AVANT
PROPOS
Tout commence par le train. 3h30
de trajet, dos à une porte qui n'a cessé
de s'ouvrir et aux côtés d'une charmante
femme dont le violon d'Ingres était la
psychologie des tueurs en série. Mais dans
la violence et la noirceur de ce monde de psychopathes,
elle était également sensible aux
bonzaïs, petits êtres fragiles et vraiment
déprimants. Le trajet a été
rapide, entre deux mots croisés que j'ai
été incapable de terminer et un
petit somme dérangé par un grand
monsieur avec une casquette dont la jouissance
ne passe que par le trouage des billets de train.
Arrivé à Paris, il fait froid. Disons
qu'il fait la même température qu'à
Montpellier, au moment où j'en suis parti.
Il est donc tout à fait évident
de dire qu'à Paris à 14h, il fait
la même température qu'à Montpellier
à 8h du matin. Mais peu importe me direz-vous.

Voici l'intérieur du TGV.
Il me semble avoir un peu tremblé.
Je me plante donc devant le Train
Bleu. Armé de mon téléphone
portable qui ne marche pas, j'attends impatiemment
Garth et Behe qui doivent venir me chercher. Oui,
je suis tout petit et il faut venir me chercher
à la gare sinon je pleure en tapant des
pieds. Et justement, les voilà qui pointent
le bout de leur nez, devant le Train Bleu (mais
de l'autre côté, car il y a deux
entrées. Je le saurais la prochaine fois)
et sous un ciel menaçant. Que c'est beau.
La prochaine étape est simple, il nous
faut trouver à manger. Direction la demeure
de Garth, quelque part près du Père
Lachaise, " le vieux bonhomme qui était
toujours assis ". Garth s'autorise d'ailleurs
quelques jeux de mots et autres blagues dans le
métro. Je n'oserais en répéter
aucune si ce n'est "Shaman, l'homme chat".
Je crois qu'avec ceci, il peut révolutionner
le monde de l'humour. Nous arrivons finalement
chez lui, posons nos sacs et retournons dans la
rue. Garth fait vite un rapide coucou à
belle maman et nous rejoint, Behe et moi, sur
un trottoir grisâtre. D'ailleurs, à
Paris, tout est grisâtre. Téléphone
! C'est Arion. Il est devant l'Elysée Montmartre
et vient de voir passer André Matos. Il
n'est donc aucunement question pour nous de planter
la tente sur ce putain de trottoir. Direction
le métro et l'Elysée Montmartre,
nous mangerons sur place.
Nous arrivons finalement sur les lieux. Les couloirs
du métro sont toujours insalubres et les
gens qui le fréquentent me foutent la trouille
pour la plupart. Arion nous attendait et nous
partons tous les quatre au McDo, haut lieu de
la restauration rapide capitaliste. Un mauvais
choix de file d'attente et 7 gares du Nord et
place Pigalle plus tard, nous retournons à
l'Elysée Montmartre dans lequel nous pénétrons
sans problème.
PARTIE
I - LE SOUNDCHECK
L'intérieur de la salle est
relativement vide. Nous posons nos vestes (et
nos sacs) au fond et sortons les appareils photos.
Assister aux balances de Shaman, voilà
bien une chose que je ne raterais pas pour un
pétard. Armé de mon Nikon, je me
déplace à loisir dans la salle,
prenant une photo de Garth qui prend en photo
un gars qui prend en photo Ricardo Confessori,
André Matos qui scotche son micro et toutes
autres photos indispensables.

Ricardo Confessori à la
baguette.
J'en profite également pour
discuter un peu avec diverses personnes, entre
quelques serrages de mains des frères Mariutti.
J'assiste à la révélation
d'André Matos, avouant à un Will
proche de l'implosion que le site de Shaman français
est meilleur que le brésilien. Mais cessons
ces apartés et passons à la suite.
