Ma chronique de Power Of The Dragonflame se terminait
ainsi :
"Allez, je verrais bien
une pause de deux ans pour Rhapsody (comme Stratovarius
que j’attends d’ailleurs avec une certaine impatience)
qui pourra ainsi stocker plein d’idées
originales pour nous sortir en 2004 un album 100%
jamais entendu et enfin combler quelques fans
qui attendent le messie, un Symphony Of Enchanted
Lands numéro 2. Et puis la fin de la saga
de l'épée d'émeraude ouvre
la voie à tout un tas de nouveautés
que l'on espère accompagnées de
nouvelles histoires, de nouvelles ambiances, en
bref, d'un renouveau du hollywood métal."
La pause de 2 ans, c'est bon.
Symphony Of Enchanted Lands numéro 2, c'est
bon.
Un album 100% jamais entendu... euh...
Rhapsody avait donc terminé
sa saga de l'épée d'émeraude,
c'était il y a deux ans avec Power Of The
Dragonflame. Le retour du come back du groupe,
c'est aujourd'hui, maintenant, en 2004, devant
vos yeux ébahis. Vous pensiez que Rhapsody
était un nouveau groupe, tout beau, tout
neuf, avec plein de nouvelles choses à
dire et une façon toute nouvelle de le
dire ? Vous êtes idiots ou quoi ?
Parce que, ne nous leurrons pas,
TOUT LE MONDE savait pertinemment que, musicalement,
le prochain album serait identique aux autres.
Personne ne songeait à la disparition de
l'orchestre et des choeurs, personne ne pensait
que Turilli ferait des solos de 18 minutes avec
comme rythmique le son bien gras d'une basse ronflante.
Les bookmakers penchaient à 2 contre 1
pour une batterie pilonnante, à 2 contre
1 pour Fabio Lione qui dirait " he is the
chosen one ", à 2 contre 1 pour des
solos couplés guitare/claviers, à
2 contre 1 pour un narrateur qui raconterait les
aléas de l'existence et finalement à
54675456543234545 contre 1 pour un album de néo
prog avec un chanteur au nez bouché.
Et pourtant, pour ma part, je ne
peux m'empêcher de regretter tout ce qui
n'est pas musical. Que Turilli continue son hollywood
metal, je l'accepte. Après tout, même
Chopin a toujours fait du Chopin. Mais changer
tout le reste m'aurait plu. J'aurais aimé
que s'en retournent chez Hammerfall les guerriers
super tanqués, que les rivières
et le vent qui souffle passent leur tour, que
les voix off de gars en pleurs partent n'importe
où ailleurs, que les récits épiques
pour ados aillent voir ailleurs si j'y suis. En
résumé, que disparaisse dans les
abysses de l'oubli ce putain de trip heroic fantasy.
Commencer une autre saga, c'était l'occasion
de virer tout ce qui pouvait l'être pour
faire croire aux auditeurs (à défaut
de le faire vraiment) que Rhapsody pouvait changer,
surtout sachant que le reste ne changerait pas.
Alors, vous allez m'accuser de naïveté
absolue mais j'y croyais, au revirement de situation.
Je pensais sincèrement que Turilli allait
composer une ode au prolétariat et qu'il
conterait l'histoire du chômeur des glaces
qui chercherait, sur quatre albums, un métier
d'émeraude. Je me disais que l'album ne
serait peut être pas du tout conceptuel.
Qu'il s'agirait, par exemple, d'un hommage rendu
à l'Italie avec des chansons sur Venise
et son carnaval avec l'apparition en guest star
du sémillant Eros Ramazotti. Ou même,
pourquoi pas, un concept sur le cinéma
d'horreur italien avec des références
à Mario Bava.
Ma première désillusion
a été l'apparition de Christopher
Lee. Je n'ai rien contre lui, personnellement,
il est même sympathique. Seulement, s'adjoindre
ses services, c'était me faire comprendre
sans trop me brusquer que le prochain Rhapsody
serait ENCORE une fois un truc fantasy. Ensuite,
il y a eu le choix du titre : Symphony Of Enchanted
Lands part 2. Là, c'était tout de
même assez fort. Non seulement la musique
ne changerait pas, le concept resterait comparable
mais pour couronner le tout, le titre serait le
même. C'était trop alors je suis
parti en cure thermale à Spa en Belgique.
