Roger
Waters et les guerres, c'est une longue histoire. Roger
Waters et les problèmes que connaît notre
paisible planète, c'est la même chose.
Il est donc plus ou moins intéressant de voir
ce que dit réellement ce sacré Roger dans
ses textes. Amused To Death (en référence
à un livre sur la télévision de
Neil Postman intitulé Amusing Ourselves to
Death : Public Discourse in the Age of Show Business)
aborde tous les sujets possibles et imaginables, pour
peu que l'être humain dans toute sa splendeur
en prenne un sacré coup. La traduction qui suit
n'est sans doute pas exacte à 100% (ça
n'a pas été une partie de plaisir) mais
l'important était ici l'interprétation
plus que la traduction littérale des paroles.
Mais je vous vois impatient alors allons-y.
The
Ballad Of Bill Hubbard (La ballade de Bill Hubbard)
Les deux souvenirs
qui me hantent le plus sont le jour où je devais
collecter les fiches de paye et quand j'ai laissé
Bill Hubbard dans le no-man's-land.
Je reprenais à
peine ma route et descendais dans leur tranchée.
Et je n'avais pas fait deux ou trois pas que m'est
parvenue une voix "Salut Razz, je suis content de
te voir. C'est ma seconde nuit ici." C'était
Bill Hubbard, un de ces hommes que nous avions entraîné
en Angleterre, un du bataillon d'origine. J'ai regardé
sa blessure. Je l'ai retourné et constaté
que c'était probablement une blessure mortelle.
Vous pouvez imaginer quelle pouvait être sa
douleur. Il baignait dans sa sueur et je venais de
traverser trois trous d'obus. Traverser ça...
Si seulement il y avait eu un chemin ou une route,
j'aurais certainement pu mieux faire.
Il m'a roué
de coups, "Repose moi, repose moi, je préfère
mourir". J'espérais qu'il s'évanouirait.
Il a dit "Je ne peux pas aller plus loin, laisse moi
mourir". J'ai répondu "Si je te laisse ici
Bill, on ne te retrouvera jamais, essayons encore
une fois". Il m'a dit "D'accord". Et la même
chose se produisit, il ne pouvait plus rester debout
et je devais le laisser là, dans le no-man's-land"
- changement de
chaîne -
Je me moque de
la guerre. Ça fait parti de ce que j'aime regarder
si c'est une guerre qui a déjà eu lieu.
"Parce que je sais si nous avons gagné ou perdu..."
- changement de
chaîne -
What
God Wants, Part I (Ce que Dieu veut)
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a, Dieu nous aide tous
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a
L'enfant dans le
coin regarde le prêtre
Et pose ses doigts
sur sa guitare japonaise bleue
le prêtre
dit
Dieu veut la bonté
Dieu veut la lumière
Dieu veut la destruction
Dieu veut des guerres
propres
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a
ne soyez pas si
surpris
C'est seulement
le dogme
Le prophète
extra terrestre à pleuré
Le scarabée
et la gazelle
ont pris la bible
sur son crochet
Et le singe dans
le coin
écrit la
leçon sur son livre
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a, Dieu nous aide tous
Dieu veut la paix
Dieu veut la guerre
Dieu veut la famine
Dieu veut des grands
magasins
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a
Dieu veut des révoltes
Dieu veut du sexe
Dieu veut la liberté
Dieu veut semtex
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a
ne soyez pas si
surpris
Je plaisante
Le comique extra
terrestre a pleuré
Le chacal et la
hyène
ont pris la plume
sur son crochet
Et le singe dans
le coin
reporte les blagues
dans son livre
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a
Dieu veut des pensionnaires
Dieu veut de la
drogue
Dieu veut des chutes
de pluie
Dieu veut des ouvriers
agricoles mexicains
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a
Dieu veut du vaudou
Dieu veut des lieux
saints
Dieu veut des lois
