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KARMAKANIC
Wheel Of Life

Genre : Néo Prog
Année : 2004

Masterplan (Part 1)
Alex In Paradise
At The Speed Of Light
D
o U Tango ?
Where Earth Meets The Sky
Hindby
Wheel Of Life
Masterplan (Part 2)

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Je viens de comprendre un truc. Karmakanic, c'est un mélange entre Karma et mécanique. Mécanique m'était venu immédiatement mais Karma, je ne l'avais pas vu. Pourtant, karma est écrit en entier et pas mécanique. Enfin, peu importe.

Alors, Karmakanic est un groupe de prog mineur qui n'a pas inventé le solo de mellotron. Si j'en fais une grosse chronique et pas une chronique express, c'est parce que cet album est amusant. Le premier Karmakanic, je m'en souviens comme si c'était hier.

Le premier, donc, s'intitulait Entering The Spectra. Alors que j'étais à La Seyne sur Mer, la plus belle cité de l'univers, je l'avais écouté attentivement. Karmakanic, ça valait pas grand-chose. Deux titres étaient bons et le reste foutait mal au crâne. Et cet imbécile de Passepartout qui met 6/10 à l'album. Il est sourd ce type, c'est pas possible.

Mon écoute des premiers morceaux de cet album a été pour le moins comique. Si le métal a son lôt de clones, des gars qui, non content d'être dénués de talent, sont incapables de copier intelligemment une musique et se contentent d'en reprendre des passages note pour note, le prog n'avait pas (trop) ce genre de groupe. Evidemment, les Spock's Beard et autres Transatlantic avançaient tambour battant avec un œil dans le rétro pour ne pas rater la moindre descente de manche de Steve Howe. Mais avec Karmakanic et Wheel Of Life, on franchit un cap. Attention messieurs les copieurs, là, vous avez trouvé votre maître.

Déjà, pour commencer, la pochette a un petit quelque chose de Liquid Tension Experiment.

L'original était un défi au bon goût, la copie est un peu moins laide. Ça a le mérite de donner le ton. Mais là où Karmakanic fait plus fort que les copieurs habituels, c'est que eux, ils copient ceux qui copient. Voyez plutôt :

Masterplan Part 1, c'est dans le style Neal Morse qui aurait écouté John Lennon et qui jouerait pour Flower Kings. C'est une somme de tics qui étaient déjà des tics en 1975. Sans compter le solo du plus froid des claviéristes, Richard Anderson (ex-Majestic, ex-Adagio, ex-cusez le) et le tout sur 14'39. La pochette foutait le trouille, la première chanson confirme. Nous allons passer un sale moment. Mais franchement, soit dit entre nous, n'est-ce-pas génial de se taper un mauvais album de temps en temps, juste pour s'amuser ?

Voyons donc le deuxième titre, Alex In Paradise. Même trip mais sur 5'07. Du prog tout ce qu'il y a de plus pur, genre " je suis bloqué en 1971, aidez moi !! ". Pareil pour At The Speed Of Light qui vole volontiers le son de clavier de Rick Wakeman sur Tormato. Disons que Karmakanic, c'est Spock's Beard qui n'aurait aucune bonne idée. Oui, c'est terriblement insultant. Si ce n'est le solo de guitare plutôt bien envoyé, c'est vraiment frappant sur ce troisième morceau.

Do U Tango, c'est une intro insupportable qui sonne 70's à mort. Ensuite, un gars compte car Karmakanic n'avait pas encore copié Philip Glass. Donc, voilà, cet instrumental est le point d'orgue de la médiocrité de cet album. Ensuite, plus rien ne peut plus être comme avant. D'ailleurs, plus rien n'est comme avant. Oui, Karmakanic va enfin relever la tête.

When Earth Meets The Sky est le preuve que le tableau n'est pas totalement noir. Il est bien sombre, je vous l'accorde. Mais il y a un peu de lumière, là, en bas, cachée. Bon, évidemment, l'intro est sympa mais bien trop longue (plus de 3'00). Ensuite, c'est une bonne guimauve bien mièvre comme je les aime. Après, à 6'54, il y a un break jazzy, un peu de planant à 8'42 et de l'insupportable jazz-rock à 10'40 (l'aspect le plus horrible du prog) jusqu'à la fin. Ce titre est finalement moyen car trop long et avec trop de mauvaises idées qui gachent les bonnes. Ça ne défriserait pas Robert Fripp, c'est sûr, mais n'oublions pas que ça fait presque 30 minutes que nous souffrons.

Ensuite, Hindby est un autre instrumental qui fait parfois penser à du Gilmour (Oui, Dave, le meilleur ami de Roger Waters).

Wheel Of Life, oh, quoi, mon dieu, Sing For The Day ? Ah non, ouf, j'ai eu peur. L'espace de deux notes, j'ai cru que Karmakanic faisait une reprise de Styx. Putain, les sueurs froides ! En fait, ils ne font que faire du Flower Beard, l'honneur est sauf. Ici, comme ça a été le cas dans la troisième chanson, le solo de guitare est bon. Il est horriblement pompé sur du David Gilmour, ça en devient désolant, mais il reste bon. A nouveau la basse style Terje Rypdal et un passage jazzy puis la flute, etc.

Mais voici déjà le dernier morceau, la seconde partie de The Masterplan. Le début fait un peu penser à du Dream Theater. En fait, j'ai l'impression d'avoir déjà entendu ce morceau mais impossible de dire sur quoi c'est copié. Je crois que rien ne peut m'énerver davantage que de ne pas retrouver le titre d'une chanson quand j'ai la mélodie en tête. En plus, là, je l'ai bien plus qu'en tête, Karmakanic me la joue. Si vous trouvez (à partir de 0'57) dites le moi. Enfin, bon, ce Masterplan part 2, contrairement aux autres titres de cet album, n'a pas le son d'un vieux vinyle sorti en 1969. Du coup, c'est ma chanson préférée de Wheel Of Life. Deux paroles, un solo de gratte (de Roine Stolt, gratteux de... Flower Kings) et voilà. C'est pas compliqué tout de même.

En conclusion, cet album est indéniablement ennuyeux. Les seuls qui pourront l'écouter sont ceux qui ont découvert le prog ce matin après avoir rêvé de façon inexplicable de la voix haut perchée de Jon Anderson ou bien quelques quincagénaires qui ont oublié qu'ils n'ont plus vingt ans. Sinon, franchement, je vois pas. Tout a déjà été dit des centaines de fois par d'autres, il y a plus de 30 ans et en mieux.


 Chant : Göran Edman
+ Ola Hedén, Inger Ohlén
Guitares : Krister Jonzon, Roine Stolt
Batterie : Zoltan Csorsz
Basse : Jonas Reingold
Claviers : Jonas Reingold, Richard Anderson, Tomas Bodin, Jakob Karlzon
Percussions : Hans Bruniusson, Helen Melin, Sal Dibba
Flute : Helge Albin