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ANGRA
TEMPLE OF SHADOWS

Genre : Recyclage d'Angra
Année : 2004

Deus Le Volt !
Spread Your Fire
Angels And Demons
Waiting Silence

Wishing Well
The Temple Of Hate
The Shadow Hunter
No Pain For The Dead
Winds Of Destination
Sprouts Of Time
Morning Star
Late Redemption
Gate XIII

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Après Fireworks, le départ de Matos et l'an 2000, le nouvel Angra a sorti son premier album, Rebirth, en 2001. C'était l'occasion de montrer que Raf et Kiko étaient encore de bons guitaristes, de bons compositeurs et que Edu n'était pas un si mauvais chanteur. L'album était acceptable, surnoté (par moi également) et passé le troisième mois suivant sa sortie, il a commencé à prendre la poussière. Maintenant que les pires moments sont passés, que le nouveau groupe semble solide, il est temps de passer aux choses sérieuses.

La première chose sérieuse que sort Angra (Hunters And Prey et le live à Sao Paulo, c'était pas sérieux, hein) est un concept album, exercice prisé des progueux et sur lequel vomissent volontiers les punks. Temple Of Shadows nous conte l'histoire d'un croisé qui décide de décroiser. Concept historique, donc, et religieux. Une thématique qui n'est pas étrangère à un certain André Matos.

Moi, je vous le dis tout de suite, à Temple Of Shadows, je lui mets 10/10. Ouaip ! Ici, sur Tears Of Metal, on fait comme en fac de lettres, on brade les diplômes. Et puis allez, soyons fou, il est meilleur que Holy Land et Falaschi, trop fort, il enterre Matos.

Voilà, monsieur Angra, vous êtes désormais maître es heavy metal. Toutes mes félicitations, votre avenir est tout tracé. Dans 20 ans, on ne vous retrouvera peut être pas chez un petit disquaire inconnu. Qui sait, il est même possible qu'on parlera de vous en des termes élogieux comme on peut encore l'entendre aujourd'hui à propos de vieux groupes mineurs et oubliés tels Iron Maiden ou Judas Priest. Et cela avant même la 18ème tournée d'adieu avec Timo Tolkki en première partie, lui qui, âgé de 50 berges, a finalement été contraint de terminer sa carrière en solo, après avoir tenté en vain de reformer Stratovarius.

Décidemment, l'avenir nous réserve de bien belles choses.

Tout ça pour vous dire qu'à Temple Of Shadows, je lui mets 10/10. Comme je vous le dis. Parce que, hey ! C'est ANGRA. Quand on est fan, on a le droit de noter comme un sagouin, c'est la règle. Quand on est fan, on a aucun esprit critique, aucun discernement et on a le droit d'être de mauvaise foi. Bah si, inutile de nier, tout le monde fait ça. Je connais même des gens qui mettent une note maximale à Royal Hunt et qui achètent tous les albums de Threshold. Si ça c'est pas une preuve !!

Bon, évidemment, un 10/10 fait un peu tâche alors, ensuite, il faut maquiller tout ça. On baratine un peu en donnant quatre arguments vaseux et le tour est joué, les lecteurs penseront que vous êtes objectif. Car sachez que le lecteur est dupe et qu'il considère que la somme d'arguments subjectifs donne un résultat objectif. A partir de là, il devient facile de faire croire qu'Evergrey n'a enregistré que des albums géniaux. Mitonner de tels mensonges, ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi.

Donc voilà, afin d'être objectif, je vous donne mes arguments justifiant le 10/10 :

Le duo de gratteux angraien est toujours très bon. Disons que dans le domaine du double solo qui fit les beaux jours du Helloween des années 80, il n'y en a pas énormément qui peuvent rivaliser. D'autant qu'actuellement, on a vite fait de faire un solo de guitare moisi suivi d'un solo de synthé pourri et de relancer ensuite sur un refrain très laid. Si Angra n'est pas un groupe résolument heavy (et c'est pas plus mal), ils ont le mérite de perpétuer cette tradition. Un bémol, cependant, quelques tiguidics malmsteeniens (Late Redemption, Winds Of Destination, Morning Star) qui me satisfont très peu. J'ose enlever un demi point à l'album pour ça. Un demi point, ce n'est pas la mort.

Ensuite, Falaschi est acceptable. On a moins l'impression qu'il est en train de lire la liste des courses. Lorsqu'il ne doit pas chanter comme Matos, il n'est pas mauvais. Tant qu'on continuera à lui composer des chansons qui s'adressent à quelqu'un d'autre (sur certains passages de Shadow Hunter, Late Redemption, Sprouts Of Time ou Morning Star, c'est flagrant), il pêchera un peu. A la fin de The Shadow Hunter, durant le passage " with a heart, with a mind… ", c'est vraiment poussif. Pourquoi diable essaye-t-il de monter autant et ainsi nous montrer cette voix peu agréable ? On dirait presque LaBrie lorsqu'il tente d'imiter Jon Anderson en live. Ça donne une infâme voix de tête. Vous admettrez que je ne peux pas laisser passer ça. Je pense que ça mérite un gros demi point en moins. Pas un point en entier parce qu'Edu s'est tout de même bien amélioré. Gageons qu'il finira par chanter comme lui et pas comme Matos.

Le batteur, lui, est une machine. Il n'est pas le seul, je vous l'accorde, mais ce n'est pas la subtilité de son jeu qui va l'étouffer. Il s'adonne au péché du bûcheronage plus qu'à son tour. Andreoli fait son job à la basse mais personne n'a envie de lui laisser de la place, de toute façon.

