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SONATA ARCTICA
RECKONING NIGHT

Genre : Metal Auto-Radio
Année : 2004

Misplaced
Blinded No More
Ain't Your Fairytale
Reckoning Day, Reckoning Night...

Don't Say A Word
The Boy Who Wanted To Be A Real Puppet
My Selene

Wildfire
White Pearl, Black Oceans...
Shamandalie

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A l'occasion de ma chronique de Reckoning Night et étant toujours avide d'aventures rocambolesques, je me suis rendu à l'île de la Tortue, dans les Caraïbes, afin de rencontrer à nouveau le leader de Running Wild, Rolf Kasparek. C'est dans notre désormais habituelle gargote dégueulasse que débute notre entrevue.


Moi : Bonjour m'sieur Rock.
RK : Qu'est ce que c'est ?

Moi : Mais que diable faites-vous ?
RK : Je suis en train de construire un mouille cul pour foutre le camp de cette putain d'île.

Moi : Vous savez construire des bateaux ? C'est un scoop !
RK : Non, c'est un sloop. On voit bien que t'y connais rien.

Moi : Oui, c'est juste. Mais vous savez, moi, la marine.
RK : Tu pourrais me passer la scie sauteuse au lieu de dire des conneries ?

Moi : Lassie sauteuse ? Grand fou va ! En fait, je n'ai pas fait le déplacement pour discuter zoophilie. Je voudrais vous poser quelques questions sur un de vos albums, Reckoning Night.
RK : Non, non, j'ai pas le temps là. Tu vois, je… Reckoning Night ? C'est pas de moi ça.

Moi : Si, si, on voit un bateau sur la pochette. C'est forcément de vous.
RK : Attends, jeune, Wake Of Magellan, c'est pas de moi. Et Reckoning Night, c'est de Sonata Arctica. Les gars qui ont fait " she sould not lock the open door, run away, run away, run away ".

Moi : Ah oui, c'est juste. Qu'est ce que je peux être tête en l'air.
RK : Ce n'est pas grave. Tu sais, pendant 20 ans, j'ai cru que j'étais l'auteur de L'île au trésor. Un jour, on m'a dit que c'était un certain Stevenson. Tu imagines ma déception. Enfin, ceci étant dit, si tu veux, on peut discuter de cet album de Sonata Arctica. Je l'ai écouté, justement, hier, pendant que je cousais les voiles de ma coquille de noix. Comme ça, tu n'auras pas fait le déplacement pour rien.

Moi : Comment avez-vous pu écouter cet album ? Il vient à peine de sortir en France.
RK : Je l'ai commandé chez Holy Records. C'est bien pratique, ils livrent jusque dans les Caraïbes. Mais parlons plutôt musique. Alors, la première, Misplaced, t'en penses quoi ? Moi, j'ai trouvé ça bateau. AH ! AH ! AH !

Moi : Super cette blague m'sieur Rock. Attendez, je la note... Ceci dit, Misplaced, c'est vrai qu'elle est pas géniale. Blinded No More est meilleure. C'est un mid-tempo.
RK : Les mid-tempos, c'est pour les fillettes. Est-ce que je compose des mid-tempos moi ? Non, jamais. Et puis la batterie, écoute bien. On dirait celle d'un mauvais single de Stratovarius. Avant d'écouter des trucs comme ça, il faudrait que je vire de bord… virer de bord, AH ! AH ! AH !

Moi : Vous n'avez pas tort. Et Ain't Your Fairytale, elle est entraînante celle-ci.
RK : Eh bien, en fait, je t'avouerai une chose, l'ami. Sonata a un certain talent pour composer des refrains et quelques riffs bien coolos. Mais souvent, leur musique se résume à ça. Les couplets sont habituellement pas terribles et les solos généralement assez moyens. Mais les refrains, ils tuent leur putain de race.

Moi : Exactement, vous avez su trouver les mots justes.
RK : Qu'est ce que tu crois gamin ? J'ai composé Under Jolly Roger, j'suis pas n'importe qui. Enfin, Ain't Your Fairytale, c'est trop sympa comme chanson, je trouve. Le chanteur en retrait, une batterie moins clinquante et une prod horrible et ça pourrait être du Running Wild. Ces jeunots de Sonata Arctica, je trouve qu'ils mènent bien leur barque. AH ! AH ! AH !

Moi : Je me disais la même chose. Reckoning Day, Reckoning Night, c'est un instrumental que je trouve bon. Et vous ?
RK : Bah, je l'ai écouté pas plus tard que la nuit dernière et j'avais les jetons, crois moi. De plus, à son écoute, je ne peux m'ôter de l'esprit les musiques de Michael Z. Land. Tu sais que je suis un grand amateur de la série des Monkey Island. Je les ai finis 2863 fois chacun.

