In
Excelsis --------------------------------------- Nova
Era ----------------------------------------- Millennium
Sun -------------------------------- Acid
Rain ---------------------------------------- Heroes
Of Sand -------------------------------- Unholy
Wars ------------------------------------ Rebirth ------------------------------------------- Judgement
Day -------------------------------- Running
Alone ---------------------------------- Visions
Prelude ---------------------------------
Bonus
Track
Bleeding
Heart ---------------------------------
2
3
2
2
3
3
1
1
3
2
2
Le
voici, le tant attendu Rebirth, la renaissance,
le retour au source, la nouvelle ère annoncée
par Raf et Kiko, les deux derniers rescapés
d'Angra. Esseulés par le trio de dissidents
shamanesques, les deux guitaristes se sont entourés
de nouveaux musiciens et se sont mis à
la tâche dans le but de donner un digne
successeur à Holy Land. Et Fireworks, me
direz-vous ? Eh bien il a tout simplement été
jeté dans les limbes de l'oubli car probablement
trop attaché à cette période
de l'histoire du groupe qui avait vu naître,
dès la composition de cet album, les prémices
d'un inévitable mais néanmoins surprenant
split. C'est donc avec des promesses de renouveau
et de savant mélange entre Angels Cry et
Holy Land que nos amis brésiliens nous
avaient tenus en haleine. Ensuite était
venu la pochette plutôt jolie et l'annonce
du choix d'Eduardo Falaschi comme remplaçant
du meilleur couineur de la planète, André
Matos. Tantôt décrié, tantôt
remplaçant idéal d'André,
Edu que d'aucuns disent "médiocre" s'intègre
pourtant bien au groupe et s'offre même
une composition, Heroes Of Sand, un morceau qui
est loin d'être le plus mauvais de l'album.
Mais venons en au fait si vous le voulez bien,
soit la musique en elle même.
Rebirth devait
à l'origine capter à nouveau la
"Angra-Attitude", le "mood", ce qui avait fait
d'Holy Land un album incontournable. De ce côté,
la mission est à moitié remplie.
Si pour vous, la musique d'Angra se résume
en du speed mélodique avec quelques passages
orchestraux joués au clavier et des mélodies
imparables, c'est du tout bon. Cependant, je ne
peux m'empêcher de constater que l'esprit
du groupe s'en est un peu allé avec les
Confessori, Mariutti et autre Matos... Surtout
Matos. Falaschi est un bon chanteur mais à
un style plus passe-partout alors qu'André
avec ses intonations à-la-Matos, est capable
à lui seul de donner de la personnalité
à un morceau. Le manque se fait également
sentir au niveau des ballades ou tout du moins
des morceaux et passages plus lents. Rafael Bittencourt
et Kiko Loureiro, aussi talentueux soit-ils, n'ont
pas le même sens de la guimauve sirupeuse
que ce sacré crooner de Matos (écoutez
No Need To Have An Answer de Virgo pour vous en
persuader). Quant aux deux autres nouveaux arrivants,
Andreoli est relativement discret avec sa basse
et Priester joue dans le style Confessori/Holy
Land. Reste à savoir si Confessori n'aurait
pas joué dans un style Confessori/Rebirth...
Comprenez ce que vous voulez. Passons plutôt
aux compositions.
Les 10 chansons
de l'album sont pour la plupart bien composées,
pas trop bateau (Acid Rain, et Nova Era étant
les deux titres speed par excellence, le second
dans la lignée Eagle Fly Free d'Helloween)
et ont été écrites dans une
optique d'efficacité optimale (refrains
soignés) mais ne sont peut-être pas
assez aventureuses. Les solos de grattes sont
plus gentillets que dans les albums précédents
comme si les deux gratteurs, devenus leaders d'Angra,
n'avaient pas osé donner la part belle
à la guitare.
L'alternance
rapide/lent, qui faisait merveille sur Holy Land,
est ici bien respectée même s'il
n'y a que très peu de morceaux extrêmement
rapides. N'oublions pas les clins d'œil qui sont
plutôt fréquent comme l'intro de
Rebirth qui rappelle Reaching Horizons, Running
Alone/Evil Warning, Visions Prelude/Lasting Child/Deep
Blue et, bien sûr, Unholy Wars qui cache
dans ses entrailles le riff de Carolina IV. Ces
morceaux ne sont pas pour autant des copies et
étonnement, Heroes Of Sand (signé
Falaschi) est pour moi, celui qui sonne le plus
Angra.
En conclusion,
derrière une réputation établie
et méritée, Angra avec ce Rebirth
donne l'impression de sortir son premier album
comme l'avait été Angels Cry. Après
tout, lorsqu'on renaît, ne recommence-t-on
pas un peu tout du début ? Enfin, Rebirth
n'en reste pas moins entraînant et efficace
et trois écoutes (pas une de plus) seront
nécessaires aux plus réticents pour
rentrer dans la quasi totalité des morceaux.
Il manque donc une étincelle, un petit
trait de folie qui aurait pu rendre cet album
totalement imparable... Qui a parlé d'André
Matos ?
PS
: Certains avaient accusé Angra d'avoir
fait quelques concessions commerciales avec Fireworks.
Ecoutez donc le morceau bonus, Bleeding Heart,
pour comprendre ce qu'est une concession commerciale
! On dirait un mélange entre Foreigner
(sur la fin de leur carrière), Scorpion
(sur la fin de leur carrière) et Bon Jovi
(sur la fin de leur carrière).