Parmi les nouveautés, il y a une chanteuse (No Pain For The Dead, Spread Your Fire). Evidemment, ce n'est pas original d'avoir une chanteuse. La NWOGHM (new wave of gonzesses heavy metal) nous assène des groupes de ce style par dizaines pour le plus grand plaisir des metalleux frustrés du cul. Mais chez Angra, ça change un peu.

Il y a aussi des passages prog ! OUI, un passage prog chanté dans The Shadow Hunter (on dirait du Yes). Quelques touches progs dans Angels And Demons et Winds Of Destination aussi. Ce n'est pas Flower Kings (Dieu nous en préserve) mais je le note.

En ce qui concerne les invités, Hansen et Kursch (le gendre idéal), sont anecdotiques. Ils apparaissent chacun sur un titre et cela au grand dam du concept qui n'appelle pas d'intervention extérieure. Mais peu importe, c'est pas méchant. Sabine Edelsbacher, j'en ai déjà parlé.

Puisque j'y pense, il y a une chose qui me chagrine dans cet album, ce sont les instrumentaux. Il y en a deux que j'oublierai volontiers. Deus Le Volt (52 secondes) et une petite intro. Gate XIII (l'outro de 5'03 !), style musique de film, ne mène à rien à part éventuellement les reprises de thème et le final avec le violoncelle. Oui, c'est beau comme du Howard Shore mais bon… je pense qu'il y avait quelque chose à faire de ce côté là. Hop, un demi point en moins.

Oui, également, il y a un effort pour équilibrer l'album et ne pas commettre un 1 intro, 4 morceaux speed, 1 ballade, 3 morceaux speed, 1 morceau épique comme le font beaucoup trop d'autres groupes. Notons le.

Finalement, globalement et pour conclure, je constate qu'il n'y a pas réellement de chansons faibles dans cet album (malgré quelques unes un peu soupesques, style No Pain For The Dead). S'il y en a pas de faibles, c'est également et malheureusement parce qu'il y en a pas non plus de vraiment excellentes. Chaque titre a son petit quelque chose de sympa : le refrain de tel morceau, le solo de tel autre, les violons sur un autre, etc. Mais aussi son petit quelque chose de pas sympa. Au final, ce n'est pas très bon. C'est juste bon. Il manque des digressions extravagantes, de la grandiloquence, du n'importe quoi. Quand on est trop sage, on perd un demi point.

Angra est devenu un groupe conventionnel. Ce qui faisait la qualité de Holy Land, c'était de mélanger du métal symphonique avec des influences brésiliennes ou bien que ce mélange là était novateur en 1996 ? Dans un autre domaine, le prog des années 70, c'était bon parce qu'il y avait des breaks et des envolées de mellotron ou bien parce que c'était novateur en 1972 ? Je pense que beaucoup devraient vraiment se poser ce genre de question.

Ce point faible non négligeable de Temple Of Shadows (et ne le négligeons pas, que diable) est qu'il y a énormément de redites, de petits détails qui font penser à des anciennes compos (l'intro de Temple Of Hate fait penser à celle de Mystery Machine, le refrain à celui de Queen Of The Night, il y a du Freedom Call dans Shadow Hunter, le solo de tel titre fait penser à tel autre etc.). De ce fait, si la première moitié de l'album est pour le moins agréable (mais proche des anciens albums), la seconde est un peu redondante (car proche de la première moitié de l'album et donc des précédents).

Pour ma part, j'aime bien que les groupes fassent toujours la même chose mais sans jamais se répéter. Il y a les tics, la marque de fabrique et il y a se copier. Ce que je veux, c'est ne pas retrouver les mêmes phrases musicales, les mêmes lignes de chant, les mêmes montées de manche, les mêmes breaks Ce n'est pas facile de se renouveler sans changer radicalement de style mais je me demande si une part du talent d'un compositeur ne se trouve finalement pas là. Du coup, j'enlève encore un point à l'album, ça s'impose.

Alors, évidemment, la musique d'Angra reste supérieure à 70% (80% ?) de la production actuelle speed mélo et assimilé. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir l'impression de perdre quelque chose. Holy Land n'était pas Angels Cry. Fireworks n'était pas Holy Land. Rebirth… c'était un mélange plus ou moins heureux des précédents albums. Temple Of Shadows reprend la même idée qui revient à reprendre les mêmes idées. C'est bien fait, on le fredonne quand on va au Quick mais l'entreprise manque de fraîcheur, comme le dernier Rhapsody.

Ceci dit, l'album décroche tout de même un 10… oh, attendez… un demi + un demi, encore un demi et un demi + un point… ah oui, 7/10. Je me disais, aussi.




 Chant :
Eduardo Falaschi

Guitares : Kiko Loureiro
Guitares : Rafael Bittencourt

Batterie : Aquiles Priester
Basse : Felipe Andreoli
Claviers : Henrik Klingenberg

Chant : Sabine Edelsbacher (Spread of Fire et No Pain For the Dead), Kai Hansen (Temple of Hate) et Hansi Kursch (Winds Of Destination)

Du même groupe :

Angels Cry (1994)
Make Believe (4 singles + video) (1996)
Holy Land (1996)
Freedom Call (1996)
Holy Live (1997)
Lisbon (Single) (1997)
Fireworks (1998)
Rainy Nights (Single) (1999)
Rebirth (2001)