Dieu veut des crimes
organisés
Dieu veut des croisades
Dieu veut le jihad
Dieu veut le bien
Dieu veut le mal
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a
Résumé
: Ce que Dieu veut, Dieu l'a. Inutile de chercher
une interprétation compliquée. Roger
Waters dit ici que tout ce qui nous arrive à
nous autres terriens, c'est Dieu qui l'a voulu. Nous
n'y pouvons rien, c'est comme ça. A noter cependant,
les deux passages un peu plus complexes. "Le prophète
extra terrestre à pleuré/Le scarabée
et la gazelle/ont pris la bible sur son crochet/Et
le singe dans le coin/écrit la leçon
sur son livre" et "Le comique extra terrestre a pleuré/Le
chacal et la hyène/ont pris la plume sur son
crochet/Et le singe dans le coin/reporte les blagues
dans son livre". Le prophète et le comique
sont Dieu. Waters le voit donc à la fois annonciateur
de vérités, de châtiments, de
récompenses (?) et grand comique tant ses actes
souvent contraire à ses propres dogmes peuvent
parfois prêter à rire. Crochet pouvant
être ici traduit par hameçon (c'est comme
la bible, on traduit comme on veut), on imagine Dieu
envoyer sa ligne sur Terre et les humains (ridicules
ou beaux (insectes ou gazelle)) mordent à l'hameçon
comme de stupides poissons. Waters aimant bien ce
type de comparaisons, les hommes sont donc ici des
animaux. Gazelle, scarabée mais aussi chacal
et hyène (carnassiers donc) comme représentatifs
de l'intérêt tout particulier que l'être
humain (média et télespectateur) porte
à la mort en général (voir les
infos pour s'en convaincre). Quant au singe qui écrit
dans son livre, il représente l'homme au niveau
le plus bas de son évolution. Dieu fait des
siennes et l'homme, pas plus malin qu'un primate anthropoïde,
se contente de prendre note des événements
sans chercher à y voir plus loin. Ah Roger,
ce que tu peux être fort !
Perfect
Sense, Part I (Le sens parfait)
Le singe est assis
sur un tas de pierres
et regarde l'os
cassé dans sa main
et la musique d'un
quartet Viennois
retentit à
travers le monde
le singe regarde
les étoiles
et pense pour lui-même
La mémoire
est une étrangère
L'histoire est
pour les fous
Et il se lave les
mains
dans une mare d'écriture
sainte
Il retourne dans
le jardin
Et s'établi
dans la ville la plus proche
Avance, avance
soldat
quand tu regardes
à quoi tout cela rime
les larmes et les
os
Il y a une une
once d'or
et une once de
fierté dans chaque livre
Et les allemands
tuent les juifs
et les juifs tuent
les arabes
et les arabes tuent
les hotages
Voici les nouvelles
Et y a-t-il quelques
émerveillements
que le singe sache
où il en est
Il dit maman maman
Le président
est un fou
Pourquoi dois-je
lire
ces manuels techniques
Et le chef du personnel
et les courtiers
de Wall Street disent
ne nous fait pas
rire
tu es un gosse
intelligent
Le temps est linéaire
La mémoire
est une étrangère
L'histoire est
pour les fous
L'homme est un
outil dans les mains
de Dieu tout puissant
Et ils lui donnent
le commandement
d'un sous marin
nucléaire
et le renvoie pour
chercher
le Jardin d'Eden
Résumé
: Le singe représente toujours l'homme.
Roger aborde ici deux thèmes. Tout d'abord,
l'homme oublie facilement l'histoire et réitère
irrémédiablement les mêmes erreurs.
Ensuite, en quête d'un soit disant idéal
symbolisé ici par le Jardin d'Eden, n'importe
qui (les courtiers de Wall Street = argent) envoie
n'importe qui (le singe qui ne comprend pas ce qu'il
fait là) faire la guerre. Pour finir, encore
une petite critique sur Dieu avec la condamnation
(L'homme est un outil dans les mains de
Dieu tout puissant) de l'utilisation intensive qu'ont
pu en faire les hommes depuis la nuit des temps pour
couvrir leurs actes les plus abjects.
