SYMPHONY X
THE ODYSSEY Genre
: Métal Prog
Année : 2002
Inferno
(Unleash the Fire) ----------------------------------------
Wicked -----------------------------------------------------------------
Incantations Of The Apprentice ---------------------------------
Accolade II -----------------------------------------------------------
King Of Terrors -----------------------------------------------------
The Turning ----------------------------------------------------------
Awakenings -----------------------------------------------------------
The Odyssey
Part I - Odysseus' Theme / Overture --------------------------
Part II - Journey To Ithaca ---------------------------------------
Part III - The Eye ---------------------------------------------------
Part IV - Circe -------------------------------------------------------
Part V - Sirens -------------------------------------------------------
Part VI - Scylla and Charybdis
Gulf Of Doom --------------------------------------------------------
Drifting Home --------------------------------------------------------
Part VII - The Fate Of The Suitors / Champion
Of Ithaca -
Depuis quelques années, Symphony X nous
avait habitué à de bons albums.
The Divine Wings Of Tragedy (1997), Twilight In
Olympus (1998) - bien que trainé dans la
boue par quelques personnes - et V (2000). Tout
le monde attend donc Symphony X au tournant comme
c'est le cas de la plupart des groupes. Car de
nos jours, il est impossible de prendre un virage
sans tomber sur une ribambelles de rock-critics
machiévaliques qui ne demandent qu'à
vous mettre des bâtons dans les roues. Alors
qu'en cyclisme, par exemple, personne n'attend
jamais Lance Armstrong sur le bord de la route.
Ce serait amusant, même si je doute qu'un
simple bâton coincé entre les rayons
de sa bicyclette puisse l'arrêter, lui qui
est capable de monter le Ventoux avec une citerne
accrochée à la selle. Mais revenons
plutôt au groupe de Michael Romeo, qui,
sans vouloir me moquer, aurait bien du mal à
faire le mont Ventoux sur un vélo. Oui,
je sais, d'un autre côté, Lance Armstrong
doit jouer de la guitare comme un manche (si j'ose
dire). Mais veuillez cesser ces digressions, vous
êtes en train de pourrir ma chronique.
Je disais donc qu'à l'heure de la sortie
de The Odyssey, Symphony X pouvait s'appuyer sur
de solides bases. Bien métal grâce
aux lourds riffs de Romeo et à la voix
agressive de Allen. Bien prog avec les claviers
de Pinnella et une section rythmique Lepond/Rullo
irréprochable. Et c'est cet inévitable
mélange que l'on retrouve évidemment
sur The Odyssey. En plus viril diront certains,
avec les attaques vigoureuses de Romeo. En comme
d'habitude, diront les autres, avec les alternances
prog/métal propres au style et l'interminable
morceau final propre au style.
Pour ma part, je trouve cet Odyssey bien plus
couillu que ses prédécesseurs. Les
riffs plombés de King Of Terrors et Russell
Allen sur Inferno comme exemples. Le groupe semble
avoir poussé une de ses facettes en avant.
Le lyrisme avait pris le dessus sur V. Ici, c'est
la puissance qui ressort avec la hargne de The
Turning (qui semble paradoxalement échappé
de V) ou la rage d'Incantations Of The Apprentice
et Masquerade (le bonus track). J'ai même
parfois l'impression d'avoir à faire à
un autre groupe tant cet album de SX a été
abordé sur un autre plan. Seuls The Accolade
II et The Odyssey semblent se dépétrer
de cette pluie de riffs. Même Awakenings
vire rapidement à la baston. Et moi qui
suis bien plus réceptif à l'envoûtement
d'un Candlelight Fantasia plutôt qu'à
l'énergie d'un Serpents Of Paradise, je
ne sais trop où donner de la tête.
Reste donc l'excellent Accolade II qui m'a tenu
compagnie durant 50 heures de recherches dans
les archives de Toulon. Recherches qui auraient
été bien tristes sans cette chanson.
Et puis The Odyssey auquel je vais consacrer quelques
lignes car il s'agit tout de même de la
tartine made in Romeo. Le truc de 24 minutes qui
te fait saliver avant même qu'il soit composé.
Mais moi, qui ai l'habitude de penser l'inverse
de tout un chacun, je trouve à redire.
Oui, je vais cracher sur THE masterpiece comme
je le fais sur les grêvistes de l'université
Paul Valéry. Messieurs, que le diable vous
emporte ! (je parle aux grêvistes là).
