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8 heures avec Shaman

Concert Shaman - Mob Rules
L'Elysée Montmartre, Paris, 14 décembre 2002

 

AVANT PROPOS

Tout commence par le train. 3h30 de trajet, dos à une porte qui n'a cessé de s'ouvrir et aux côtés d'une charmante femme dont le violon d'Ingres était la psychologie des tueurs en série. Mais dans la violence et la noirceur de ce monde de psychopathes, elle était également sensible aux bonzaïs, petits êtres fragiles et vraiment déprimants. Le trajet a été rapide, entre deux mots croisés que j'ai été incapable de terminer et un petit somme dérangé par un grand monsieur avec une casquette dont la jouissance ne passe que par le trouage des billets de train. Arrivé à Paris, il fait froid. Disons qu'il fait la même température qu'à Montpellier, au moment où j'en suis parti. Il est donc tout à fait évident de dire qu'à Paris à 14h, il fait la même température qu'à Montpellier à 8h du matin. Mais peu importe me direz-vous.


Voici l'intérieur du TGV. Il me semble avoir un peu tremblé.

Je me plante donc devant le Train Bleu. Armé de mon téléphone portable qui ne marche pas, j'attends impatiemment Garth et Behe qui doivent venir me chercher. Oui, je suis tout petit et il faut venir me chercher à la gare sinon je pleure en tapant des pieds. Et justement, les voilà qui pointent le bout de leur nez, devant le Train Bleu (mais de l'autre côté, car il y a deux entrées. Je le saurais la prochaine fois) et sous un ciel menaçant. Que c'est beau.
La prochaine étape est simple, il nous faut trouver à manger. Direction la demeure de Garth, quelque part près du Père Lachaise, " le vieux bonhomme qui était toujours assis ". Garth s'autorise d'ailleurs quelques jeux de mots et autres blagues dans le métro. Je n'oserais en répéter aucune si ce n'est "Shaman, l'homme chat". Je crois qu'avec ceci, il peut révolutionner le monde de l'humour. Nous arrivons finalement chez lui, posons nos sacs et retournons dans la rue. Garth fait vite un rapide coucou à belle maman et nous rejoint, Behe et moi, sur un trottoir grisâtre. D'ailleurs, à Paris, tout est grisâtre. Téléphone ! C'est Arion. Il est devant l'Elysée Montmartre et vient de voir passer André Matos. Il n'est donc aucunement question pour nous de planter la tente sur ce putain de trottoir. Direction le métro et l'Elysée Montmartre, nous mangerons sur place.
Nous arrivons finalement sur les lieux. Les couloirs du métro sont toujours insalubres et les gens qui le fréquentent me foutent la trouille pour la plupart. Arion nous attendait et nous partons tous les quatre au McDo, haut lieu de la restauration rapide capitaliste. Un mauvais choix de file d'attente et 7 gares du Nord et place Pigalle plus tard, nous retournons à l'Elysée Montmartre dans lequel nous pénétrons sans problème.

PARTIE I - LE SOUNDCHECK

L'intérieur de la salle est relativement vide. Nous posons nos vestes (et nos sacs) au fond et sortons les appareils photos. Assister aux balances de Shaman, voilà bien une chose que je ne raterais pas pour un pétard. Armé de mon Nikon, je me déplace à loisir dans la salle, prenant une photo de Garth qui prend en photo un gars qui prend en photo Ricardo Confessori, André Matos qui scotche son micro et toutes autres photos indispensables.


Ricardo Confessori à la baguette.