A noter dans cette
chanson le début rappelant celui de 2001 :
L'odyssée de l'espace. Le quartet jouant peut-être
le Beau Danube Bleu.
Perfect
Sense, Part II (Le sens parfait)
Ne vois tu pas
?
Tout celà
est le sens parfait
exprimé
en dollars et cents
livres, shillings
et penny
Ne vois tu pas
?
Tout celà
est le sens parfait
La petite âme
noire s'en va dans son foyer parfait
de la chair à
canon pour les nouvelles de neuf heures
Chéri, est-ce
que les enfants sont dans leur lit ce soir ?
Bonjour tout le
monde, ici Marv Albert
et bienvenu dans
notre émission
Nous sommes en
direct du Memorial Stadium
C'est une magnifique
journée
et nous espérons
aujourd'hui une magnifique rencontre
mais tout d'abord,
notre hymne universel
Ne vois tu pas
?
Tout celà
est le sens parfait
exprimé
en dollars et cents
livres, shillings
et penny
Ne vois tu pas
?
Tout celà
est le sens parfait
Et voici les joueurs
Comme je vous parle,
le capitaine
se dirige vers
une plate forme pétrolière
Il me semble qu'il
va attaquer
A propos, savez
vous qu'un capitaine de sous marin
gagne 200 000 dollars
par an
Oh ça fait
moins d'impôt Marv, ouais, moins d'impôt
Uh merci Emery,
merci beaucoup
maintenant, revenons
au jeu. Il tire une fois
en voilà
une deuxième. Deux torpilles sont parties
La plate forme
va essayer de se défendre
Vont-ils y arriver
? Je ne pense pas
Ne vois tu pas
?
Tout celà
est le sens parfait
exprimé
en dollars et cents
livres, shillings
et penny
Ne vois tu pas
?
Tout celà
est le sens parfait
Résumé
: Ici, rien de bien compliqué. Les gens rentrent
chez eux le soir et se plantent devant la télé
qui dégueule son lot de massacres en tout genre.
Quant au sens parfait, sorte de sixième sens,
il permet aux médias de mettre la main sur
la bonne affaire (comprendre guerre) au nom de l'argent.
Ainsi, le torpillage d'une plate forme pétrolière
par un sous marin est ici commentée par Marv
Albert, un commentateur sportif. Sans oublier que
l'hymne de son "match" télévisé,
chanté par P.P. Arnold est repris par le stade.
Hymne dont les paroles sont le refrain de la chanson,
soit POGNON !
The
Bravery Of Being Out Of Range (Le courage de ceux
qui sont hors de portée)
Vous avez un don
naturel
pour éviter
les balles
Vous faites bonne
figure dans les soirées
Vous portez les
bons masques
Vous êtes
vieux mais vous aimez
encore les sourire
dans les pièces closes
Vous ne pouvez
pas supporter le changement
Vous êtes
à l'aise dans votre domaine
Vous avez ouvert
votre valise
Derrière
les vieux travaux
vous vous vantez
avec votre magnum
Vous avez rendu
sourd le canyon
un réconfort,
un ami
seulement prétentieux
à la fin
avec son Uzi
Est-ce que l'horreur
se souvient de vous ?
Est-ce que tu leur
fais penser au sexe ?
Vieil homme, qui
vas-tu tuer la prochaine fois ?
Vieillard, qui
vas-tu tuer la prochaine fois ?
Je regardais la
Jordanie et qu'est ce que j'ai vu ?
J'ai vu un soldat
américain sur tas de débris
J'ai nagé
dans tes piscines
et me suis allongé
sous tes palmiers
J'ai regardé
dans les yeux de l'indien
qui est allongé
sur les marches des bureaux fédéraux
et en regardant
la première ligne sur la colline
J'ai vu des gars
avaler leurs pillules
malades de ce qu'ils
avaient trouvé
dans leur mission
dans le désert
Et le courage d'être
hors de portée
Oui, la question
est vexante
Vieil homme, qui
vas-tu tuer la prochaine fois ?
