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Je viens de comprendre un truc. Karmakanic, c'est
un mélange entre Karma et mécanique.
Mécanique m'était venu immédiatement
mais Karma, je ne l'avais pas vu. Pourtant, karma
est écrit en entier et pas mécanique.
Enfin, peu importe.
Alors, Karmakanic est un groupe de prog mineur
qui n'a pas inventé le solo de mellotron.
Si j'en fais une grosse chronique et pas une chronique
express, c'est parce que cet album est amusant.
Le premier Karmakanic, je m'en souviens comme si
c'était hier.
Le premier, donc, s'intitulait Entering The Spectra.
Alors que j'étais à La Seyne sur Mer,
la plus belle cité de l'univers, je l'avais
écouté attentivement. Karmakanic,
ça valait pas grand-chose. Deux titres étaient
bons et le reste foutait mal au crâne. Et
cet imbécile de Passepartout qui met 6/10
à l'album. Il est sourd ce type, c'est pas
possible.
Mon écoute des premiers morceaux de cet
album a été pour le moins comique.
Si le métal a son lôt de clones, des
gars qui, non content d'être dénués
de talent, sont incapables de copier intelligemment
une musique et se contentent d'en reprendre des
passages note pour note, le prog n'avait pas (trop)
ce genre de groupe. Evidemment, les Spock's Beard
et autres Transatlantic avançaient tambour
battant avec un il dans le rétro pour
ne pas rater la moindre descente de manche de Steve
Howe. Mais avec Karmakanic et Wheel Of Life, on
franchit un cap. Attention messieurs les copieurs,
là, vous avez trouvé votre maître.
Déjà, pour commencer, la pochette
a un petit quelque chose de Liquid Tension Experiment.
L'original était un défi au bon goût,
la copie est un peu moins laide. Ça a le
mérite de donner le ton. Mais là où
Karmakanic fait plus fort que les copieurs habituels,
c'est que eux, ils copient ceux qui copient. Voyez
plutôt :
Masterplan Part 1, c'est dans le style Neal Morse
qui aurait écouté John Lennon et qui
jouerait pour Flower Kings. C'est une somme de tics
qui étaient déjà des tics en
1975. Sans compter le solo du plus froid des claviéristes,
Richard Anderson (ex-Majestic, ex-Adagio, ex-cusez
le) et le tout sur 14'39. La pochette foutait le
trouille, la première chanson confirme. Nous
allons passer un sale moment. Mais franchement,
soit dit entre nous, n'est-ce-pas génial
de se taper un mauvais album de temps en temps,
juste pour s'amuser ?
Voyons donc le deuxième titre, Alex In Paradise.
Même trip mais sur 5'07. Du prog tout ce qu'il
y a de plus pur, genre " je suis bloqué
en 1971, aidez moi !! ". Pareil pour At The
Speed Of Light qui vole volontiers le son de clavier
de Rick Wakeman sur Tormato. Disons que Karmakanic,
c'est Spock's Beard qui n'aurait aucune bonne idée.
Oui, c'est terriblement insultant. Si ce n'est le
solo de guitare plutôt bien envoyé,
c'est vraiment frappant sur ce troisième
morceau.
Do U Tango, c'est une intro insupportable qui sonne
70's à mort. Ensuite, un gars compte car
Karmakanic n'avait pas encore copié Philip
Glass. Donc, voilà, cet instrumental est
le point d'orgue de la médiocrité
de cet album. Ensuite, plus rien ne peut plus être
comme avant. D'ailleurs, plus rien n'est comme avant.
Oui, Karmakanic va enfin relever la tête.
When Earth Meets The Sky est le preuve que le tableau
n'est pas totalement noir. Il est bien sombre, je
vous l'accorde. Mais il y a un peu de lumière,
là, en bas, cachée. Bon, évidemment,
l'intro est sympa mais bien trop longue (plus de
3'00). Ensuite, c'est une bonne guimauve bien mièvre
comme je les aime. Après, à 6'54,
il y a un break jazzy, un peu de planant à
8'42 et de l'insupportable jazz-rock à 10'40
(l'aspect le plus horrible du prog) jusqu'à
la fin. Ce titre est finalement moyen car trop long
et avec trop de mauvaises idées qui gachent
les bonnes. Ça ne défriserait pas
Robert Fripp, c'est sûr, mais n'oublions pas
que ça fait presque 30 minutes que nous souffrons.
Ensuite, Hindby est un autre instrumental qui fait
parfois penser à du Gilmour (Oui, Dave, le
meilleur ami de Roger Waters).
Wheel Of Life, oh, quoi, mon dieu, Sing For The
Day ? Ah non, ouf, j'ai eu peur. L'espace de deux
notes, j'ai cru que Karmakanic faisait une reprise
de Styx. Putain, les sueurs froides ! En fait, ils
ne font que faire du Flower Beard, l'honneur est
sauf. Ici, comme ça a été le
cas dans la troisième chanson, le solo de
guitare est bon. Il est horriblement pompé
sur du David Gilmour, ça en devient désolant,
mais il reste bon. A nouveau la basse style Terje
Rypdal et un passage jazzy puis la flute, etc.
Mais voici déjà le dernier morceau,
la seconde partie de The Masterplan. Le début
fait un peu penser à du Dream Theater. En
fait, j'ai l'impression d'avoir déjà
entendu ce morceau mais impossible de dire sur quoi
c'est copié. Je crois que rien ne peut m'énerver
davantage que de ne pas retrouver le titre d'une
chanson quand j'ai la mélodie en tête.
En plus, là, je l'ai bien plus qu'en tête,
Karmakanic me la joue. Si vous trouvez (à
partir de 0'57) dites le moi. Enfin, bon, ce Masterplan
part 2, contrairement aux autres titres de cet album,
n'a pas le son d'un vieux vinyle sorti en 1969.
Du coup, c'est ma chanson préférée
de Wheel Of Life. Deux paroles, un solo de gratte
(de Roine Stolt, gratteux de... Flower Kings) et
voilà. C'est pas compliqué tout de
même.
En conclusion, cet album est indéniablement
ennuyeux. Les seuls qui pourront l'écouter
sont ceux qui ont découvert le prog ce matin
après avoir rêvé de façon
inexplicable de la voix haut perchée de Jon
Anderson ou bien quelques quincagénaires
qui ont oublié qu'ils n'ont plus vingt ans.
Sinon, franchement, je vois pas. Tout a déjà
été dit des centaines de fois par
d'autres, il y a plus de 30 ans et en mieux.

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