En vue de l'achat d'un t-shirt, Garth, Behe et
moi sortons alors de la salle en quête d'un
distributeur. Nous rencontrons d'ailleurs au passage
deux sympathiques bretons. Puis, chose étonnante
pour une capitale, il semble qu'il n'y ait qu'un
seul distributeur à Paris ! Prenant notre
mal en patience, nous attendons sagement que vienne
notre tour. Garth retire 40 euros (non, je n'ai
pas eu le temps d'apercevoir son code) et moi,
cette satanée machine m'en empêche,
me réduisant ainsi à 20 euros. J'ai
même cru un instant qu'il me restait moins
de 40 euros sur mon compte. Moi qui suis traité
de vieux grigou toutes les cinq minutes, je me
sentirais mal si j'avais aussi peu d'argent sur
mon compte. Comme quoi, les machines sont parfois
aussi fourbes que moi. Nous revenons donc sur
nos pas et Garth et Behe s'arrêtent à
nouveau sur le parvis de Notre-Dame
hum
de l'Elysée Montmartre. Moi, fier, je continue
et me jette sur l'escalier. Mais malheur à
moi qui viens de quitter mon multipass. Au sommet
dudit escalier, je tombe sur Roger (à ne
pas confondre avec OG). Ce dernier m'invite donc
à regagner ma place dans cette rue malsaine
car la salle n'est pas encore ouverte. Ce qu'il
dit est vrai ! Damned, que faire ? Attendre Garth
ou bien tenter de faire valoir mes droits au demeurant
fort légitimes ? J'opte pour la deuxième
solution, des trémolos dans la voix comme
si je me trouvais face au jury de Popstars.
- Je suis le webmaster du site officiel d'André
Matos, dis-je (à noter l'absence de la
nationalité de mon site. Probablement ma
pernicieuse nature aura voulu me donner plus d'importance).
Regard à la fois scrutateur et dubitatif
du dénommé Roger.
- C'est bon, fit-il en m'invitant à passer.
Je le remercie d'une virile poignée de
main, comme je l'aurais fait avec Bruno Vandelli
si ce dernier n'avait pas été une
femme. Bruno Vandelli est un homme ? Autant pour
moi.
Je retourne donc dans la salle, comme si de rien
n'était avec l'intime certitude que plus
jamais à l'avenir je me déplacerais
sans un membre du site shaman.fr.st.
Puis vient le moment du soundcheck à proprement
parler. Ainsi, Shaman joue sous mes yeux de gamin
trop gâté, Distant Thunder et Here
I Am. Cette dernière que mon cousin a d'ailleurs
eu le privilège d'entendre dans son intégralité
par téléphone. La qualité
sonore ne devait pas être exceptionnelle
mais je me souviens tout de même d'une publicité
montrant un homme (un couple ?) écoutant
un récital (un opéra) avec leur
téléphone portable parce qu'ils
n'avaient pas pu y assister. Et comme ma naïveté
m'empêche de croire qu'il existe des publicités
mensongères, je dirais que mon cousin a
eu une parfaite version du morceau. Mais tout
ceci se termine et je sens d'ores et déjà
une larme couler sur mes joues car vient le moment
de la rencontre avec le groupe. Moi, je m'en moque,
puisque je l'ai déjà rencontré,
AH ! AH ! AH !
Mais trêve de plaisanteries.
Il est alors 17h ou 17h30 (à quoi bon se
torturer pour une demi-heure ?) et il est l'heure
de convier les grands gagnants du concours.

Les gagnants du concours qui attendent
depuis 3 plombes.
Roger s'enquit donc de savoir combien
de personnes seront présentes pour cette
rencontre. Garth, plus gêné que s'il
avait été en slip sur les Champs
Elysées donne un chiffre de départ
de 5, conscient qu'il est extensible à
65 tant il y a eu des fuites. Ah non, vraiment,
tous ces gens qui sont là parce qu'ils
sont les potes des potes d'un pote qui a été
invité, je trouve tout cela déplorable
! Alors que moi, par exemple, je suis
hum,
bon, passons. Malgré cette situation plus
prenante qu'un film de Fritz Lang, tout se déroule
comme prévu, Will et Behe allant chercher
les heureux élus. Quant à moi, je
ne lâche pas Garth d'une semelle et c'est
ainsi que j'assiste à la relative décrépitude
de ce dernier. Car la rencontre ne se déroule
pas à 17h30, pas même à 18,
tout juste à 18h30 avec en fond, le soundcheck
de Mob Rules qui nous balance des intros de Deep
Purple à l'orgue. Mais que se passe-t-il
donc pour que, justement, rien ne se passe ? Eh
bien personne ne le sait. Tout le monde semble
occupé, débordé, overbooké
et Garth est bien seul avec moi comme unique réconfort,
ce qui ne représente pas grand-chose. Will
demande à Behe où on en est et il
répond qu'il ne le sait pas. Behe me demande
où on en est et je lui réponds que
je ne sais pas. Je demande à Garth où
on en est et il me répond qu'il ne sait
pas. Personne ne sait et la chose prend une étonnante
tournure.
