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DREAM THEATER
SIX DEGREES OF INNER TURBULENCE

Genre : Métal Prog
Année : 2002

The Glass Prison --------------------------
Blind Faith ----------------------------------
Misunderstood ----------------------------
The Great Debate ------------------------
Disappear -----------------------------------
Six Degrees of Inner Turbulence :
Overture ------------------------------------
About To Crash ---------------------------
War Inside My Head --------------------
The Test That Stumped Them All ----
Goodnight Kiss ----------------------------
Solitary Shell -------------------------------
About A Crash - Reprise ---------------
Losing Time - Grand Finale -----------
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C'est en tremblant comme une feuille que j'ai écouté pour la première fois cet album de Dream Theater. Comment ne pas avoir peur d'écouter ce Six Degrees Of Inner Turbulence ? Après un Scenes From A Memory de grand qualité, cet album ne pouvait être que décevant. S'il avait été trop aventureux, j'aurais crié au scandale. S'il avait été une pâle copie de Metropolis Part 2, j'aurais crié au scandale. En conclusion, j'étais obligé de sortir du contexte, de m'imaginer être quelqu'un d'autre dont le cursus musical n'aurait jamais rencontré Dream Theater. N'être ni fan, ni détracteur, voilà une métamorphose difficile et quasi irréalisable. Peu importe, je ne vais pas non plus me casser la tête... oubliez ce que je viens de dire.
Cet album commence donc par The Glass Prison et par ce vinyle crachotant qui avait clôt Scenes From A Memory. Ensuite, nous entrons de plein pied dans un autre monde. Voix trafiquées, rythmique lourde, son saturé, double grosse caisse, chant agressif, scratch... Du scratch ? Non, j'ai du me tromper. Ensuite, on continue dans le résolument métal avec une pléiades d'influences diverses. Il est indéniable que James LaBrie et sa bande ont passé au crible tous les CD des mouvances rock et hard des 20 dernières années. Souvenez vous de cette vidéo que l'ont pouvait charger sur le site de Dream Theater (celle où Mike faisait un gros plan sur le ventre de Britney Spears). On y voyait Mike Portnoy passer un à un les albums qu'ils avaient utilisés lors de la composition de Six Degrees. Il y avait Nine Inch Nails, Sound Garden, Megadeth, Metallica, U2, Alice In Chains, Radiohead, Rage Against The Machine et bien d'autres. Croyez-moi ou pas, l'influence est belle est bien présente : les effets de gratte dans le style Steven Wilson, le refrain à la Sound Garden de Misunderstood, les bruitages brevetés Roger Waters, U2 dans Goodnight Kiss, la touche Peter Gabriel dans Solitary Sheel, le symphonique Overture qui rappelle Symphony X ou même Rhapsody, etc... Entre ce qui est évident et le reste qui dépendra de l'oreille de l'auditeur, ce Six Degrees Of Inner Turbulence est un joli condensé. D'ailleurs, il a un son très "air du temps" et sa rythmique relativement "moderne" ne trompera personne. Rassurez-vous cependant, cet album n'est pas aux antipodes de ce qu'à déjà pu faire Dream Theater, loin de là (très loin de là). Les passages de performance sportive technico-solistiques (!) sont toujours présents et les ballades sirupeuses itou (Goodnight Kiss est d'une mièvrerie sans commune mesure).
Seulement, au final, cet album n'est pas aussi révolutionnaire qu'on veut bien le croire. Une campagne promotionnelle qui a fait ses preuves (souvenez-vous, Metropolis part II, gardé presque secret jusqu'à la fin) nous a fait croire que Six Degrees serait un véritable bijou pour les oreilles, du jamais entendu. Enregistrer un morceau de 40 minutes aidant à faire ouvrir de grands yeux aux fans. Seulement, à trop nous faire croire au miracle, le résultat se devait d'être proche de la perfection.  Pour ma part, je reste coi.
Le premier CD est pour moi un semi-échec artistique. Les seuls morceaux que j'ai trouvé un minimum intéressant, oublient les instruments solistes au profit de passages de pseudo-ambiance souvent douteux et parfois vain. Grosse production, son un tantinet différent mais je reste sceptique. Et puis Jordan Rudess qui joue les figurants, balançant des solos 100 fois entendus, c'est dommage.
Le deuxième CD, plus abordable que le premier, contient dans ses entrailles le meilleur de Six Degrees. (About To Crash et Losing Time en tête). Je n'oserais pas dire qu'il contient les meilleures idées puisque malgré de multiples bons passages, les nouveautés sont infimes. Evidemment, je pourrais écouter cet album pendant un mois, à raison de quinze fois par jour mais dans quel but ? Celui de l'aimer à tout prix ? Nos amis de la radio et de la télévision, avec leur politique du matracage-on-te-le-passe
-100-fois-jusqu'a-ce-que-tu-aimes, ne m'auront pas, je résiste !
Dream Theater n'est donc pas tombé dans le piège du Scenes From A Memory bis. Cependant, dans sa recherche de nouveaux sons, DT en a un peu oublié ce qui a fait sa force. Ici, point de lyrisme, point de superbes envolées de guitare, point de belles mélodies qui ne tomberaient pas dans la pop facile.
Mais bon, Six Degrees Of Inner Turbulence reste plus chaleureux que Awake, moins abordable que Falling Into Infinity, moins mélodique que Metropolis Part 2, plus hard que Images And Words. En ce qui me concerne, je suis moins enthousiaste que j'avais pu l'être pour Scenes From A Memory, car moins réceptif à cette nouvelle approche de la musique. Six Degrees Of Inner Turbulence contient pas mal de déchets (quelle idée de faire deux CD aussi !!!) pour ne pas dire trop et force est de constater que je ne suis pas le seul à avoir cette opinion... pour une fois. A moins que vous ne soyez un fanatique intégriste de Dream Theater ou que vous ayez des affinités particulières avec le "nouveau son", vous risquez la déception... Enfin, vous vous ferez votre propre idée de la chose à la fin du mois de janvier.

Si j'avais été DT, ce que je ne suis absolument pas (il faut tout de même avouer que je suis en infériorité numérique), j'aurais fait l'album suivant, sur un seul CD :

MY OWN DREAM THEATER
SIX DEGREES, PART II
SCENES FROM INNER TURBULENCE
LIVE IN ISTRES, 30.12.2001

1. Misunderstood  + solo Petrucci
2. Disappear
3. Overture
4. About To Crash
5. Goodnight Kiss
6. Losing Time
7. Disappear - reprise (+ The Spirit Carries On)

Oui, c'est un album tout petit mais il fait presque 1 heure !


  Chant :
James LaBrie

Guitares : John Petrucci
Batterie : Mike Portnoy
Basse : John Myung
Claviers : Jordan Rudess

Du même groupe :

When Dream And Day Unite (1989)
Images And Words (1992)
Awake (1994)
Falling Into Infinity (1998)
Scenes From A Memory (1999)