A l'occasion de ma chronique de
Reckoning Night et étant toujours avide
d'aventures rocambolesques, je me suis rendu à
l'île de la Tortue, dans les Caraïbes,
afin de rencontrer à nouveau le leader
de Running Wild, Rolf Kasparek. C'est dans notre
désormais habituelle gargote dégueulasse
que débute notre entrevue.
Moi : Bonjour m'sieur Rock.
RK : Qu'est ce que c'est ?
Moi : Mais que diable faites-vous
?
RK : Je suis en train de construire un
mouille cul pour foutre le camp de cette putain
d'île.
Moi : Vous savez construire
des bateaux ? C'est un scoop !
RK : Non, c'est un sloop. On voit bien
que t'y connais rien.
Moi : Oui, c'est juste. Mais
vous savez, moi, la marine.
RK : Tu pourrais me passer la scie sauteuse
au lieu de dire des conneries ?
Moi : Lassie sauteuse ? Grand
fou va ! En fait, je n'ai pas fait le déplacement
pour discuter zoophilie. Je voudrais vous poser
quelques questions sur un de vos albums, Reckoning
Night.
RK : Non, non, j'ai pas le temps là.
Tu vois, je
Reckoning Night ? C'est pas
de moi ça.
Moi : Si, si, on voit un
bateau sur la pochette. C'est forcément
de vous.
RK : Attends, jeune, Wake Of Magellan,
c'est pas de moi. Et Reckoning Night, c'est de
Sonata Arctica. Les gars qui ont fait " she
sould not lock the open door, run away, run away,
run away ".
Moi : Ah oui, c'est juste.
Qu'est ce que je peux être tête en
l'air.
RK : Ce n'est pas grave. Tu sais, pendant
20 ans, j'ai cru que j'étais l'auteur de
L'île au trésor. Un jour, on m'a
dit que c'était un certain Stevenson. Tu
imagines ma déception. Enfin, ceci étant
dit, si tu veux, on peut discuter de cet album
de Sonata Arctica. Je l'ai écouté,
justement, hier, pendant que je cousais les voiles
de ma coquille de noix. Comme ça, tu n'auras
pas fait le déplacement pour rien.
Moi : Comment avez-vous pu
écouter cet album ? Il vient à peine
de sortir en France.
RK : Je l'ai commandé chez Holy
Records. C'est bien pratique, ils livrent jusque
dans les Caraïbes. Mais parlons plutôt
musique. Alors, la première, Misplaced,
t'en penses quoi ? Moi, j'ai trouvé ça
bateau. AH ! AH ! AH !
Moi : Super cette blague
m'sieur Rock. Attendez, je la note... Ceci dit,
Misplaced, c'est vrai qu'elle est pas géniale.
Blinded No More est meilleure. C'est un mid-tempo.
RK : Les mid-tempos, c'est pour les fillettes.
Est-ce que je compose des mid-tempos moi ? Non,
jamais. Et puis la batterie, écoute bien.
On dirait celle d'un mauvais single de Stratovarius.
Avant d'écouter des trucs comme ça,
il faudrait que je vire de bord
virer de
bord, AH ! AH ! AH !
Moi : Vous n'avez pas tort.
Et Ain't Your Fairytale, elle est entraînante
celle-ci.
RK : Eh bien, en fait, je t'avouerai une
chose, l'ami. Sonata a un certain talent pour
composer des refrains et quelques riffs bien coolos.
Mais souvent, leur musique se résume à
ça. Les couplets sont habituellement pas
terribles et les solos généralement
assez moyens. Mais les refrains, ils tuent leur
putain de race.
Moi : Exactement, vous avez
su trouver les mots justes.
RK : Qu'est ce que tu crois gamin ? J'ai
composé Under Jolly Roger, j'suis pas n'importe
qui. Enfin, Ain't Your Fairytale, c'est trop sympa
comme chanson, je trouve. Le chanteur en retrait,
une batterie moins clinquante et une prod horrible
et ça pourrait être du Running Wild.
Ces jeunots de Sonata Arctica, je trouve qu'ils
mènent bien leur barque. AH ! AH ! AH !
Moi : Je me disais la même
chose. Reckoning Day, Reckoning Night, c'est un
instrumental que je trouve bon. Et vous ?
RK : Bah, je l'ai écouté
pas plus tard que la nuit dernière et j'avais
les jetons, crois moi. De plus, à son écoute,
je ne peux m'ôter de l'esprit les musiques
de Michael Z. Land. Tu sais que je suis un grand
amateur de la série des Monkey Island.