J'en profite également pour discuter un peu avec diverses personnes, entre quelques serrages de mains des frères Mariutti. J'assiste à la révélation d'André Matos, avouant à un Will proche de l'implosion que le site de Shaman français est meilleur que le brésilien. Mais cessons ces apartés et passons à la suite. En vue de l'achat d'un t-shirt, Garth, Behe et moi sortons alors de la salle en quête d'un distributeur. Nous rencontrons d'ailleurs au passage deux sympathiques bretons. Puis, chose étonnante pour une capitale, il semble qu'il n'y ait qu'un seul distributeur à Paris ! Prenant notre mal en patience, nous attendons sagement que vienne notre tour. Garth retire 40 euros (non, je n'ai pas eu le temps d'apercevoir son code) et moi, cette satanée machine m'en empêche, me réduisant ainsi à 20 euros. J'ai même cru un instant qu'il me restait moins de 40 euros sur mon compte. Moi qui suis traité de vieux grigou toutes les cinq minutes, je me sentirais mal si j'avais aussi peu d'argent sur mon compte. Comme quoi, les machines sont parfois aussi fourbes que moi. Nous revenons donc sur nos pas et Garth et Behe s'arrêtent à nouveau sur le parvis de Notre-Dame… hum… de l'Elysée Montmartre. Moi, fier, je continue et me jette sur l'escalier. Mais malheur à moi qui viens de quitter mon multipass. Au sommet dudit escalier, je tombe sur Roger (à ne pas confondre avec OG). Ce dernier m'invite donc à regagner ma place dans cette rue malsaine car la salle n'est pas encore ouverte. Ce qu'il dit est vrai ! Damned, que faire ? Attendre Garth ou bien tenter de faire valoir mes droits au demeurant fort légitimes ? J'opte pour la deuxième solution, des trémolos dans la voix comme si je me trouvais face au jury de Popstars.
- Je suis le webmaster du site officiel d'André Matos, dis-je (à noter l'absence de la nationalité de mon site. Probablement ma pernicieuse nature aura voulu me donner plus d'importance).
Regard à la fois scrutateur et dubitatif du dénommé Roger.
- C'est bon, fit-il en m'invitant à passer.
Je le remercie d'une virile poignée de main, comme je l'aurais fait avec Bruno Vandelli si ce dernier n'avait pas été une femme. Bruno Vandelli est un homme ? Autant pour moi.
Je retourne donc dans la salle, comme si de rien n'était avec l'intime certitude que plus jamais à l'avenir je me déplacerais sans un membre du site shaman.fr.st.
Puis vient le moment du soundcheck à proprement parler. Ainsi, Shaman joue sous mes yeux de gamin trop gâté, Distant Thunder et Here I Am. Cette dernière que mon cousin a d'ailleurs eu le privilège d'entendre dans son intégralité par téléphone. La qualité sonore ne devait pas être exceptionnelle mais je me souviens tout de même d'une publicité montrant un homme (un couple ?) écoutant un récital (un opéra) avec leur téléphone portable parce qu'ils n'avaient pas pu y assister. Et comme ma naïveté m'empêche de croire qu'il existe des publicités mensongères, je dirais que mon cousin a eu une parfaite version du morceau. Mais tout ceci se termine et je sens d'ores et déjà une larme couler sur mes joues car vient le moment de la rencontre avec le groupe. Moi, je m'en moque, puisque je l'ai déjà rencontré, AH ! AH ! AH !
Mais trêve de plaisanteries.
Il est alors 17h ou 17h30 (à quoi bon se torturer pour une demi-heure ?) et il est l'heure de convier les grands gagnants du concours.


Les gagnants du concours qui attendent depuis 3 plombes.