Mais je vous vois, trépignant sur vos chaises.
Que s'est-il finalement passé ? Eh bien
cette attente n'a pas été totalement
inutile car elle m'a permit de parler à
André. Discussion sur le son du groupe
durant les balances qu'il aurait souhaité
plus puissant. Et moi de lui répondre que
dans le sud, le son est toujours pourri et que
fatalement, là, je l'avais trouvé
très bon. Voilà, à présent,
nous savons pourquoi il n'y a jamais de concert
dans le sud de la France. C'est parce que je monte
jusqu'à Paris pour dire à André
Matos que les salles sudistes sont mauvaises !
Puis André disparaît car il est attendu
pour une interview. Et le temps passe inexorablement
jusqu'à ce qu'arrive, enfin, l'heure de
cette satanée rencontre.
PARTIE
II - LA RENCONTRE
Après quelques millénaires
d'attente, les gentils vainqueurs du tirage au
sort arrivent au bar. Puis viennent les musiciens
sous les mirettes brillantes des fans. D'ailleurs,
je pense que les yeux de l'un d'entre eux en disaient
long. Je me suis d'ailleurs surpris en train de
fixer son regard plutôt que Luis Mariutti
qui est déjà juste à côté
de moi. Suis-je donc sans cur pour ne plus
avoir l'espièglerie du fan ? Bordel ! Enfin,
on se serait presque cru au Virgin le jour de
la visite des finalistes de la Star Academy. Je
vous déconseille d'ailleurs d'aller acheter
un album de métal un jour comme ça,
sans quoi vous pourriez repartir avec une photo
dédicacée de Houcine. Donc, disais-je,
la rencontre se passe bien et Garth et ses acolytes
semblent pleinement satisfaits du résultat.
Ils laissent d'ailleurs leur place aux fans, se
voyant mal monopoliser le groupe alors qu'ils
le côtoient depuis maintenant plus de trois
heures. Quant à moi, je ne laisse que la
moitié de ma place, subtilisant quelques
stylos pour me faire gribouiller mon livret de
Ritual et prenant moultes photos. Ma fourberie
n'a donc aucune limite ? Si, nous le verrons plus
tard (histoire de garder le lecteur en haleine).
A noter également, chers amis, les boissons
gratuites. Evidemment, les bières s'en
sont allées en 27 secondes et Behe et moi
nous voyons bien dépourvu lorsque, tout
le monde parti, nous avons finalement soif. Que
nous reste-t-il ? Un fond de jus d'orange que
nous nous partageons.

Hugo surpris en train de finir
la dernière bière. A noter la présence,
à gauche, de Will et André. Et à
droite, de dos, Garth.
Et tout à coup, alors que
les évènements conviviaux forçaient
le respect, on se serait cru dans un camp de prisonnier
nord coréen en 1951 avec un videur au physique
peu enclin à l'épanchement sentimental,
dans le style méchant sergent instructeur.
Ce dernier nous somme donc de déguerpir
au plus vite avant qu'il ne se fâche. Et
ce genre de gars qui se fâche, ça
me fait déjà mal aux oreilles. Nous
nous dirigeons donc malgré nous vers le
petit escalier (là, à droite) pour
rejoindre la foule. Soudain, le gueulard en question,
plus sympathique qu'un ayatollah colérique
nous dit :
- Non, vous passez pas par là, ni par là
et je ne veux plus voir ces vestes et ces sacs,
bordel ! Bande de véreux !
- Mais si on ne peut pas accéder aux vestes,
comment peut on les enlever ? (vous reconnaissez
bien là ma légendaire perspicacité).
- Rien à foutre, si elles n'ont pas disparu
dans 10 minutes, elles sont à moi.