Vieillard, qui
vas-tu tuer la prochaine fois ?
Hey barman, par
ici
Encore deux petits
coups
et deux bières
de plus
Monsieur, montez
le son de la télé
la guerre vient
de commencer
j'aime leurs bombes
guidées par des lasers
C'est vraiment
génial
Pour une honnête
injustice
Vous touchez la
cible
et gagnez le jeu
Depuis un bistro
à 3000 miles
à 3000 miles
nous jouons le
jeu
avec le courage
d'être hors de portée
nous zappons et
estropions
avec le courage
d'être hors de portée
Nous mitraillons
tout
avec le courage
d'être hors de portée
Nous gagnons du
terrain
avec le courage
d'être hors de portée
Nous jouons le
jeu
avec le courage
d'être hors de portée
Résumé
: Il y a ceux qui font la guerre sur le terrain et
ceux qui dirigent tout ça depuis leur bureau.
Ces derniers avec le courage d'être hors de
portée, balancent des bombes un peu partout
avant de sa pavaner dans leur propriété
de rock star. Et nous, pauvres alcooliques, regardons
la guerre à la télé comme s'il
s'agissait d'un jeu. Une guerre dont toute violence
a été banalisée par les médias.
Late
Home Tonight, Part I (En retard à la maison
ce soir)
Debout à
la fenêtre
La femme d'un fermier
dans l'Oxfordshire
Un regard à
l'horloge, il est presque l'heure du thé
Elle ne voit pas
le fantôme
dans les haies baisser ses ailes
Elle n'entend pas
les moteus chanter
mais dans le scintillement
du cockpit
derrière
les Ray Ban
le gosse de Cleveland
installé
dans sa routine
se regarde et sourit
En sécurité
dans la beauté d'être militaire
Il n'y a rien de
juste ou d'injuste
seulement des boîtes
de conserve et des falaises blanches
et des ciels bleux
et voler, voler, voler
La beauté
d'être militaire
Pas de question,
seulement des ordres et voler, juste voler
Quel magnifique
signe dans ses rêves sauvages
l'enfant qui prenait
exemple sur
ses magazines de
guerre
Et l'Oncle Sam
nourrit 10 milliards en
échange
d'un amusement total
dans un jeu vidéo
de combat
Et ici dans les
tribunes
les fans deviennent
fous
Les pom-pom girls
dansent
quand tu agites
tes hanches
et nous aimons
tous quand tu prends
tes jeans dans
le réfrigérateur et
que les voyous
se font tirer dessus
mais étais-tu
satisfait par la façon
dont son maillot
collait à sa peau
comme au temps
de Brigitte Bardot
Quand les couteaux
percent les feuilles d'automne
Mais bon, d'accord,
regardons les enfants saigner
C'est superbe à
la télé
Et à Tripoli,
une autre femme ordinaire
regardant la fuite
que son vieux mari n'a
pas eu le temps
de réparer
Trop occupé
par la politique
dans la rue en
contrebas
Résumé
: Toujours le même thème abordé
: Nous ne nous rendons pas compte. Les soldats se
contentent de faire la guerre, les autres regardent
les enfants crever à la télé
au milieu de discussions sans intérêt.
Et d'infimes problèmes prennent plus d'importance
que la guerre en elle-même comme cette fuite
non réparée.