Roger s'enquit donc de savoir combien de personnes seront présentes pour cette rencontre. Garth, plus gêné que s'il avait été en slip sur les Champs Elysées donne un chiffre de départ de 5, conscient qu'il est extensible à 65 tant il y a eu des fuites. Ah non, vraiment, tous ces gens qui sont là parce qu'ils sont les potes des potes d'un pote qui a été invité, je trouve tout cela déplorable ! Alors que moi, par exemple, je suis… hum, bon, passons. Malgré cette situation plus prenante qu'un film de Fritz Lang, tout se déroule comme prévu, Will et Behe allant chercher les heureux élus. Quant à moi, je ne lâche pas Garth d'une semelle et c'est ainsi que j'assiste à la relative décrépitude de ce dernier. Car la rencontre ne se déroule pas à 17h30, pas même à 18, tout juste à 18h30 avec en fond, le soundcheck de Mob Rules qui nous balance des intros de Deep Purple à l'orgue. Mais que se passe-t-il donc pour que, justement, rien ne se passe ? Eh bien personne ne le sait. Tout le monde semble occupé, débordé, overbooké et Garth est bien seul avec moi comme unique réconfort, ce qui ne représente pas grand-chose. Will demande à Behe où on en est et il répond qu'il ne le sait pas. Behe me demande où on en est et je lui réponds que je ne sais pas. Je demande à Garth où on en est et il me répond qu'il ne sait pas. Personne ne sait et la chose prend une étonnante tournure.
Mais je vous vois, trépignant sur vos chaises. Que s'est-il finalement passé ? Eh bien cette attente n'a pas été totalement inutile car elle m'a permit de parler à André. Discussion sur le son du groupe durant les balances qu'il aurait souhaité plus puissant. Et moi de lui répondre que dans le sud, le son est toujours pourri et que fatalement, là, je l'avais trouvé très bon. Voilà, à présent, nous savons pourquoi il n'y a jamais de concert dans le sud de la France. C'est parce que je monte jusqu'à Paris pour dire à André Matos que les salles sudistes sont mauvaises ! Puis André disparaît car il est attendu pour une interview. Et le temps passe inexorablement jusqu'à ce qu'arrive, enfin, l'heure de cette satanée rencontre.

PARTIE II - LA RENCONTRE

Après quelques millénaires d'attente, les gentils vainqueurs du tirage au sort arrivent au bar. Puis viennent les musiciens sous les mirettes brillantes des fans. D'ailleurs, je pense que les yeux de l'un d'entre eux en disaient long. Je me suis d'ailleurs surpris en train de fixer son regard plutôt que Luis Mariutti qui est déjà juste à côté de moi. Suis-je donc sans cœur pour ne plus avoir l'espièglerie du fan ? Bordel ! Enfin, on se serait presque cru au Virgin le jour de la visite des finalistes de la Star Academy. Je vous déconseille d'ailleurs d'aller acheter un album de métal un jour comme ça, sans quoi vous pourriez repartir avec une photo dédicacée de Houcine. Donc, disais-je, la rencontre se passe bien et Garth et ses acolytes semblent pleinement satisfaits du résultat. Ils laissent d'ailleurs leur place aux fans, se voyant mal monopoliser le groupe alors qu'ils le côtoient depuis maintenant plus de trois heures. Quant à moi, je ne laisse que la moitié de ma place, subtilisant quelques stylos pour me faire gribouiller mon livret de Ritual et prenant moultes photos. Ma fourberie n'a donc aucune limite ? Si, nous le verrons plus tard (histoire de garder le lecteur en haleine). A noter également, chers amis, les boissons gratuites. Evidemment, les bières s'en sont allées en 27 secondes et Behe et moi nous voyons bien dépourvu lorsque, tout le monde parti, nous avons finalement soif. Que nous reste-t-il ? Un fond de jus d'orange que nous nous partageons.


Hugo surpris en train de finir la dernière bière. A noter la présence, à gauche, de Will et André. Et à droite, de dos, Garth.