Je me permets d'ouvrir un aparté pour faire
l'inventaire de ce qu'aurait gagné ce sinistre
individu s'il avait, comme il se plaisait à
nous le dire (avec forces menaces), gardé
mes affaires. Tout d'abord, il aurait récupéré
mon appareil photo numérique. Puis mon
portefeuille (avec ma carte de crédits
et ma menue monnaie) et mon téléphone
portable. Et aussi mes clés, m'empêchant
de rentrer chez moi le lendemain et finalement,
ma carte de bus de Montpellier qui a pour moi
une énorme valeur sentimentale. Maintenant,
considérez qu'il y avait 5 ou 6 blousons
et 2 sacs, de quoi arrondir les fins de mois.
Mais je vais laisser à son triste sort
ce personnage car j'aurais encore l'occasion d'en
parler. Autant le service de sécurité
Provençal ne brille pas toujours par son
intelligence mais là, en terre parisienne,
je crois qu'on touche le fond.
Et c'est à ce moment que j'ai senti une
montée d'André et Aline car Dan,
déguisé en Mike Portnoy (bien qu'il
nie toute ressemblance), me demande sa veste.
Mais mon Dieu, comme vais-je faire ? Je panique
quasiment alors que Behe, flegmatique à
souhait, dégage autant de calme que John
Steed himself. Et c'est justement à cet
instant qu'arrive OG. Il est possible que je me
trompe tant la situation était périlleuse
mais ma mémoire me fait apparaître
un OG.
- Vous avez qu'à les prendre par là
! Dit-il.
Et ce dernier se penche par-dessus une frêle
barrière de bois et attrape lesdites vestes.
Behe et moi y allons, prenons un maximum de vestes
(inclus celle de Dan) et là, apparaît
notre sauveur. D'aucuns l'imaginent brun avec
une barbe. Le nôtre était blond et
élancé tel un athlète russe
période guerre froide sans la blancheur
du teint scandinave mais avec bien plus de sympathie.
Il arriva, descendit avec nous, et s'arrêta
où se trouvaient une foule de ses disciples,
et une multitude de peuple de toute la France
(et même de Russie. Comme quoi, tout est
lié). Ils étaient venus pour écouter
Shaman et Behe et moi cherchions en lui la guérison
de nos maux. Alors, notre sauveur, levant les
yeux sur nous, dit : Heureux vous qui portez les
vestes d'autrui, car le vestiaire est à
vous ! Ensuite, notre sauveur a pourfendu la foule
et a marché, annonçant la bonne
nouvelle. Nous autres, ses apôtres, le suivirent
jusqu'au vestiaire où il s'arrêta.
A l'écart, ayant avec lui ses disciples,
il leur fit cette question : Qui dit-on que je
suis ? Je répondis : Moïse (à
tout hasard), les autres dirent : le gars qui
s'occupe du vestiaire ! et il se fâcha.
Puis il dit à tous : Est-ce que j'ai une
tête à m'occuper du vestiaire ? Et
se tournant vers Behe et moi, il nous dit en particulier
: Vous reprendrez vos affaires après le
concert, gros coquins que vous êtes. Puis
il disparut comme il était venu à
nous.

L'entrée du public, juste
avant la rencontre avec notre sauveur.
PARTIE III - MOB RULES
Heureux d'avoir rencontré
un aussi aimable individu, Behe et moi nous plaçons
un peu à l'écart pour Mob Rules.
Ces derniers qui me sont totalement inconnus nous
livrent un métal festif bien que fichtrement
répétitif et convenu. Une marge
du public apprécie la musique et tout le
monde note les facéties du chanteur avec
une langue pendante et un pantalon à la
capitaine Kirk. Comme il n'est pas toujours très
évident d'apprécier des morceaux
qu'on ne connaît pas, je me suis contenté
de secouer frénétiquement la tête
tout en faisant quelques grimaces. C'est ainsi
que je fais pour faire croire aux personnes qui
m'entourent que je m'amuse vraiment. De cette
très relativement agréable première
partie, il me reste, 5 jours après, un
passage celtique étonnant durant lequel
Garth m'a invité à danser une gigue
endiablée. Sans oublier l'introduction
de la dernière chanson qui fait encore
sourire Behe, durant laquelle le chanteur nous
annonce "a classic one". Nous nous attendions
à une reprise de Deep Purple (en référence
à l'orgue citée précédemment)
mais en réalité, la phrase complète
était la suivante "a classic one from
our first album". Et fatalement, je ne la
connaissais pas non plus.
