Mägo de Oz fait un carton
en Espagne. Le groupe fait aussi probablement
un carton en Amérique du sud mais je
vous avouerai que je n'y suis jamais allé.
En Espagne non plus d'ailleurs. Enfin, si, j'y
suis allé mais c'était il y a
longtemps.
De quoi je parlais ?
Ah oui. Mägo de Oz fait un
carton en Espagne. Ils sont du genre à
être album de platine en dix minutes.
En France, par contre, je crois que nous sommes
douze à apprécier le groupe.
Enfin
Ce Gaia II est le cinquième
album du groupe et à sa sortie, je me
suis posé une seule question : qu'est-ce
que Mägo de Oz a apporté de nouveau
à sa musique ?
Mägo de Oz n'allait pas réinventer
le heavy metal. Mais selon le principe du "
je fais toujours pareil mais sans jamais me
répéter ", je me suis dit
qu'il y avait des raisons d'y croire.
Pour commencer, l'album est un
double. Vous savez, si vous me lisez depuis
quatre ans (ce dont je ne doute pas un seul
instant), que je n'aime pas trop les albums
doubles. L'avantage du double album est qu'on
a souvent une dizaine de bons titres. L'inconvénient,
c'est qu'on a souvent une dizaine de mauvais
titres. Faire un double album, c'est simplement
multiplier par deux la (mal)chance d'avoir une
chanson qui n'aurait pas eu sa place sur un
album simple.
Mägo de Oz propose donc presque
deux heures de musique (un peu plus que Finisterra)
avec trois titres de plus de neuf minutes :
La Voz Dormida (9'58), Aquelarre (9'03) et La
Cantata del Diablo (21'11).
Prévu pour mi novembre,
la promotion de Gaia II a commencé quinze
jours avant avec le clip vidéo de La
Posada de los Muertos, alors disponible sur
le site officiel du groupe. Il s'agissait d'un
morceau festif à souhait avec accordéon
et violon. Le clip aide d'ailleurs beaucoup
la musique. On y voit les musiciens dans une
auberge (la posada de los muertos, donc) accompagnés
de drôles de créatures qui ressemblent
à celles du Muppet Show. Ils boivent,
font des bras de fer et il y a un solo de mandoline.
On chantonne, on se lève et on danse.
Bref, c'est Mägo de Oz.
Forcément, c'est en pleine
confiance que j'ai écouté l'album.
Le cd1, je ne vous le cache pas plus longtemps,
m'a quelque peu laissé sur ma faim. Heureusement,
lorsque j'ai écouté Gaia II pour
la première fois, j'ai commencé
par le cd2.
Un jour, j'ai regardé un
film sur un dvd double face et j'ai commencé
par la face B sans me rendre compte que le film
ne commençait pas au début.
Mais peu importe. Revenons aux
chansons du premier cd.
--"Volaverunt Opus 666"
est une intro avec fanfare et un bon passage
avec une voix féminine arabisante.
--La mélodie de "Hazme un Sitio
Entre Tu Piel", on dirait "Elle
a les yeux revolvers" de Marc Lavoine
.
--"El Poema de la Lluvia Triste"
est le titre que j'aime le moins. Trop convenu
même si le clavier kitsch est un élément
nouveau.
-- Il en est de même pour "El
Paseo de los Tristes" malgré
le solo d'orgue.
-- "Desde Mi Cielo" est une
ballade à la Laura Pausini pour les adorateurs
de guimauve (attention, une guimauve avec deux
(!) solos de gratte).
-- "En Nombre de Dios" est
une reprise de Gates Of Babylon de Rainbow avec
un chouette solo de flûte.
-- Il reste "La Voz Dormida"
qui débute, de façon amusante
(étant donné le titre), par un
cri de José Andrea. Ensuite, c'est du
speed avec violonnades, flûte et citation
classique. Ce n'est pas nouveau mais très
plaisant, très Mägo de Oz. Un morceau
de 6'00 aurait sans doute été
préférable. 9'58, ça commence
à faire beaucoup.
-- "El Callejón del Infierno"
est un instrumental qui est lui aussi un peu
longuet (5'57).
-- Pour finir, "La posada de los muertos".
J'en ai déjà parlé.
Vous voyez, pas de quoi pavoiser.
Heureusement, il y a le deuxième
cd.
-- "Incubos
Y Sucubos", l'intro, est anecdotique.
-- "Diabolicus In Música"
est un morceau commun avec un bon solo. Ça
pourrait être Edguy.
-- En réalité, l'album
commence réellement avec "Mañana
Empieza Hoy". "Nunca es fácil
ser uno mismo", avec le violon, je
vous dis que ça.
-- "El Príncipe de la Dulce Pena"
est un morceau parlé (1'35) avec de belles
espagnolades à la sèche. José
Andrea fait de la poésie en disant qu'il
est le prince de la douce peine. Des trucs comme
ça, je ne parle pas la langue.
-- Ensuite, "Aquelarre", le
meilleur titre de l'album. Dans la rue, sans
raison, il m'arrive de chanter "Déjate
enamorar, ven y únete" en m'égosillant.
Ouais, heureusement que personne ne m'entend
dire de telles choses. Il y a trois ou quatre
très bonnes idées dans cette chanson.
Avec ça, Jon Schaffer ferait un album
complet.
-- "Hoy Toca Ser Feliz" avec
l'accordéon est un morceau très
folk.
-- "Creo" est une ballade qui
fait penser à " Donde El Corzaon
te lleve " d'Andrea sur son album solo
du même nom.
-- Pour finir, "La Cantata del Diablo"
est un morceau interminable (21'11, je le rappelle).
Il y a des chiées de breaks, des choristes,
un "orchestre symphonique" (un synthé,
en réalité), une citation de
Mägo de Oz (La rosa de los vientos pour
être exact) et des invités prestigieux
que je ne connais pas du tout : Leo Jimenez,
Victor García et Aurora Beltrán
(la sur de Manuel Beltrán ?). Il
s'agit d'un morceau avec un peu de Rhapsody
et un peu d'Angra. Et puis à la fin,
il y a un message de paix et d'amour prononcé
avec cette voix virile espagnole. Vous savez,
avec la gorge, comme les mecs à la radio.
En conclusion, les apports
sont minimes. Davantage de chant féminin.
Un aspect symphonique davantage marqué.
Davantage de synthés sur quelques titres.
Et puis c'est à peu près tout.
Le reste reprend la recette déjà
éprouvées dans les albums précédents.
Comme toujours, le problème
est de savoir si on est exigeant ou pas. Moi,
je lui mets un 6/10 qui lorgne plus vers le
7 que vers le 5.