Et tout à coup, alors que les évènements conviviaux forçaient le respect, on se serait cru dans un camp de prisonnier nord coréen en 1951 avec un videur au physique peu enclin à l'épanchement sentimental, dans le style méchant sergent instructeur. Ce dernier nous somme donc de déguerpir au plus vite avant qu'il ne se fâche. Et ce genre de gars qui se fâche, ça me fait déjà mal aux oreilles. Nous nous dirigeons donc malgré nous vers le petit escalier (là, à droite) pour rejoindre la foule. Soudain, le gueulard en question, plus sympathique qu'un ayatollah colérique nous dit :
- Non, vous passez pas par là, ni par là et je ne veux plus voir ces vestes et ces sacs, bordel ! Bande de véreux !
- Mais si on ne peut pas accéder aux vestes, comment peut on les enlever ? (vous reconnaissez bien là ma légendaire perspicacité).
- Rien à foutre, si elles n'ont pas disparu dans 10 minutes, elles sont à moi.
Je me permets d'ouvrir un aparté pour faire l'inventaire de ce qu'aurait gagné ce sinistre individu s'il avait, comme il se plaisait à nous le dire (avec forces menaces), gardé mes affaires. Tout d'abord, il aurait récupéré mon appareil photo numérique. Puis mon portefeuille (avec ma carte de crédits et ma menue monnaie) et mon téléphone portable. Et aussi mes clés, m'empêchant de rentrer chez moi le lendemain et finalement, ma carte de bus de Montpellier qui a pour moi une énorme valeur sentimentale. Maintenant, considérez qu'il y avait 5 ou 6 blousons et 2 sacs, de quoi arrondir les fins de mois. Mais je vais laisser à son triste sort ce personnage car j'aurais encore l'occasion d'en parler. Autant le service de sécurité Provençal ne brille pas toujours par son intelligence mais là, en terre parisienne, je crois qu'on touche le fond.
Et c'est à ce moment que j'ai senti une montée d'André et Aline car Dan, déguisé en Mike Portnoy (bien qu'il nie toute ressemblance), me demande sa veste. Mais mon Dieu, comme vais-je faire ? Je panique quasiment alors que Behe, flegmatique à souhait, dégage autant de calme que John Steed himself. Et c'est justement à cet instant qu'arrive OG. Il est possible que je me trompe tant la situation était périlleuse mais ma mémoire me fait apparaître un OG.
- Vous avez qu'à les prendre par là ! Dit-il.
Et ce dernier se penche par-dessus une frêle barrière de bois et attrape lesdites vestes. Behe et moi y allons, prenons un maximum de vestes (inclus celle de Dan) et là, apparaît notre sauveur. D'aucuns l'imaginent brun avec une barbe. Le nôtre était blond et élancé tel un athlète russe période guerre froide sans la blancheur du teint scandinave mais avec bien plus de sympathie. Il arriva, descendit avec nous, et s'arrêta où se trouvaient une foule de ses disciples, et une multitude de peuple de toute la France (et même de Russie. Comme quoi, tout est lié). Ils étaient venus pour écouter Shaman et Behe et moi cherchions en lui la guérison de nos maux. Alors, notre sauveur, levant les yeux sur nous, dit : Heureux vous qui portez les vestes d'autrui, car le vestiaire est à vous ! Ensuite, notre sauveur a pourfendu la foule et a marché, annonçant la bonne nouvelle. Nous autres, ses apôtres, le suivirent jusqu'au vestiaire où il s'arrêta. A l'écart, ayant avec lui ses disciples, il leur fit cette question : Qui dit-on que je suis ? Je répondis : Moïse (à tout hasard), les autres dirent : le gars qui s'occupe du vestiaire ! et il se fâcha. Puis il dit à tous : Est-ce que j'ai une tête à m'occuper du vestiaire ? Et se tournant vers Behe et moi, il nous dit en particulier : Vous reprendrez vos affaires après le concert, gros coquins que vous êtes. Puis il disparut comme il était venu à nous.


L'entrée du public, juste avant la rencontre avec notre sauveur.

PARTIE III - MOB RULES

Heureux d'avoir rencontré un aussi aimable individu, Behe et moi nous plaçons un peu à l'écart pour Mob Rules. Ces derniers qui me sont totalement inconnus nous livrent un métal festif bien que fichtrement répétitif et convenu. Une marge du public apprécie la musique et tout le monde note les facéties du chanteur avec une langue pendante et un pantalon à la capitaine Kirk. Comme il n'est pas toujours très évident d'apprécier des morceaux qu'on ne connaît pas, je me suis contenté de secouer frénétiquement la tête tout en faisant quelques grimaces. C'est ainsi que je fais pour faire croire aux personnes qui m'entourent que je m'amuse vraiment. De cette très relativement agréable première partie, il me reste, 5 jours après, un passage celtique étonnant durant lequel Garth m'a invité à danser une gigue endiablée. Sans oublier l'introduction de la dernière chanson qui fait encore sourire Behe, durant laquelle le chanteur nous annonce "a classic one". Nous nous attendions à une reprise de Deep Purple (en référence à l'orgue citée précédemment) mais en réalité, la phrase complète était la suivante "a classic one from our first album". Et fatalement, je ne la connaissais pas non plus.