PARTIE
IV - L'ENTRE DEUX
L'entre-deux a vu chez Garth, Behe
et moi, un replacement stratégique en vue
du passage de Shaman. Evidemment, nous n'allions
pas rester tout à gauche pour ne rien y
voir, ne pas entendre grand-chose et ne pas profiter
au maximum de l'ambiance. Comme mon dos commence
à me faire étonnamment souffrir,
je décide "de me faire petit"
et ainsi soulager ma douleur. Et je reste comme
ça, accroupi aux pieds de Behe jusqu'à
ce que dernier ne m'interpelle de la sorte :
- Hey, tu vois là, je crois que c'est Fatima
!
Telles ont été ses paroles. Je lève
donc la tête pour voir Fatima quillée
contre les baffles. Behe me propose ensuite, car
toujours très convivial, d'aller la voir
car elle doit se trouver avec une horde de membres
du forum de SOS. Je lui réponds avec mon
mal de dos :
- Wooooaaa, on aura le temps de les voir après
le concert. Je ne me sens pas de me faufiler à
travers cette foule dense et antipathique.
Mais Behe n'est pas du genre à baisser
les bras et parvient, lors d'un second essai,
à me faire bouger. Nous contournons donc
une foule gluante et inquiétante pour nous
retrouver nez à nez avec un Yogi et un
Silk. Ces derniers ont sorti leur t-shirt Symphony
X, comme promis. J'aperçois dans une demi
pénombre Aline et Claudie que je serais
bien incapable de reconnaître à l'heure
actuelle tant elles se trouvaient... dans une
demi pénombre. Quant à Fatima, elle
sourit comme Fatima. Et Concerto, je me souviens
lui avoir dit d'un ton réprobateur :
- Tu as peur, c'est pas bien !
Mais là, j'ai faim, alors je ne me souviens
plus du tout pourquoi je lui ai dit ça.
Nous nous donnons un très vague rendez-vous
après le concert puis Behe et moi retournons
auprès de Garth qui s'est trouvé
un emplacement plutôt bon. Un gars bien
caché prend alors un micro et fait passer
une annonce dont l'aspect hautement comique ne
nous apparaît alors qu'à moitié.
La voix nous dit qu'un téléphone
portable a été perdu et que ça
serait sympa de le ramener au bar. Ou bien, éventuellement,
si le voleur est juste un collectionneur, qu'il
ait l'obligeance de rendre la puce. Sur le coup,
cette demande m'a semblé absurde et cocasse.
Franchement, si tu piques un portable, tu ne vas
pas te déplacer pour donner la puce, histoire
de te faire casser la gueule par quatre gars musclés
qui se douteront (bien qu'étant idiots
comme des rideaux de douche) que la personne qui
rend ladite puce est celle qui a également
le téléphone. La sécurité
est donc composée de gros débiles
mais nous y reviendrons
. encore. Mais voici
que les lumières s'éteignent.
PARTIE
VI - SHAMAN
Mais qu'ouis-je ? Ancien Winds,
évidemment. Pour ma part, je regrette un
peu le thème d'Armageddon de Trevor Rabin.
Evidemment, c'est le Ritual tour et il serait
idiot de mettre deux intros à la suite
mais quand même, je trouve que cette compo
de Rabin (qui n'est, à priori, pas juif)
a le don de me transcender. Le groupe entre ensuite
sur scène pour les deux morceaux que j'avais
eu le privilège d'entendre quelques heures
plus tôt. Shaman enchaîne ensuite
sur Time Will Come et For Tomorrow avec André
qui joue (?) de la flûte de pan. Le ton
est donné d'emblée avec ces 4 morceaux
ritualiens. Puis vient le temps d'Angra avec Wings
Of Reality et l'étonnamment couillu Lisbon
qui reste pour moi l'un des meilleurs morceaux
de ce concert. Le toujours très charismatique
André Matos s'amuse comme un gosse et prend
la pose à chaque accord de piano (aussi
simpliste soit-il). Il en profite pour solliciter
les autres membres du groupe. Hugo Mariutti en
premier lieu, avec lequel André semble
avoir une réelle complicité. Fabio
Ribeiro aux claviers, rejoint pour un solo. Ricardo
Confessori aux affriolantes dreadlocks et bien
sûr le gros nounours Luis " Jésus
" Mariutti, qu'André n'oublie pas
de taquiner, sous les regards amusés et
les rires du public.

