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ADAGIO
UNDERWORLD

Genre : Adagio X
Année : 2003

Next Profundis -------------------------------
Introïtus/solvet Saeclum In Favilla -----
Chosen -----------------------------------------
From My Sleep… To Someone Else ---
Underworld -----------------------------------
Promises ---------------------------------------
The Mirror Stage ---------------------------
Niflheim ---------------------------------------

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Adagio est un peu pour moi un groupe piège au même titre que Ark ou Angra post-Matos (les groupes en A ?). Le premier album du groupe, Sanctus Ignis, avait obtenu 7/10 sans pour autant me satisfaire pleinement. Idem pour Rebirth et Burn The Sun. Ces albums sont de ceux qui ne contiennent que des chansons sympas mais finalement peu ou pas de titres qui sont vraiment excellents. Je m'aperçois d'ailleurs que ces trois albums, je ne les écoute jamais, leur préférant bien souvent de " petits " 6/10 qui sont moins constants dans la qualité mais qui viennent davantage me chercher dans ma tannière. D'ailleurs, lorsque je suis allé voir Adagio en concert en février dernier, j'ai été obligé de sortir mon Sanctus Ignis de sous deux doigts de poussière pour me remettre les morceaux en tête.

Je pense que cet Underworld ne déroge pas à la règle. Ici, rien ne me déplait mais peu de choses m'enchantent vraiment si ce ne sont quelques passages de haute volée du duo de choc Forte/Codfert.

Les " chansons " d'Adagio n'en sont plus vraiment. Avec ses nouvelles compos, Forte s'éloigne de la construction relativement conventionelle du premier album du groupe (et de bien des albums de bien des groupes). Ce virage se manifeste par des intros plus longues (Introtuis et son intro de 2'41 ou encore Underworld et ses 4'54) et des morceaux qui sont très instrumentaux et finalement peu chantés par David Readman.

Cela dit, et j'en ai été le premier étonné, Underworld est davantage chanté que Sanctus Ignis. J'aurais parié mon caleçon que le dernier album d'Adagio était 1/3 chanté et 2/3 joué alors que sur le premier album, c'était du 50/50.
Grossière erreur et j'en veux pour preuve les tableaux suivants :

Underworld :

  David Readman Instruments Durée totale
Next Profundis 2'15 5'24 7'39
Introitus 3'19 4'55 8'14
Chosen 4'28 3'24 7'52
From My Sleep... 2'56 3'41 6'37
Underworld 4'02 9'23 13'25
Promises 3'05 1'58 5'03
The Mirror Stage 3'14 3'17 6'31
Nilfheim   8'09 8'09
Total 23'19 40'11 63'30
Pourcentage 36.7% 63.3%  

Sanctus Ignis :

  David Readman Instruments Durée totale
Second Sight 3'08 2'59 6'07
The Inner Road 3'29 2'18 5'47
In Nomine 2'07 2'58 5'05
The Stringless Violin 2'43 4'19 7'02
Seven Lands Of Sin 4'08 7'34 11'42
Order Of Enlil   4'21 4'21
Snactus Ignis 2'23 1'46 4'09
Panem et Circenses 1'35 3'49 5'24
Immigrant Song   4'55 4'55
Total 19'33 34'59 54'32
Pourcentage 35.8% 64.2%  

Sanctus Ignis est donc plus instrumental, ce qui m'ôte un argument. Cette impression tenace d'un Underworld très instrumental vient de la longueur de ses morceaux. En ôtant les extrêmes, nous avons un Sanctus Ignis qui navigue entre 4'21 et 7'02 alors qu'Underworld se situe entre 6'31 et 8'14. Constatation encore plus simple, alors que Sanctus Ignis faisait 54'36 pour 9 titres, Underworld dure 63'30 pour 8 titres.

Les morceaux d'Underworld étant plus longs et la place réservée au chant restant le même, on a l'impression que les parties instrumentales prennent plus de place et que l'album est donc bien plus instrumental. Bon, en voilà terminé avec cette démonstration relativement inutile qui m'a tout de même donné l'occasion de rendre bancal mon premier reproche. Tout ce temps perdu pour me contredire, faut le faire.

Cela dit, que l'album soit instrumental, en soi, ce n'est pas forcément gênant car la qualité d'Underworld se trouve là. Il n'est pas conventionnel et il donne la part belle à ses musiciens sur la moitié des titres, le trois quart, l'ensemble, sur tout. Fatalement, on a pas l'impression d'écouter le dix-huitième clone grabataire de Helloween et ça, croyez-moi, ça fait du bien. Il y a des orchestrations à tout va, du baroque à la pelle, des arrangements de partout et un déluge permanent de notes.

Seulement voilà, Underworld devient par conséquent bien compliqué. Trop de changements de rythmes, trop d'interventions diverses (surtout venant du piano). Où se trouve le point faible me direz-vous ? Nulle part pour les adeptes de la complexité. Cependant, pour moi, il y en a un. J'y trouve une perte de l'unité musicale et un décalage de la perception de chaque partie (hein ?). Je m'explique. Changer de rythme, changer les mélodies, intervenir sans cesse pour remettre en cause ce qui a été dit juste avant, ça ôte l'évidence de la musique.

Voilà, je pense que là, j'ai trouvé une formule qui me parait correcte pour résumer la totalité de ma chronique : Underworld n'est pas un album évident. Il n'y a rien qui attire immédiatement l'oreille pour qui n'est pas un adepte de la complicité alambiquée des instruments à cordes.

Après l'écoute d'Underworld, on a l'impression de s'être passé l'album de virtuoses qui n'ont pas osé faire un cd entièrement instrumental. Il s'agit souvent d'une guitare et d'un piano qui se répondent et Readman en est réduit à des lignes de chant pas fantastiques. On se retrouve à mi chemin entre la performance sportive et la surenchère technique (ce qui, en y réfléchissant bien, est plus ou moins la même chose) et le chant est délaissé avec des mélodies peu enclines à m'émouvoir, toutes assez proches et rappelant un peu trop l'album précédent.

Au final, Underworld est un album bourré de belles envolées classiques mais reste un projet nébuleux qui mangue d'allégresse et de naturel. Il s'agit d'un album un chouïa trop emphatique et un chouïa trop porté sur les instruments composé par des musiciens qui ont un chouïa voulu trop bien faire.



 
 Chant : David Readman

Guitares : Stephan Forté
Batterie : Dirk Bruinenberg
Basse : Franck Hermanny
Claviers : Kévin Codfert

Sanctus Ignis (2001)