PARTIE IV - L'ENTRE DEUX

L'entre-deux a vu chez Garth, Behe et moi, un replacement stratégique en vue du passage de Shaman. Evidemment, nous n'allions pas rester tout à gauche pour ne rien y voir, ne pas entendre grand-chose et ne pas profiter au maximum de l'ambiance. Comme mon dos commence à me faire étonnamment souffrir, je décide "de me faire petit" et ainsi soulager ma douleur. Et je reste comme ça, accroupi aux pieds de Behe jusqu'à ce que dernier ne m'interpelle de la sorte :
- Hey, tu vois là, je crois que c'est Fatima !
Telles ont été ses paroles. Je lève donc la tête pour voir Fatima quillée contre les baffles. Behe me propose ensuite, car toujours très convivial, d'aller la voir car elle doit se trouver avec une horde de membres du forum de SOS. Je lui réponds avec mon mal de dos :
- Wooooaaa, on aura le temps de les voir après le concert. Je ne me sens pas de me faufiler à travers cette foule dense et antipathique.
Mais Behe n'est pas du genre à baisser les bras et parvient, lors d'un second essai, à me faire bouger. Nous contournons donc une foule gluante et inquiétante pour nous retrouver nez à nez avec un Yogi et un Silk. Ces derniers ont sorti leur t-shirt Symphony X, comme promis. J'aperçois dans une demi pénombre Aline et Claudie que je serais bien incapable de reconnaître à l'heure actuelle tant elles se trouvaient... dans une demi pénombre. Quant à Fatima, elle sourit comme Fatima. Et Concerto, je me souviens lui avoir dit d'un ton réprobateur :
- Tu as peur, c'est pas bien !
Mais là, j'ai faim, alors je ne me souviens plus du tout pourquoi je lui ai dit ça. Nous nous donnons un très vague rendez-vous après le concert puis Behe et moi retournons auprès de Garth qui s'est trouvé un emplacement plutôt bon. Un gars bien caché prend alors un micro et fait passer une annonce dont l'aspect hautement comique ne nous apparaît alors qu'à moitié. La voix nous dit qu'un téléphone portable a été perdu et que ça serait sympa de le ramener au bar. Ou bien, éventuellement, si le voleur est juste un collectionneur, qu'il ait l'obligeance de rendre la puce. Sur le coup, cette demande m'a semblé absurde et cocasse. Franchement, si tu piques un portable, tu ne vas pas te déplacer pour donner la puce, histoire de te faire casser la gueule par quatre gars musclés qui se douteront (bien qu'étant idiots comme des rideaux de douche) que la personne qui rend ladite puce est celle qui a également le téléphone. La sécurité est donc composée de gros débiles mais nous y reviendrons…. encore. Mais voici que les lumières s'éteignent.

PARTIE VI - SHAMAN

Mais qu'ouis-je ? Ancien Winds, évidemment. Pour ma part, je regrette un peu le thème d'Armageddon de Trevor Rabin. Evidemment, c'est le Ritual tour et il serait idiot de mettre deux intros à la suite mais quand même, je trouve que cette compo de Rabin (qui n'est, à priori, pas juif) a le don de me transcender. Le groupe entre ensuite sur scène pour les deux morceaux que j'avais eu le privilège d'entendre quelques heures plus tôt. Shaman enchaîne ensuite sur Time Will Come et For Tomorrow avec André qui joue (?) de la flûte de pan. Le ton est donné d'emblée avec ces 4 morceaux ritualiens. Puis vient le temps d'Angra avec Wings Of Reality et l'étonnamment couillu Lisbon qui reste pour moi l'un des meilleurs morceaux de ce concert. Le toujours très charismatique André Matos s'amuse comme un gosse et prend la pose à chaque accord de piano (aussi simpliste soit-il). Il en profite pour solliciter les autres membres du groupe. Hugo Mariutti en premier lieu, avec lequel André semble avoir une réelle complicité. Fabio Ribeiro aux claviers, rejoint pour un solo. Ricardo Confessori aux affriolantes dreadlocks et bien sûr le gros nounours Luis " Jésus " Mariutti, qu'André n'oublie pas de taquiner, sous les regards amusés et les rires du public.