Un claviériste en rouge.
Le concert se déroule ainsi,
bon enfant, avec des interventions matosiennes
dans son français si caractéristique.
Nothing To Say et Over Your Head soulèvent
l'Elysée Montmartre, Fairy Tale est lyrique
à souhait et Pride termine de nous achever.
C'est à genoux de fatigue et la gorge en
feu que j'accueille le premier rappel de Shaman.
Fabio Ribeiro nous annonce le morceau Ritual que
j'aurais volontiers remplacé par Blind
Spell. Puis vient le Burn de Deep Purple que le
public semble mieux connaître que la chanson
suivante, Living For The Night. André Matos
a d'ailleurs bien du mal à obtenir de "l'aïde"
étant donné le peu de voix qui se
sont élevées pour lui répondre.
Moi-même qui peux me targuer d'être
fan, j'avoue avoir baragouiné des choses
plus ou moins inaudibles car me souvenir de certaines
paroles relève parfois pour moi de la pure
utopie communiste. Un peu comme garder en tête
la date de la paix de Westphalie. Pourtant, c'est
simple, c'est 1648
ah tiens, je m'en souviens
cette fois. Mais le concert n'est pas terminé.
Car Shaman nous revient une dernière fois
pour le jouissif Carry On, exécuté
de mains de maîtres par les 5 musiciens.
Personnellement, je suis sous le charme et physiquement,
j'ai un pied dans la tombe. Oui, en temps normal,
il m'est très difficile de rester debout
2 heures sans avoir l'impression que ma colonne
vertébrale est en quatre parties distinctes.
Et là, je cours à droite et à
gauche depuis 7 heures. Ca vous donne une idée
de ma santé à cet instant précis,
alors que Shaman vient saluer son public et que
quatre tordus se roulent par terre depuis 35 minutes
pour récupérer une baguette de Ricardo.
Set List
Ancient Winds
Here I Am
Distant Thunder
Time Will Come
For Tomorrow
Wings Of Reality
Lisbon
Nothing To Say
Over Your Head
Fairy Tale
Pride
Ritual
Burn
Living for the Night
Carry On

Luis illuminé.
PARTIE
VII - L'APRES CONCERT
La sortie du concert va se révéler
à nouveau épique. Garth tente, tant
bien que mal de trouver OG alors que quelques
individus droits comme des piquets nous poussent
dehors bien que nous ne fûmes là
que par la volonté du peuple et que nous
n'en sortirons que par la force des baïonnettes.
Ces individus ont fait preuve d'une compréhension
qui me parait relativement abstraite, mais bon
comme on dit, ils ne font que leur boulot. Les
prévisions prennent finalement l'eau et
tout le monde quitte la salle. En sortant, nous
avons droit à un étrange rituel
(ritual en anglais) que les gens comme moi ignorent.
Cette coutume consiste à fouiller les gens
à la fin du concert. Il fut un temps où
on fouillait à l'entrée mais de
nos jours, vous savez, plus rien ne fonctionne
comme il faut. Un peu comme lorsque j'entre dans
une boutique de lingerie (c'est assez fréquent
car je suis un gros pervers) et que je fais sonner
tout le magasin. Car il est évident que
j'essaye systématiquement de faire entrer
des soutiens-gorge en fraude dans des boutiques
où on les achète, bordel ! Mais
revenons à nos moutons. Deux (ou trois)
gars avaient décidé de fouiller
tout le monde pour retrouver le téléphone
dont nous parlions tantôt. Evidemment, ce
téléphone appartenait à un
membre de la sécurité. S'il avait
appartenu à un pauvre fan, ils l'auraient
maudit sur 25 générations en lui
faisant des bras d'honneur. Tout le monde passe
donc entre les mains expertes de ces charmants
individus qui sont à la fouille ce que
les thaïlandaises sont au massage. Même
moi dont la virilité n'est plus à
prouver, je suis obligé de me soumettre
à cette étrange tradition. Et comme
la chance est toujours de mon côté,
je tombe sur un grand facétieux pour lequel
mon accent est indubitablement canadien. Oui,
je viens des rives du St Laurent où gambadent
gaiement les mouflons
pauvre con ! Finalement,
je n'ai pas volé le téléphone
en question et je peux enfin sortir. Voici une
fouille qui restera dans les anales (ah ! ah !).
