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EDGUY
MANDRAKE

Genre : Speed Jovial
Année : 2001

Tears Of A Mandrake -----------------------
Golden Dawn -----------------------------------
Jerusalem ----------------------------------------
All The Clowns ---------------------------------
Nailed To The Wheel -------------------------
The Pharaoh ------------------------------------
Wash Away The Poison ----------------------
Fallen Angels -----------------------------------
Painting On The Wall -------------------------
Save Us Now ------------------------------------

Bonus Track

The Devil & The Servant --------------------

Single Bonus

La Marche Des Gendarmes ----------------
Wings Of A Dream ---------------------------
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Après un intermède solo nommé Avantasia (pour ceux qui ont passé les 2 dernières années sur une île déserte), Edguy est de retour pour notre plus grand plaisir. Evidemment, tous les ingrédients sont là : Solos mélodiques, refrains imparables, speed rageur, superbe voix, etc... De ce côté là, je n'aurais rien à reprocher à Tobias et consorts qui ont su se renouveller sans perdre leur identité. D'autant plus que ce Mandrake contient quelques inovations notables tant au niveau des compositions (Nailed To The Wheel ne sonne pas Edguy) que de l'instrumentation (Effets guitaristiques sur deux ou trois solos, passage atmosphérique à la sèche dans Pharaoh où claviers style Jens Johansson dans Save Us Now ou The Devil & The Servant) ou tout simplement la voix du plus teuton des lutins qui navigue de Kiske en Dickinson selon qu'il monte dans les aigus ou qu'il force sa voix.
Cependant, ce Mandrake n'est pas parfait ou tout du moins, il est moins parfait qu'on aurait pu le croire à la lecture de certains articles. Car si l'efficacité est effectivement au rendez vous (certains morceaux dont Tears Of A Mandrake s'annoncent très bons en live), Tobias pèche encore un peu par jeunesse, par "Edguy" ou par ce que vous voudrez mais sûrement pas par orgueil.
Mandrake est bien plus mature que pouvez l'être Theater Of Salvation mais on a parfois l'impression que Sammet a le cul entre deux chaises, qu'il se cherche, qu'il est entre deux âges, qu'il hésite entre vendre et être marginal, entre se lacher et rester sérieux, faire des morceaux qui arrachent ou d'autres aux mélodies léchées. Cette ambiguité se traduit par quelques tentatives "étranges" comme Painting On The Wall ou All The Clowns qui me rappellent ce que Stratovarius a pu faire de pire (ce sont en général les morceaux qui servent de single). Il s'agit de mid-tempo pas forcément détestables, mais sans grande pertinence et qui souffrent d'une composition bateau sans la moindre surprise avec, summum de l'horreur, le son qui baisse à la fin. Certains aimeront, d'autres penseront qu'il s'agit de morceaux pour remplir un cd.
En ce qui me concerne, je trouve que ces chansons sont plus un indice concernant une sorte de tournant dans la façon qu'a Tobias d'appréhender un morceau. Etonnement, en tendant l'oreille, on peut trouver cette "hésitation" dans la plupart des morceaux de Mandrake. La ballade est très attendu et moins efficace que dans TOS, Nailed To The Wheel n'accroche pas vraiment (et rappelle un peu, au choix, Guns n' Roses ou Iron Maiden) et les autres compositions nous réservent que peu de surprise comme si Tobias les avaient composées pour Edguy et qu'il s'agissait d'une commande.
Si on enlève Tears Of A Mandrake avec ses deux solos, la plupart des autres sont construites sur un schéma quasi identique qui consiste à faire couplet-couplet-refrain-couplet-refrain-solo-refrain-refrain, etc... A peu de choses près, ainsi se composent les morceaux de Mandrake (et de bien des albums d'ailleurs). Ce qui collait sans aucun problème dans TOS, sa date de sortie mise à part (en étant plus jeune en 98, notre bagage musical était plus léger et nous étions par conséquent plus apte à être étonné par un morceau), était l'urgence de la quasi totalité des chansons. Edguy balançait à 100 tours minutes avec un Tobias agressif et une double grosse caisse préhistorique. Hormis les ballades (Land Of Miracle, Another Time...) et certains passages plus lents (Dans le morceau titre par exemple), c'était jovial, c'était entraînant et nous sautions tous comme des fous furieux en écoutant The Unbeliever.
Dans Mandrake, Tobi se freine lui-même. Il tente de changer, il ajoute des claviers, il se laisse aller à quelques écarts humouristiques, il ose toujours un morceau long et assez complexe (celui que je préfère en général) mais on a parfois l'impression qu'il a laissé, volontairement ou involontairement, son imagination de côté. Sans compter qu'aujourd'hui, j'ai vieilli (vous, peut-être pas. Vous avez de la chance... quoique) et je ne m'esbaudis plus autant qu'avant à l'écoute d'un album de speed et dérivé. Du coup, en écoutant Mandrake, je ne peux pas avouer m'être écrié sans arrêt : "Wow, quel génie ce Tobias !". Franchement, osez me dire que lorsqu'arrive le solo, vous êtes le cul par terre car vous ne vous y attendiez pas. Non, vraiment, j'aime être surpris, et la principale qualité de Mandrake ne se trouve pas là.
A mon avis, le futur de Tobias Sammet ne passera pas par ce style de musique. Le virage a été amorcé avec Mandrake et si le prochain Edguy sera probablement dans la même veine (le nom du groupe appelant le style), je lorgnerais volontiers vers des albums solos de Sammet. Il semble s'assagir et un jour peut-être, nous lui découvrirons d'autres talents de compositeur. A 30 ou 35 ans, ce gars là sera un véritable génie ! Ou bien je me trompe totalement, ce qui est assez envisageable... Enfin, en attendant, profitons de cet album somme toute très efficace et n'oublions pas de nous passer en boucle La Marche des Gendarmes, quite à rendre fou tout notre entourage. Et puis, rendez vous à la mi novembre pour la tournée d'Edguy !

PS : Vous ne trouvez pas que le morceau The Pharaoh est bourré d'influences diverses comme Angra (premier break), Pink Floyd (second break), Bruce Dickinson (après le second break) et autres ?

Chant : Tobias Sammet
Guitares : Jens Ludwig
Guitares : Dirk Sauer
Lapin : Felix Bohnke
Basse : Tobias Exxel
Claviers : Tobias Sammet, Frank Tischer
Choeurs : Rob Rock, Ralf Zdiarstek, Markus Schmitt, Daniel Schmitt, Jens Ludwig, Dirk Sauer, Tobias Exxel, & Tobias Sammet

Du même groupe :

Theater Of Salvation (1998)