Un claviériste en rouge.

Le concert se déroule ainsi, bon enfant, avec des interventions matosiennes dans son français si caractéristique. Nothing To Say et Over Your Head soulèvent l'Elysée Montmartre, Fairy Tale est lyrique à souhait et Pride termine de nous achever. C'est à genoux de fatigue et la gorge en feu que j'accueille le premier rappel de Shaman. Fabio Ribeiro nous annonce le morceau Ritual que j'aurais volontiers remplacé par Blind Spell. Puis vient le Burn de Deep Purple que le public semble mieux connaître que la chanson suivante, Living For The Night. André Matos a d'ailleurs bien du mal à obtenir de "l'aïde" étant donné le peu de voix qui se sont élevées pour lui répondre. Moi-même qui peux me targuer d'être fan, j'avoue avoir baragouiné des choses plus ou moins inaudibles car me souvenir de certaines paroles relève parfois pour moi de la pure utopie communiste. Un peu comme garder en tête la date de la paix de Westphalie. Pourtant, c'est simple, c'est 1648… ah tiens, je m'en souviens cette fois. Mais le concert n'est pas terminé. Car Shaman nous revient une dernière fois pour le jouissif Carry On, exécuté de mains de maîtres par les 5 musiciens. Personnellement, je suis sous le charme et physiquement, j'ai un pied dans la tombe. Oui, en temps normal, il m'est très difficile de rester debout 2 heures sans avoir l'impression que ma colonne vertébrale est en quatre parties distinctes. Et là, je cours à droite et à gauche depuis 7 heures. Ca vous donne une idée de ma santé à cet instant précis, alors que Shaman vient saluer son public et que quatre tordus se roulent par terre depuis 35 minutes pour récupérer une baguette de Ricardo.

Set List

Ancient Winds
Here I Am
Distant Thunder
Time Will Come
For Tomorrow
Wings Of Reality
Lisbon
Nothing To Say
Over Your Head
Fairy Tale
Pride
Ritual
Burn
Living for the Night
Carry On


Luis illuminé.

