Motherfucker " et " piece of shit " mais il reste pas assez agressif.
2. Les refrains sont TOUS plutôt mauvais. On dirait de cette infame pop anglaise qui aurait été collée sur un accompagnement de riffs acérés. POUAH !
3. Les lignes de chant sont souvent moisies, ce qui donne lieu à d'horribles choses (Big Machine par exemple).

Sinon, c'est vraiment pas méchant. Contraband, c'est de la chansonnette qui pourrait finir dans un bac "variété internationale" (malédiction !) avec quelques riffs rockeux greffés là dessus. Bon, je ne vais pas m'étendre trois plombes sur cet album tout ce qu'il y a de plus anecdotique. Ce n'est pas déplorable, pas du tout. Mais finalement, tout le monde l'écoute uniquement parce qu'il y a des musiciens connus. Les chansons sont dans la norme, toutes plus ou moins les mêmes (You Got No Right, on dirait Joanna's Chopper de Gilby Clarke. Si, je vous jure) et j'en retiendrai particulièrement trois ou quatre, comme toujours : Sucker Train Blues, Spectacle, Fall To Pieces et Slither. Le reste est en grande partie trop basique et banal pour aller plus loin que la troisième écoute. Par contre, si vous faites une soirée mousse, avec vos potes rebelles de 17 ans, ça peut marcher, en fond sonore.

Alors, s'agit-il d'un de ces groupes probablement sans lendemain qui fera un ou deux albums avant de se dissoudre à l'instar de tous les autres groupes de Slash et compagnie depuis 13 ans ? Peut être. En tous cas, moi, j'attends toujours le deuxième album d'Audioslave. Dieu que c'est dur d'avoir brillé au début des années 90.




 
 Chant : Scott Weiland

Guitares : Slash
Guitares : Dave Kushner
Batterie :
Matt Sorum

Basse : Duff