Historique :
Styx est un groupe trentenaire qui a connu dans
sa longue histoire trois périodes bien
distinctes. Il y a l'époque des débuts
avec des jeunes de 20 piges, prénommés
Dennis, James ou encore Chuck, qui dispensaient
une musique rock déséquilibrée
qui mélangeait pop et rock sans vergogne.
C'est Styx 2, SIR, Man Of Miracles et Equinox.
La gentille ballade Lady fait connaître
le groupe et la qualité des albums va en
grandissant avec comme aboutissement le très
beau Suite Madame Blue, qui, symboliquement, cloture
le dernier album de cette première période.
Puis vient l'année 1976 et l'arrivée
d'un jeune gratteux de 23 ans qui se nomme Tommy
Shaw. La musique de Styx atteint alors son paroxysme.
L'inspiration et l'efficacité s'installent,
les morceaux culte du groupe parsèment
les albums. Les cinq lascars trouvent enfin leur
style qui bénéficie de la hargne
de JY sur les morceaux les plus hard (Half Penny,
Two Penny), des mélodies entraînantes
de Shaw (Boat On The River) et des ballades langoureuses
du père De Young (Come Sail Away). Le tout
saupoudré de quelques envolées de
guitare bien pensées et d'un jouissif zeste
de prog. Cette période faste se traduit
par la sortie des meilleurs albums du groupe,
soit Crystal Ball, Grand Illusion, Cornerstone
et Paradise Theater. Tout se termine en 1983 avec
l'album Kilroy Was Here qui voit le départ
de Tommy Shaw.
Ensuite, plus rien. Un live, un best of, pas de
nouvel opus et ceci jusqu'en 1990. A l'instar
de bon nombre de groupes issus des années
70, Styx tente de se relever dans les années
90 en sortant Edge Of The Century. Cet album n'est
malheureusement pas à la hauteur et malgré
1 ou 2 morceaux, il disparait dans les limbes
de mon propre oubli personnel à moi. Cet
album ne sert donc pas de rampe de lancement à
une deuxième carrière du groupe.
Il est tout juste une piste glissante sur laquelle
le nouveau Styx (sans Shaw qui se consacre à
une carrière solo) ne parvient pas à
prendre appui. Puis vient l'année 1996
et la sortie de deux compilations. Dennis De Young
attrape donc son téléphone, appelle
Tommy et lui dit "Viens avec nous, on va
se réenregistrer Lady pour l'inclure sur
la compil". Ni une, ni deux, après
13 ans de séparation, voilà le retour
d'un gratteux - plus très jeune - de 43
ans qui se nomme Tommy Shaw. L'année suivante
voit la sortie de Return To Paradise, un double
album live.
Puis arrive l'année 1999 et, enfin, un
nouvel album de Styx, le troisième en 16
ans ! Il s'agit de Brave New World, album sympathique
qui mélange du Tommy Shaw version carrière
solo avec quelques relents de vieux Styx. Et le
groupe tourne, à n'en plus finir car ce
qui botte ces gars là, avant tout, c'est
de jouer sur scène. Deux albums lives voient
le jour, comprenant pour mon plus grand bonheur
quelques vieilles compos jamais enregistrées
en live (Sing For The Day par exemple). Et nous
arrivons finalement en 2003 avec la sortie de
ce Cyclorama, le quatorzième album de Styx.
Ici, Styx nous sert du rock FM plaisant,
naviguant entre les Beatles et Queen (Gowan est
très fort à ce jeu là) avec
une touche de Styx ancienne époque (Theses
Are The Times). La prod est impeccable, les compos
agréables et l'ensemble est guilleret.
Tout est sirupeux, parfaitement enveloppé
dans une gangue de métier et de savoir
faire. Certes, ce n'est pas le hard prog flamboyant
de la fin des années 70, certes certaines
compos sont un peu en deça mais Cyclorama
n'en reste pas moins très attachant.
A noter la pochette signée
Storm Thorgerson. Vous le connaissez sans doute
par l'intermédiaire de ses nombreux artworks.
Allez donc faire un tour sur son site
pour vous rafraichir la mémoire.