Late
Home Tonight, Part II (En retard à la maison
ce soir)
Ecoute le cable
chanter
efface les liens
du satellite
arrête le
fax
Prend l'histoire
de ce gars
Il y a de jolies
photos qui arrivent
Maintenant, le
coeur du pilote bat plus lentement
Il transpire moins
Pas de questions,
seulement des ordres
Et l'avion perd
de l'altitude
à travers
les nuages et l'équipe au sol l'acclame
comme il sort ses
trains d'atterrissage
Hey garçon,
tu es un héros. Prends ce cigare
De retour à
Cleveland
Tous les journaux
et les chaines de télé
vont appeler ta
mère
et la femme du
fermier
chasse le chat
de la chaise
Elle dit "assieds
toi mon chéri"
Est-ce que la traite
s'est bien passée
Nos amis américains
sont en retard à la maison ce soir
Résumé
: Cette chanson est la suite de la précédente
et reprend les mêmes thèmes.
Too
Much Rope (Trop de liberté)
Quand le traîneau
est lourd
et les loups sont
audacieux
Tu regardes tes
compagnons
et testes leur
amitié
avec ton orteil
Ils se rapprochent
manifestement
de l'or
Chaque homme a
son prix Bob
Et le tien était
plutôt bas
L'histoire est
courte, le soleil est une petite étoile
Un pauvre homme
vend ses reins
dans un quelconque
bazar colonial
que sera sera
C'est ta nouvelle
Ferrari ?
Jolie mais je préfère
attendre la F50
Tu n'as pas besoin
d'être juif
pour condamner
le meurtre
Les larmes brûlent
mes yeux
Musulman ou chrétien,
mullah ou pape
Prêtre ou
poète, quel que soit l'auteur
Donnez à
n'importe quelle espèce trop de liberté
et elle foutra
la merde
Et la nuit dernière
à la télé
Un vétérinaire
vietnamien
prend sa barbe
et sa douleur
et son aléniation
depuis vingt ans
retourne encore
en Asie
Regarde les monstres
qu'ils créent
flotter dans le
formaldéhyde
Rencontre un gosse
sur un vélo
Un bon petit gars
Un gars suffisemment
bien
avec les mêmes
yeux de soldat
Les larmes brûlent
mes yeux
Qu'est ce que ça
veut dire ?
C'est une scène
à faire pleurer
qui se déroule
dans ma maison
Ça me dérange
tellement
Pourquoi tout ce
tapage ?
C'est juste deux
êtres humains
C'est juste deux
êtres humains
Les larmes brûlent
mes yeus
Qu'est ce que ça
veut dire ?
Cette sympathique
télé
cette scène
émouvante
se déroule
dans ma maison
Tu n'as pas besoin
d'être juif
pour désapprouver
le meurtre
Les larmes brûlent
mes yeux
Musulman ou chrétien,
mullah ou pape
Prêtre ou
poète, quel que soit l'auteur
Donnez à
n'importe quelle espèce trop de liberté
et elle foutra
la merde
Résumé
: Encore les mêmes thèmes qui reviennent.
On ferait n'importe quoi pour l'argent, l'intérêt
se porte sur des domaines à l'importance réduite
(Ferrari), et les hommes, qu'ils soient chrétiens
ou musulmans, mettent le bordel un peu partout. Et
tout ça parce qu'on les laisse faire.
What
God Wants, Part II (Ce que Dieu veut)
Crois-tu en un
meilleur avenir ?
As-tu foi en un
futur doré ?