Moi : Oui, des jeux vidéos de pirates, bien sûr. Alors, ensuite vient Don't Say A Word, le single. J'oserais dire que c'est comme un single.
RK : Oui, les singles, c'est tout pourri avec des vrais morceaux de moisissure dedans. C'est comme le truc du début, là… Misplaced. Le titre suivant me semble plus pertinent.

Moi : The Boy Who Wanted To Be A Real Puppet, en effet, j'aime bien. Et My Selene, vous en pensez quoi ? Certains disent que My Selene, c'est comme si on se faisait masser l'aine. Vous trouvez ça drôle ?
RK : Absolument pas. Par contre, My Selene, elle est un peu comme j'ai dit tout à l'heure. Bon refrain " gnagna gnagna " style The Cage, l'intro en moins, mais un reste assez anodin.

Moi : Vous m'ôtez les mots de la bouche, m'sieur Rock.
RK : C'est à croire que c'est toi qui me fais parler, hein ? Ensuite, Wildfire, si je ne m'abuse. Comme Misplaced et Don't Say A Word. Pour moi, ces titres là, c'est une galère. AH ! AH ! AH !

Moi : Très bon, la blague de la galère. Cependant, Tony Kakko s'énerve à moment donné, sur cette chanson. Tony Kakko ne s'énerve jamais d'habitude. C'est un peu docteur Jekyll et mister Hyde, là.
RK : C'est quoi ça ?

Moi : C'est un roman de Stevenson.
RK : Encore ce Stevenson ? Ce type veut ma mort. Parlons plutôt de Tony Kakko, tu veux bien ? Ce gars est très calme d'habitude, tu as raison. D'ailleurs, je me souviens l'avoir rencontré lors d'un festival et…

Moi : Et il était bourré. Oui, je sais, je connais cette anecdote.
RK : Non, pas du tout. Il était sobre. Tu la connaissais celle là ?

Moi : Non.
RK : Bah voilà, tout ça pour dire que le fait qu'il s'énerve rend ce morceau meilleur que les deux autres, c'est indéniable. D'ailleurs, il s'énerve aussi sur la suivante.

Moi : Oui, oui, White Pearl…
RK : Hey l'ami, tu as remarqué que Tony Kakko, à l'envers, ça fait Kakko Tony. On dirait un peu catatonie.

Moi : Cacophonie, également.
RK : Ah oui, c'est rigolo.

Moi : …
RK : …

Moi : Donc, White Pearl, Black Oceans. Franchement, ça vous parle pas, un titre pareil ?
RK : A donf, dude ! Le refrain assure un max sur cette chanson, aussi. Ca me donne envie de composer un morceau épique de 42 minutes qui raconterait les périples de Francis Drake. Et puis on ne m'entendrait pas chanter parce que je serais sous mixé.

Moi : Il y aurait une prod horrible aussi.
RK : Oui, oui, une prod horrible. C'est la marque de Running Wild. Notre originalité à nous. Alors, ensuite, attends, ne me dis pas… le morceau suivant, c'est une ballade. Le titre, c'est Amanda Lear.

Moi : Shamandalie.
RK : Ah oui, merde. Mais la prononciation est très proche, faut dire. Y'a pas idée de donner des titres pareils à des chansons. Ca veut dire quoi, d'abord, Shamandalie ?

Moi : En fait, ça raconte que Salvador Dali était fan d'André Matos.
RK : Ah oui ? Je me disais aussi. Enfin, c'est une ballade sympa, bouclée en 4 minutes grand max. Par contre, terminer un album par une ballade, c'est le syndrome Stratovarius. C'est étrange.

Moi : Oui, c'est même déstabilisant voire intrigant. Cela dit, il y a encore un morceau après.
RK : Ca dure 2'51 et c'est un peu inutile. Pourquoi en parler ?

Moi : Vous avez raison, n'en parlons pas. Alors, bon, voilà, nous en avons fait le tour. Un mot pour conclure, m'sieur Rolf.
RK : Eh bien, petit gars, je pense qu'on peut dire que les gars de Sonata Arctica ont fait ce qu'on attendait d'eux. Pas meilleur, pas moins bon. En concert, ça va être cool. J'espère que j'aurai terminé mon embarcation avant le début de leur tournée. Enfin, bon, globalement, je pense que cet album n'a pas été un coup d'épée dans l'eau. AH ! AH ! AH !



 Chant :
Tony Kakko

Guitares : Jani Liimatainen
Batterie : Tommy Portimo
Basse : Marko Paasikoski
Claviers : Henrik Klingenberg

Du même groupe :

Silence (2001)
Winterheart's Guild (2003)