PARTIE VII - L'APRES CONCERT

La sortie du concert va se révéler à nouveau épique. Garth tente, tant bien que mal de trouver OG alors que quelques individus droits comme des piquets nous poussent dehors bien que nous ne fûmes là que par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. Ces individus ont fait preuve d'une compréhension qui me parait relativement abstraite, mais bon… comme on dit, ils ne font que leur boulot. Les prévisions prennent finalement l'eau et tout le monde quitte la salle. En sortant, nous avons droit à un étrange rituel (ritual en anglais) que les gens comme moi ignorent. Cette coutume consiste à fouiller les gens à la fin du concert. Il fut un temps où on fouillait à l'entrée mais de nos jours, vous savez, plus rien ne fonctionne comme il faut. Un peu comme lorsque j'entre dans une boutique de lingerie (c'est assez fréquent car je suis un gros pervers) et que je fais sonner tout le magasin. Car il est évident que j'essaye systématiquement de faire entrer des soutiens-gorge en fraude dans des boutiques où on les achète, bordel ! Mais revenons à nos moutons. Deux (ou trois) gars avaient décidé de fouiller tout le monde pour retrouver le téléphone dont nous parlions tantôt. Evidemment, ce téléphone appartenait à un membre de la sécurité. S'il avait appartenu à un pauvre fan, ils l'auraient maudit sur 25 générations en lui faisant des bras d'honneur. Tout le monde passe donc entre les mains expertes de ces charmants individus qui sont à la fouille ce que les thaïlandaises sont au massage. Même moi dont la virilité n'est plus à prouver, je suis obligé de me soumettre à cette étrange tradition. Et comme la chance est toujours de mon côté, je tombe sur un grand facétieux pour lequel mon accent est indubitablement canadien. Oui, je viens des rives du St Laurent où gambadent gaiement les mouflons… pauvre con ! Finalement, je n'ai pas volé le téléphone en question et je peux enfin sortir. Voici une fouille qui restera dans les anales (ah ! ah !).
Dehors, il fait froid, évidemment et je me fais héler par un Yogi. Ce dernier m'apprend que la SOS team va au McDo, haut lieu de la restauration, etc. Je lui réponds que je vais rester un moment avec Garth et Behe. Ces derniers, entourés d'Arion et Will, attendent que descende Shaman pour faire dédicacer, autographier et signer leurs précieux livrets. Oui, souvenez-vous, lors de la rencontre, ils étaient restés volontairement de côté pour laisser la place aux autres, en grands seigneurs. Et bien l'honnêteté et la morale se payent toujours un jour ou l'autre et c'est par une température polaire (pour un marseillais du Québec), la voix éraillée, le dos cassé en deux et les jambes en compote que nous plantons tel des santons devant l'Elysée Montmartre. Une heure après (environ), Shaman arrive enfin. Une heure d'attente faite d'un coup de carton sur le coin de la gueule pour moi et d'une blague pour Will que je vous donne in extenso :
Gars qui passe dans la rue : Il se passe quoi là ?
Will : C'est une soirée gays, lesbiennes… un peu SM aussi.
Gars : Et vous êtes tous pédés là ?
Behe (montrant Will du doigt) : Lui, il est plutôt lesbienne.
Donc, le groupe arrive et la foule composée d'une vingtaine de personnes se jette sur lui. En ce qui me concerne, je n'ai besoin que d'une dédicace spéciale d'André car, paradoxalement, il ne me manque que lui. J'y arrive finalement, profitant à nouveau du stylo de quelqu'un d'autre, Behe me prend en photo avec André et je sors de la cohue. A présent, je n'ai que deux envies : boire et m'asseoir. Et où peut on boire et s'asseoir ? Dans un bar à putes, oui, effectivement. Mais il ne s'agit pas de cela. Je vous donne un indice : Un bar à putes mais pour le bas peuple et sans les putes… tic… tac… tic… tac… Oui, le MacDo ! Bien joué. Vous avez gagné mon mépris le plus profond. Je me dirige donc vers ce haut lieu de, etc. Là, occupant étrangement la place que nous avions en début d'après midi, la SOS team a terminé son repas hautement gastronomique et discute de choses et d'autres. La même chaîne culturelle passe sur toutes les télévisions, TF1. La raison en est simple, il y a ce soir même l'élection de la 2800ème Miss France ! Quel bonheur. De multiples questions fusent alors dans ma tête : Est-ce que cette année la Miss de chez moi ne sera pas rescapée de l'élection de Miss laideron ? Pourquoi sont-elles coiffées ainsi, avec une succession de biscuits bretons sur le crâne ? Est-ce qu'on a réellement vu un bout de sein de Nolwenn hier soir, lors de la demi-finale de la Star Academy ??? Je n'ai malheureusement eu aucune de ces réponses et c'est finalement Gilberte Guadeloupe qui a gagné et tout le monde s'est moqué du funeste destin de Monique Pays de Loire. Et alors que je m'interroge sur le sens du" Nifr", que Yogi m'interpelle en m'appelant Mach (C'est la première fois de ma vie que ça m'arrive. Heureusement que ce diminutif est très proche d'un Matt, sans quoi je ne me retournerais jamais), que Concerto et Jérôme dissertent sur le bien fondé de la télé poubelle, Fatima balance allégrement des coups de posters sur la gueule de Yogi. Je tiens à préciser qu'il s'agit d'un poster de Kamelot, signe s'il en est, du terrible dédain qui a accompagné ce geste. Silk en conclut que finalement, Chucky lui va plutôt bien. Et moi, comme je suis faux cul, je ne dis rien. Je me contente d'observer car j'ambitionne d'écrire un semblant de compte rendu une fois chez moi.

