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RHAPSODY
POWER OF THE DRAGONFLAME

Genre : Hollywood Metal
Année : 2002

In Tenebris
Knightrider Of Doom 
Power Of The Dragonflame
The March Of The Swordmaster 
When Demons Awake
Agony Is My Name
Lamento Eroico
Steelgods Of The Last Apocalypse
The Pride Of The Tyrant
Gargoyles, Angels Of Darkness 

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En cette bonne année 2002, Rhapsody sort l’ultime épisode de la saga de l’épée d’émeraude, débutée 5 ans plus tôt avec Legendary Tales. Ce dernier, album des débuts, avait posé les bases d’un style pompeux alliant classique et métal médiéval. Symphony Of Enchanted Lands, son successeur, enfonçait un peu plus le clou et représentait pour beaucoup une sorte de chimère enfin à portée de main. Ensuite était venu le troisième opus, Dawn Of Victory, décrié car pas assez symphonique ou encore pas assez novateur malgré une indéniable efficacité et quelques incursions intéressantes.
Aujourd’hui, Rhapsody en remet une couche avec Power Of The Dragonflame. Autour de l’indétrônable duo de compositeurs Turilli/Staropoli, les musiciens vont et viennent mais la musique ne bouge pas d’un iota. Le virage agressif amorcé avec DOV se poursuit en une preuve de virilité quasi omniprésente et parfois vaine. Evidemment, on pourrait crier à la traîtrise et lancer crûment « Maintenant que vous avez montré que vous avez des couilles, si vous nous redonniez du Rhapsody ? » mais ce serait faire fi d’une débauche d’énergie souvent appréciable qui laisse présager quelques concerts aptes à nous faire transpirer.
Ainsi, la plupart des morceaux tournent à 300 tours minutes avec l’homo erectus Holzwarth à la batterie et une rythmique à la guitare tonitruante. Knightrider Of Doom en bonne suite d’Emerald Sword, Power Of The Dragonflame, Agony Is My Name semblent être de ces morceaux que Luca Turilli compose par dizaines tous les matins en allant se brosser les dents (oui, je voulais renouveller la formule. Les plus perspicaces auront noté que la dernière fois, Luca les composait en se rasant). Tout fanatisme mis à part, il est donc fort possible que la lassitude se fasse sentir.
Mais c’est à ce moment précis (coup de théâtre) que la phrase crû que vous avez pu lire un peu plus haut perd de son sens. La raison en est simple : je ne pense pas que Rhapsody doit continuer à faire du Rhapsody. Ça peut sembler étonnant mais après quatre albums et un mini, les morceaux calibrés à la Turilli, comme pour beaucoup de groupes, sonnent comme une marque de fabrique, un passage obligé. L’oreille l’avale en se disant « Tiens, c’est Rhapsody ». Seulement, lorsque ça change, l’oreille se lève comme elle l’avait fait lors de la première écoute de Symphony Of Enchanted Lands. C’était nouveau, c’était bien. Ici, le fonctionnement est le même.
Qu’on adhère ou pas à la voix démoniaque de When Demons Ride, aux paroles en italiens de Lamento Eroico, à l’intro Capitaine Flam de Steelgods Of The Last Apocalypse ou encore à la gratte sèche de Gargoyles, Angels Of Darkness, on ne peut que reconnaître que tout ceci n’était pas présent dans les albums précédents. Et ces différences permettent, non seulement d’espérer le meilleur pour la suite mais aussi et surtout de mieux apprécier les passages purement Rhapsodiesque. C'est le même effet que lorsque deux morceaux très agressifs sont coupés par une sonate de Beethoven. Ils paraissent meilleurs, la diversité l'emportant sur le bourinage intensif. Ici, le meilleur exemple est le morceau final (long de 19 minutes) qui alterne nouveautés et passages dans le plus pur style Turilli et compagnie.
Car moi, ce qui me fait avancer, paradoxalement, c’est l’espoir d’entendre autre chose. Allez, je verrais bien une pause de deux ans pour Rhapsody (comme Stratovarius que j’attends d’ailleurs avec une certaine impatience) qui pourra ainsi stocker plein d’idées originales pour nous sortir en 2004 un album 100% jamais entendu et enfin combler quelques fans qui attendent le messie, un Symphony Of Enchanted Lands numéro 2. Et puis la fin de la saga de l'épée d'émeraude ouvre la voie à tout un tas de nouveautés que l'on espère accompagnées de nouvelles histoires, de nouvelles ambiances, en bref, d'un renouveau du hollywood métal.



Chant :
Fabio Lione

Guitares : Luca Turilli
Batterie : Alex Holzwarth
Basse : Alessandro Lotta
Claviers : Alex Staropoli