D'ailleurs, en parlant des titres,
beaucoup s'en sont moqués. Non pas de ceux
des albums mais des chansons. Ils ont dit "
ah ouais, t'as vu, Turilli vient de découvrir
le cas possessif ". Moi, je ne me moque
pas parce que les titres, je ne les ai jamais
retenus. Hormis les simples et les classiques,
style Emerald Sword, les autres n'existent pas.
Ce sont des chansons sans titre ou bien "
la 4 de Dawn Of Victory " ou "
la 8 de Legentary Tales " ou encore
" ah ouais, celle là ".
D'ailleurs, je me souviens d'une rencontre avec
le groupe en avril 1999. Leur dernier album passait
en fond et soudain, sans crier gare, Daniele Carbonera
(le batteur de l'époque) m'a dit : "
c'est quoi le titre de cette chanson ?
". Je n'ai pu répondre que la triste
vérité " oh vous savez,
moi, les titres
" et ensuite passer
mon chemin la tête basse. Pour moi, c'était
la 9 de Symphony Of Enchanted Lands, rien de plus.
Donc, Thunder's Mighty Roar ou Sacred Power Of
Raging Winds, je m'en tamponne le scribouillard.
Bon, là, pour le neuvième
paragraphe de ma chronique, je vais tout de même
parler un peu de l'album. Après avoir chroniqué
l'ensemble de la disco de Turilli, je vous avouerai
que mon vocabulaire n'est pas assez riche pour
renouveler mes formules et je m'en voudrais de
me répéter, moi aussi. Je vais donc
me contenter d'un bref résumé qui
se veut totalement exhaustif. En résumé,
SOEL 2, c'est :
Naroth, Dargor, des démons
et la cosmic energy lors de parlottes par Christopher
Lee. Ensuite, une énième variation
sur le thème de Holy Thunderforce avec
des batteries pillonantes. Puis une énième
variation sur le thème de Wisdom Of The
Kings avec des churs dans les refrains.
Puis une énième variation sur le
thème de Where Dragons Fly avec des tambourins
et de la flûte en veux-tu, en voilà.
Quelques intermèdes au flûtiau, des
ballades et des morceaux épiques avec du
Vivaldi et les " ouin ouin " de la guitare
de Turilli.
Voilà, j'aurais pu me contenter
de ça dans une chronique express ou bien
vous renvoyer simplement aux chroniques des autres
albums. Donc, avec ce SOEL 2, on a vite l'impression
d'avoir à faire à des reprises déguisées
plus ou moins heureuses de leurs anciens morceaux.
D'ailleurs, au lieu d'intituler l'album "Symphony
Of Enchanted Lands 2", je l'aurais appelé
"The more or less joyfull covers of our
old songs". Mais à bien y réfléchir,
SOEL 2, ce n'est finalement pas si mal trouvé.
Il n'y a pas de mensonge sur la marchandise, au
moins.
Alors, dans l'absolu, cet album
n'est pas mauvais. S'il était sorti en
1998, il aurait même été très
bon. Mais il sort 7 ans après Legendary
Tales et 5 autres albums qui lui sont plus ou
moins identiques. Les intros symphoniques, les
intros parlées, les intros au tambourin
et au flutiau, a priori, il n'y a pas de quoi
en faire 12 chansons. Là, c'est le sixième
album de Rhapsody (inclus ROATF).
Fatalement, il n'y a plus vraiment
de découverte, de surprise (à part,
éventuellement 1 ou 2 solos de Staropoli)
ou de nouvelles sensations. SOEL 2, c'est la même
chose avec, en comparaison des albums précédents
qui étaient la même chose que les
albums précédents, une reprise plus
fréquente des thèmes des albums
précédents. Le plus dur est peut
être de se dire que cette nouvelle saga
va sans doute encore se développer sur
3 ou 4 albums. Rhapsody, c'est devenu la routine.
Le renouveau, n'est donc pas pour
demain. Dans une dizaine d'années, peut
être