PARTIE VIII : LE DEPART

Mais voici qu'il est l'heure de retourner chez Garth, au risque de rater le dernier métro avec Gérard Depardieu (?). Et je peux vous dire que prendre le métro avec cet acteur, ce n'est pas donné à tout le monde. Nous partons donc sur des bons mots car comme le disent les marins, "Je leur pisse à l'anus !" et puis sait-on jamais, peut être nous reverrons nous dans un peep show. Oui, je sais, j'aurais pu terminer en citant du Verlaine ou en me lançant dans des considérations bibliques mais non… Pisser à l'anus et peep show sont les deux seules choses auxquelles j'ai pensé à ce moment précis. Allez savoir pourquoi !


Là, c'est moi dans les chiottes pourris du train. C'est une preuve irréfutable de ma présence dans le TGV Paris/Montpellier, le 15 décembre 2002.

Nous prenons donc le métro, arrivons chez Garth et tout le monde va au dodo. Moi en dernier car j'ai voulu, Dieu sait pourquoi, faire des mots croisés afin de m'endormir sereinement. Cette nuit fut relativement difficile pour Behe mais pas pour Garth, qui dormait du sommeil du juste, lui qui nous avait dit la veille qu'il nous réveillerait en fanfare à 10h. Etrangement, nous ne l'avons vu débarquer qu'engoncé dans une robe de chambre très classe (rayée verte et blanche à la Sporting de Lisbonne), bien longtemps après 10h. Quant à Annabelle, elle est sortie sous la pluie pour nous acheter des croissants. Ceci est de la pure science fiction pour moi mais apparemment, c'est monnaie courante chez la Garth family car Behe ne semble pas du tout étonné. Je profite de l'occasion pour lire l'interview de Malmsteen dans laquelle il traîne dans la boue tous les guitaristes de la planète car ils n'utilisent que des gammes pentatoniques et font des conneries avec leurs bends. Enfin, c'est un truc comme ça, je n'y comprends pas grand-chose dans ce domaine. Finalement, on bouffe, on part, on se sépare, je vais à la gare où j'attends mon train pendant 2 heures (!). Il pleut et je trouve que j'ai eu une bonne idée de ne pas aller me promener comme un con sur les Champs Elysées. Une fois dans mon train, terrassé par mon week-end, je demande à un bonhomme si je suis dans le bon wagon et je dis même "et il va où ce train ?", ce qui déclenche l'hilarité d'un autre gars que j'aurais volontiers émasculé avec un stylo bille si j'avais été grand et musclé. Le retour en TGV s'avère long et harassant. Je m'endors mais je dors mal, je fais des mots croisés mais je fais des fautes, je lis mais je me trompe de mots. L'enfer est atteint avec un bébé qui a pleuré pendant toute la dernière heure. Il est 19h00, Montpellier arrive enfin. J'aide une gentille dame à sortir son sac. A l'heure actuelle, je la soupçonne d'y avoir caché un cheval mort tant il était lourd. Ensuite, je continue ma BA en lui tirant ledit sac jusqu'à l'escalator et puis je la laisse car point trop n'en faut, ma non-fourberie a des limites.
A l'extérieur de la gare, il fait frais mais je reste en t-shirt. Après un week-end à Paris, la plus fraîche des soirées montpelliéraines est toujours agréable.


Voici la lune à Montpellier. On dirait un dinosaure quand on la regarde dans l'autre sens. Ne me demandez pas comment j'ai obtenu ce résultat.

NB : Le passage avec notre sauveur est librement inspiré de l'évangile de Luc, traduction Louis Segond pour protestant affirmé. Tiens, j'en profite pour préciser aux traducteurs en français qu'il y a une faute d'orthographe, page 782 de la Bible. Mais ne vous inquiétez pas, vous serez juste transformés en statue de sel. Rien de bien grave en somme.


© Mathieu
22 décembre 2002 à 18h06