Voilà bientôt trois
ans qu'est sorti le dernier album de Stratovarius,
Infinite, dont la qualité reste encore
aujourd'hui douteuse pour quelques personnes (dont
moi). Eh bien, messieurs (et vous aussi, mesdemoiselles
et mesdames qui représentaient tout de
même 16% de mes visites), cet Element Part
1 risque à nouveau d'en faire douter plus
d'un. Ah ! Ah ! j'en ris à l'avance.
Mais pourquoi donc ris-je (Bjarne
Bjarne
ris-je
Non ? Bon, c'est pas grave) de la
sorte sous vos yeux ébahis ? Je ris pour
la bonne et simple raison que je suis un boute-en-train
et que cet album, à l'instar d'une actrice
porno, a le cul entre deux chaises.
Il s'agit d'un mélange parfois grossier
de ce que Stratovarius a fait de pire (A Drop
In The Ocean aussi insipide que le médiocre
Celestial Dream), de morceaux que Tolkki compose
en 2 minutes 30 en se grattant l'oreille (Eagleheart
copie carbone de Hunting High And Low) et de Hymn
To Life, l'album solo de Timo Tolkki.
Et là, ça vous fout la trouille,
non ?
Mais récapitulons plutôt au lieu
de dire des âneries. Du côté
de ce que je jetterai volontiers se trouve le
téléphoné Eagleheart,
Learning To Fly avec sa pincée de
Speed Of Light, l'instrumental Stratofortress
et A Drop In The Ocean. Ces morceaux ne
recèlent pas la moindre once de pertinence.
Ils ne sont pas nul à chier mais quand
même, un peu d'exigence ne peut pas nous
faire de mal.
Je garde une option sur Find Your Own Voice,
une chanson speed plutôt sympa.
Maintenant, passons aux choses sérieuses,
soit les 4 chansons restantes qui ne constituent
pas moins de 60% de l'album (en durée,
évidemment).
Commençons par Soul Of A Vagabond
dont le seul défaut est de durer 7'20.
Ce morceau qui contient un chouïa de Venus
In The Morning et un nuage de Abyss Of Your Eyes
est trop long et pas assez varié. Il est
de qualité, notamment grâce au solo,
mais je n'en démords pas, un Soul Of
A Vagabond de 5 minutes aurait été
excellent.
Ensuite, Fantasia, sans doute le meilleur
morceau de l'album. L'alternance de passages lents
et rapides est correcte. Les différences
ne sont peut être pas assez appuyées
mais je ne vais pas chipoter. On nage en plein
tolkkisme (à ne pas confondre avec le trotskisme
même si ce n'est pas très éloigné
géographiquement) avec cette niaiserie
propre à certaines chansons de Hymn To
Life et j'ose m'en satisfaire. Que celui qui n'a
jamais apprécié une guimauve dans
sa vie me jète la première pierre
car ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
je suis derrière.
Pour Papillon, je reste un peu sceptique.
Comme le disait Jorg Michael dans Rock Hard à
propos de Eagleheart, ça pourrait
être de la variété. Pour Papillon,
c'est pareil, bientôt reprise dans la Star
Academy par Georges Alain le gros débile
en duo avec Jean-Pascal l'abruti congénital.
Ce morceau n'est pas foncièrement mauvais
mais je reste un peu sur ma faim.
Finalement, Elements, le gros morceau.
Pas forcément novateur mais relativement
efficace avec un bon orchestre symphonique et
malheureusement, le passage à la gratte
qui sonne beaucoup trop comme Mother Gaia.
La conclusion est donc simple. Cet
album est trop hésitant. Il alterne de
façon monotone un morceau court et rapide
super convenu avec un morceau long et lent avec
des chiées de violons. Pour ma part, le
fait que la quintuple pédale soit souvent
en retrait et par conséquent bien moins
systématique, me comble de bonheur. D'un
autre côté, les morceaux longs, qui
plairont assurément aux aficionados d'orchestres
symphoniques, manquent un peu de mélodies
léchées. Mais je refuse de cracher
sur cet album pour deux raisons :
1. Une majorité des personnes qui l'ont
entendu le traîne dans la boue en longueur
de journée et lui donne des coups de pied
comme s'il s'agissait d'un chien galeux. Et je
suis l'éternel défenseur des causes
perdues.
2. Stratovarius n'a pas pondu un de ces trucs
prévisibles avec des morceaux composés
sur un coin de table en pillant les idées
des albums précédents. Là,
Tolkki and friends ont composé un truc
étrange, déroutant, parfois chiant
mais qui a l'immense mérite (pour une moitié
d'album tout du moins) de ne pas être attendu.
Donc, Elements Part 1 n'est pas
exempt de tout défaut, loin de là.
Mais il prouve, au moins, que Stratovarius a essayé
de faire autre chose et je ne peux que les féliciter
pour ça. Et quand j'entends Timo Tolkki
dire, à peu de choses près : "
Je compose ce que je veux. Si ça ne vous
plait pas, je vous emmerde. Après tout,
ce n'est qu'un disque ", je ne peux qu'adhérer
à sa cause.
Je refuse de penser qu'il est si difficile pour
un être humain d'avoir du recul par rapport
à ce qu'il fait. Je ne peux pas croire
que tout le monde sur cette planète est
fanatique au point de construire des dragons en
papier mâché dans son salon pour
s'imaginer dans la forêt magique du saigneur
des anus.
Et puis Timo Tolkki a bientôt 40 piges,
il serait temps qu'il arrête de faire du
speed de série, non ?

PS : Elements Part 2, composé
en même temps que celui-ci nous arrivera
en octobre. Et comme pour beaucoup de double album,
sélectionner le meilleur des deux pour
en faire un seul aurait probablement été
une riche idée. Enfin, nous verrons bien.