Dehors, il fait froid, évidemment et je
me fais héler par un Yogi. Ce dernier m'apprend
que la SOS team va au McDo, haut lieu de la restauration,
etc. Je lui réponds que je vais rester
un moment avec Garth et Behe. Ces derniers, entourés
d'Arion et Will, attendent que descende Shaman
pour faire dédicacer, autographier et signer
leurs précieux livrets. Oui, souvenez-vous,
lors de la rencontre, ils étaient restés
volontairement de côté pour laisser
la place aux autres, en grands seigneurs. Et bien
l'honnêteté et la morale se payent
toujours un jour ou l'autre et c'est par une température
polaire (pour un marseillais du Québec),
la voix éraillée, le dos cassé
en deux et les jambes en compote que nous plantons
tel des santons devant l'Elysée Montmartre.
Une heure après (environ), Shaman arrive
enfin. Une heure d'attente faite d'un coup de
carton sur le coin de la gueule pour moi et d'une
blague pour Will que je vous donne in extenso
:
Gars qui passe dans la rue : Il se passe quoi
là ?
Will : C'est une soirée gays, lesbiennes
un peu SM aussi.
Gars : Et vous êtes tous pédés
là ?
Behe (montrant Will du doigt) : Lui, il est plutôt
lesbienne.
Donc, le groupe arrive et la foule composée
d'une vingtaine de personnes se jette sur lui.
En ce qui me concerne, je n'ai besoin que d'une
dédicace spéciale d'André
car, paradoxalement, il ne me manque que lui.
J'y arrive finalement, profitant à nouveau
du stylo de quelqu'un d'autre, Behe me prend en
photo avec André et je sors de la cohue.
A présent, je n'ai que deux envies : boire
et m'asseoir. Et où peut on boire et s'asseoir
? Dans un bar à putes, oui, effectivement.
Mais il ne s'agit pas de cela. Je vous donne un
indice : Un bar à putes mais pour le bas
peuple et sans les putes
tic
tac
tic
tac
Oui, le MacDo ! Bien joué.
Vous avez gagné mon mépris le plus
profond. Je me dirige donc vers ce haut lieu de,
etc. Là, occupant étrangement la
place que nous avions en début d'après
midi, la SOS team a terminé son repas hautement
gastronomique et discute de choses et d'autres.
La même chaîne culturelle passe sur
toutes les télévisions, TF1. La
raison en est simple, il y a ce soir même
l'élection de la 2800ème Miss France
! Quel bonheur. De multiples questions fusent
alors dans ma tête : Est-ce que cette année
la Miss de chez moi ne sera pas rescapée
de l'élection de Miss laideron ? Pourquoi
sont-elles coiffées ainsi, avec une succession
de biscuits bretons sur le crâne ? Est-ce
qu'on a réellement vu un bout de sein de
Nolwenn hier soir, lors de la demi-finale de la
Star Academy ??? Je n'ai malheureusement eu aucune
de ces réponses et c'est finalement Gilberte
Guadeloupe qui a gagné et tout le monde
s'est moqué du funeste destin de Monique
Pays de Loire. Et alors que je m'interroge sur
le sens du" Nifr", que Yogi m'interpelle
en m'appelant Mach (C'est la première fois
de ma vie que ça m'arrive. Heureusement
que ce diminutif est très proche d'un Matt,
sans quoi je ne me retournerais jamais), que Concerto
et Jérôme dissertent sur le bien
fondé de la télé poubelle,
Fatima balance allégrement des coups de
posters sur la gueule de Yogi. Je tiens à
préciser qu'il s'agit d'un poster de Kamelot,
signe s'il en est, du terrible dédain qui
a accompagné ce geste. Silk en conclut
que finalement, Chucky lui va plutôt bien.