Je les ai finis 2863 fois chacun.
Moi : Oui, des jeux vidéos
de pirates, bien sûr. Alors, ensuite vient
Don't Say A Word, le single. J'oserais dire que
c'est comme un single.
RK : Oui, les singles, c'est tout pourri
avec des vrais morceaux de moisissure dedans.
C'est comme le truc du début, là
Misplaced. Le titre suivant me semble plus pertinent.
Moi : The Boy Who Wanted
To Be A Real Puppet, en effet, j'aime bien. Et
My Selene, vous en pensez quoi ? Certains disent
que My Selene, c'est comme si on se faisait masser
l'aine. Vous trouvez ça drôle ?
RK : Absolument pas. Par contre, My Selene,
elle est un peu comme j'ai dit tout à l'heure.
Bon refrain " gnagna gnagna " style
The Cage, l'intro en moins, mais un reste assez
anodin.
Moi : Vous m'ôtez les
mots de la bouche, m'sieur Rock.
RK : C'est à croire que c'est toi
qui me fais parler, hein ? Ensuite, Wildfire,
si je ne m'abuse. Comme Misplaced et Don't Say
A Word. Pour moi, ces titres là, c'est
une galère. AH ! AH ! AH !
Moi : Très bon, la
blague de la galère. Cependant, Tony Kakko
s'énerve à moment donné,
sur cette chanson. Tony Kakko ne s'énerve
jamais d'habitude. C'est un peu docteur Jekyll
et mister Hyde, là.
RK : C'est quoi ça ?
Moi : C'est un roman de Stevenson.
RK : Encore ce Stevenson ? Ce type veut
ma mort. Parlons plutôt de Tony Kakko, tu
veux bien ? Ce gars est très calme d'habitude,
tu as raison. D'ailleurs, je me souviens l'avoir
rencontré lors d'un festival et
Moi : Et il était
bourré. Oui, je sais, je connais cette
anecdote.
RK : Non, pas du tout. Il était
sobre. Tu la connaissais celle là ?
Moi : Non.
RK : Bah voilà, tout ça pour
dire que le fait qu'il s'énerve rend ce
morceau meilleur que les deux autres, c'est indéniable.
D'ailleurs, il s'énerve aussi sur la suivante.
Moi : Oui, oui, White Pearl
RK : Hey l'ami, tu as remarqué que
Tony Kakko, à l'envers, ça fait
Kakko Tony. On dirait un peu catatonie.
Moi : Cacophonie, également.
RK : Ah oui, c'est rigolo.
Moi :
RK :
Moi : Donc, White Pearl,
Black Oceans. Franchement, ça vous parle
pas, un titre pareil ?
RK : A donf, dude ! Le refrain assure un
max sur cette chanson, aussi. Ca me donne envie
de composer un morceau épique de 42 minutes
qui raconterait les périples de Francis
Drake. Et puis on ne m'entendrait pas chanter
parce que je serais sous mixé.
Moi : Il y aurait une prod
horrible aussi.
RK : Oui, oui, une prod horrible. C'est
la marque de Running Wild. Notre originalité
à nous. Alors, ensuite, attends, ne me
dis pas
le morceau suivant, c'est une ballade.
Le titre, c'est Amanda Lear.
Moi : Shamandalie.
RK : Ah oui, merde. Mais la prononciation
est très proche, faut dire. Y'a pas idée
de donner des titres pareils à des chansons.
Ca veut dire quoi, d'abord, Shamandalie ?
Moi : En fait, ça
raconte que Salvador Dali était fan d'André
Matos.
RK : Ah oui ? Je me disais aussi. Enfin,
c'est une ballade sympa, bouclée en 4 minutes
grand max. Par contre, terminer un album par une
ballade, c'est le syndrome Stratovarius. C'est
étrange.
Moi : Oui, c'est même
déstabilisant voire intrigant. Cela dit,
il y a encore un morceau après.
RK : Ca dure 2'51 et c'est un peu inutile.
Pourquoi en parler ?
Moi : Vous avez raison, n'en
parlons pas. Alors, bon, voilà, nous en
avons fait le tour. Un mot pour conclure, m'sieur
Rolf.
RK : Eh bien, petit gars, je pense qu'on
peut dire que les gars de Sonata Arctica ont fait
ce qu'on attendait d'eux. Pas meilleur, pas moins
bon. En concert, ça va être cool.
J'espère que j'aurai terminé mon
embarcation avant le début de leur tournée.
Enfin, bon, globalement, je pense que cet album
n'a pas été un coup d'épée
dans l'eau. AH ! AH ! AH !