Je trouve que The Odyssey est un morceau qui se
veut pompeux et qui est carrément, parfois,
à la limite du chiant. Car ne nous leurrons
pas, le génie de Romeo avec des cuivres-pour-de-faux
ne vaudront jamais l'orchestre philarmonique de
Boston conduit par John Williams, himself. De
plus, j'ai beau écouter ce morceau, j'ai
bien du mal à en saisir la cohérence.
A chaque écoute, j'ai l'impression d'être
face à une sucession de morceaux qui, tous
mis à la suite, forment une chanson de
24 minutes. Un peu comme l'avait fait Mike Oldfield
sur Taurus II (de l'album Five Miles Out en 1983
si je ne m'abuse). Ce cher Mike, toujours avide
de cornemuse, avait composé quelques mélodies,
avait choisi quelques instruments et puis le tour
était joué. Le premier instrument
faisait la première mélodie pendant
3 minutes puis le second la deuxième mélodie
pendant 3 minutes et ainsi de suite. Le tout était
sans grande cohérence, et durait plus de
24 minutes. C'était festif et amusant mais
l'impression de gratuité était énorme.
- Pourquoi Mike Olfield a mis de la cornemuse
là ?
- Bah, je sais pas. Probablement que ça
sonnait bien.
Voilà, un morceau de 24 minutes composé
de trucs qui sonnent bien. Pour moi, The Odyssey,
c'est la même chose (mais sans les cornemuses).
De temps en temps, je me dis " ah tiens,
ça, c'est plutôt sympa " et
puis ensuite, je suis tenté d'accélerer
un peu. Puis à nouveau, un autre passage
m'intéresse comme si les 7 parties de The
Odyssey étaient distinctes et ne formaient
pas un tout. Mais disséquons cette odyssée
puisque nous n'avons que ça à faire.
J'aime bien à partir de 2'00 jusqu'à
Journey To Ithaca qui est un morceau bien sympa
jusqu'au passage dreams come true, 6'10. Là,
la pure perf technique m'ennuie. Par contre, à
6'51, c'est bien avec les " cuivres "
et une guitare qui sonne très Pink Floyd/Animals
(7'09) puis ensuite, je décroche à
nouveau. Les solos me réveillent à
7'45 puis piano et retour de Russell Allen, c'est
du tout bon. Puis vient The Eye à, environ,
9'22. Cette partie est un peu en deça.
Mais me voilà de retour avec Circé
la magicienne perverse qui aime les cochons. Cette
partie ne me convainc pas pleinement si ce n'est
pour la gratte de Romeo avec quelques effets gilmouriens
(encore ?), très bon final. Je dirais qu'à
partir d'Am I asleep (13'51), ça vaut vraiment
le coup jusqu'à Sirens (15'02). Et là,
bah, ça ne passe pas non plus.
Et puis on tombe de Charybde en Scylla jusqu'à
Scylla And Charybdis où je me retrouve
vraiment dans un putain de Gulf Of Doom ! J'ai
l'impression d'écouter la musique d'un
jeu vidéo Star Wars de Lucasarts. A la
seule exception que je n'ai pas l'écran
sous les yeux pour faire passer cette musique
qui, étrangement, semble dépendante
d'images. Bien sûr, notre imagination débordante
nous emmène dans le détroit de Messine,
en pleine tempête mais pour ma part, tout
ceci est bien difficile. Et je suis toujours avec
mes pantoufles, dans mon studio de 2 mètres
sur 3. D'ailleurs, je tends le bras et hop, je
touche un mur. Je tends l'autre bras et hop, je
touche le mur opposé. C'est super hein
? Et puis tout à coup, Drifting Home (à
peu près 19'22), dans la continuité
et vraiment d'excellente facture. Evidemment,
les " violoncelles " (?) font vraiment
pauvres et font naître en moins un sourire
en coin mais bon on leur pardonnera. Probablement
n'avaient-ils pas l'argent nécessaire pour
faire appel à un véritable orchestre.
Mais tout ce passage n'en reste pas moins du putain
de bon Symphony X avec le retour de Candlelight
Fantasia. Oui, je reconnais, c'est pareil, pas
la peine de me dire le contraire. Et jusqu'à
la fin, c'est excellent.
En conclusion, des 24'13 de The Odyssey, j'apprécie
11'27. Pour rendre ce total absurde plus compréhensible,
je dirais que j'aime les parties I, II, VIb et
VII. Alors, je vous l'avez pas dit que ce morceau
me rendait fou ?
Chant : Russell Allen Guitares
: Michael Romeo Batterie
: Jason Rullo Basse
: Michael Lepond Claviers
: Michael Pinnella