Timo Tolkki est un gros coquin. Effectivement,
il a quelques kilos à perdre mais ce n'était
pas là que je voulais en venir. Il est
coquin parce qu'il a osé sortir un album
solo aux antipodes de la musique qui l'a rendu
relativement célèbre. Danc ce Hymn
To Life, point de métal, point de speed,
point de musique pêchue, point à
la ligne.
Beaucoup ont donc crié au scandale et se
sont exclamés "aux chiottes, c'est
pas du métal !!" Pourtant, personnellement,
quand ce n'est pas du métal, je ne me précipite
pas aux toilettes. D'autant qu'en général,
tout le monde s'offusque que les artistes en solo
nous pondent les mêmes albums qu'au sein
de leur groupe respectif.
Ici, ce n'est pas le cas et nous
n'y pourrons rien changer. Les frustrés
métalleux pourront toujours se reporter
sur l'album solo de Timo Kotipelto qui est totalement
dans la mouvance Stratovarius.
Timo Tolkki a donc sorti son album, tout seul,
dans son coin et n'a pas oublié de mépriser
le public comme tout bon artiste qui se respecte.
Moi, j'aime ça !
Timo est sombre, dépressif et dit lui même
de son album "Je comprends qu'on ne puisse
pas l'écouter". Et si les fous ont
forcément un talent créatif hors
norme, les dépressifs s'en sortent en général
pas trop mal.
Mais parlons plutôt d'Hymn To Life. Les
morceaux de cet album se séparent en deux
catégories. La pure guimauve dégoulinante
et le reste. Pour ma part, je n'ai été
réceptif qu'aux ballades de l'ami Tolkki.
Il y a donc de la guimauve mièvre
à souhait et superbement mélodique
qui prendrait une toute autre ampleur au milieu
d'un album résolument métal. Little
Boy I Miss You, Are You The One ?, It's X-Mas
Morning, que du bon. Avec des solos téléphonés
mais jouissifs, excellent ! Et pour finir, Hymn
To Life, morceau titre interminable qui se conclut
par le discours de
Charlot dans le Dictateur.
J'ai l'habitude ne pas aimer ce que tout le monde
aime (on m'a greffé une puce "snobisme").
J'ai donc été immédiatement
attiré par cet album que quasiment tout
le monde a traîné dans la boue. J'avoue
avoir trouvé quelques morceaux médiocres
mais dans l'ensemble, il s'agit plutôt d'une
bonne surprise. Au même titre que le Virgo
de Matos, cet Hymn To Life n'est pas du métal
traditionnel, juste un essai égoïste
qui montre que Tolkki sait faire autre chose que
du speed de série à la Infinite.
A présent, il reste à savoir si
Timo saura mettre à profit tout ceci avec
Stratovarius comme a si bien su le faire Matos
avec Shaman.