Et moi, comme je suis faux cul, je ne dis rien.
Je me contente d'observer car j'ambitionne d'écrire
un semblant de compte rendu une fois chez moi.
PARTIE
VIII : LE DEPART
Mais voici qu'il est l'heure de
retourner chez Garth, au risque de rater le dernier
métro avec Gérard Depardieu (?).
Et je peux vous dire que prendre le métro
avec cet acteur, ce n'est pas donné à
tout le monde. Nous partons donc sur des bons
mots car comme le disent les marins, "Je
leur pisse à l'anus !" et puis sait-on
jamais, peut être nous reverrons nous dans
un peep show. Oui, je sais, j'aurais pu terminer
en citant du Verlaine ou en me lançant
dans des considérations bibliques mais
non
Pisser à l'anus et peep show
sont les deux seules choses auxquelles j'ai pensé
à ce moment précis. Allez savoir
pourquoi !

Là, c'est moi dans les chiottes
pourris du train. C'est une preuve irréfutable
de ma présence dans le TGV Paris/Montpellier,
le 15 décembre 2002.
Nous prenons donc le métro,
arrivons chez Garth et tout le monde va au dodo.
Moi en dernier car j'ai voulu, Dieu sait pourquoi,
faire des mots croisés afin de m'endormir
sereinement. Cette nuit fut relativement difficile
pour Behe mais pas pour Garth, qui dormait du
sommeil du juste, lui qui nous avait dit la veille
qu'il nous réveillerait en fanfare à
10h. Etrangement, nous ne l'avons vu débarquer
qu'engoncé dans une robe de chambre très
classe (rayée verte et blanche à
la Sporting de Lisbonne), bien longtemps après
10h. Quant à Annabelle, elle est sortie
sous la pluie pour nous acheter des croissants.
Ceci est de la pure science fiction pour moi mais
apparemment, c'est monnaie courante chez la Garth
family car Behe ne semble pas du tout étonné.
Je profite de l'occasion pour lire l'interview
de Malmsteen dans laquelle il traîne dans
la boue tous les guitaristes de la planète
car ils n'utilisent que des gammes pentatoniques
et font des conneries avec leurs bends. Enfin,
c'est un truc comme ça, je n'y comprends
pas grand-chose dans ce domaine. Finalement, on
bouffe, on part, on se sépare, je vais
à la gare où j'attends mon train
pendant 2 heures (!). Il pleut et je trouve que
j'ai eu une bonne idée de ne pas aller
me promener comme un con sur les Champs Elysées.
Une fois dans mon train, terrassé par mon
week-end, je demande à un bonhomme si je
suis dans le bon wagon et je dis même "et
il va où ce train ?", ce qui déclenche
l'hilarité d'un autre gars que j'aurais
volontiers émasculé avec un stylo
bille si j'avais été grand et musclé.
Le retour en TGV s'avère long et harassant.
Je m'endors mais je dors mal, je fais des mots
croisés mais je fais des fautes, je lis
mais je me trompe de mots. L'enfer est atteint
avec un bébé qui a pleuré
pendant toute la dernière heure. Il est
19h00, Montpellier arrive enfin. J'aide une gentille
dame à sortir son sac. A l'heure actuelle,
je la soupçonne d'y avoir caché
un cheval mort tant il était lourd. Ensuite,
je continue ma BA en lui tirant ledit sac jusqu'à
l'escalator et puis je la laisse car point trop
n'en faut, ma non-fourberie a des limites.
A l'extérieur de la gare, il fait frais
mais je reste en t-shirt. Après un week-end
à Paris, la plus fraîche des soirées
montpelliéraines est toujours agréable.

Voici la lune à Montpellier.
On dirait un dinosaure quand on la regarde dans
l'autre sens. Ne me demandez pas comment j'ai
obtenu ce résultat.
NB : Le passage avec notre sauveur
est librement inspiré de l'évangile
de Luc, traduction Louis Segond pour protestant
affirmé. Tiens, j'en profite pour préciser
aux traducteurs en français qu'il y a une
faute d'orthographe, page 782 de la Bible. Mais
ne vous inquiétez pas, vous serez juste
transformés en statue de sel. Rien de bien
grave en somme.
©
Mathieu
22 décembre 2002 à 18h06