Si c'est le cas,
nous devrons y aller ensemble, ce jour
Allons y ensembles,
unis
L'audience de la
télé
Transportés
ensemble par le son de ma voix
Unis, unis financièrement,
unis socialement
Unis spirituellement
et dans tous les domaines
à travers
le pouvoir de l'argent
Et le force des
prières
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a, Dieu nous aide tous
Dieu veut des dollars
Dieu veut des cents
Dieu veut des livres,
des shillings, des penny
Dieu veut des francs
suisses
Dieu veut des francs
français
Oui il veut des
francs francais
Dieu veut des escudos
Dieu veut des pesetas
N'envoyez pas de
lires
Dieu veut des petites
pommes de terre
Dieu veut des villages
Dieu veut la douleur
Dieu veut des campagnes
de nettoyage
Dieu veut des veuves
Dieu veut des solutions
Dieu veut la télé
Dieu veut des contributions
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a, Dieu nous aide tous
Dieu veut de l'argent
Dieu veut de l'or
Dieu veut ses secrets
Qui ne seront jamais
révélé
Dieu veut des gigolos
Dieu veut des girafes
Dieu veut des hommes
politiques
Dieu veut se marrer
un coup
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a, Dieu nous aide tous
Dieu veut l'amitié
Dieu veut la célébrité
Dieu veut crédit
Dieu veut condamner
Dieu veut la pauvreté
Dieu veut la santé
Dieu veut une assurance
Dieu veut se couvrir
Ce que Dieu veut,
Dieu l'a, Dieu nous aide tous
Résumé
: Une chanson qui débute par des paroles pleine
de bon sens, empreintes d'un positivisme tout à
fait chrétien. Et ce message qui pourrait être
prononcé par un ecclésiastique quelconque
dit tout simplement que nous ne sommes pas unis à
travers le pouvoir de Dieu mais celui de l'argent.
Thème récurrent donc, puisque thème
de l'album. Ensuite, à l'instar de What God
Wants, Part I, Roger énonce ce que Dieu veut
en bien comme en mal et nous incite à ne pas
suivre une seule voix, que ce soit Dieu ou la télévision.
What
God Wants, Part III (Ce que Dieu veut)
N'ait pas peur,
c'est juste du business
Le prophète
extra-terrestre soupire
Le vautour et la
pie prirent
la caisse sur son
crochet
Le singe dans le
coin, fait
des dessins dans
son livre
Affole la note,
les doigts de la femme
illuminent la caisse
Le capitaine inscrit
le menu du jour
Et dans les banques
à travers le monde
Chrétiens,
musulmans, hindous, juifs
Et les gens de
toutes les
races, principes,
couleurs, teinte ou nuance
Se mettent à
genoux et prient
Le raton laveur
et la marmotte
adroitement maquillent
des masses d'argent
Mais le singe dans
le coin
Bien, il s'éloigne
lentement hors de portée
Christ, il fait
froid là dedans
Le vétéran
cri
Les hyènes
cassent leur abri
et courent dans
la prairie
Et le brouillard
arrive
à travers
sa bouteille de gin
alors il ramasse
une pierre
qui ressemble à
un os
Et les balles volent
Et les rivières
s'assèchent
et les grosses
filles soupirent
et le réseau
ancre les mensonges
Et le soldat se
retrouve seul
dans le champ de
la caméra
Mais le singe ne
regarde pas
Il sort discrétement
de la cuisine
pour entasser la
vaisselle
et répondre
au téléphone
Résumé
: Une énième variation sur les thèmes
précédent. Religion, argent, guerre
et nous regardons la télévision, pauvres
humains. Les médias nous mentent et tout le
monde s'en fout. Et la guerre restransmise à
la télé n'intéresse pas le singe
qui préfèrent vaquer aux occupations
de sa petite vie mesquine.
Watching
TV (Regardé la télé)
Nous étions
en train de regarder
la place Tien Anmen
J'y ai perdu ma
soeur
ma rose jaune
dans ses habits
ensanglantés
Elle était
pâtissière
dans un café
soumis aux marées du Yangtze
Elle avait des
cheveux brillants
C'était
la fille d'un ingénieur
Verseras-tu une
larme ?
Pour ma rose jaune
Ma rose jaune
Dans ses habits
ensanglantés
Elle avait une
poitrine parfaite
Elle avait de grands
espoirs
Elle avait des
yeux en amande
Elle avait des
cuisses jaunes
Elle était
étudiante en philosophie
Auras tu du chagrin
avec moi ?
Pour ma rose jaune
Verser une larme
Pour ses habits
ensanglantés
Elle avait des
cheveux brillants
Elle avait une
poitrine parfaite
Elle avait de grands
espoirs
Elle avait des
yeux en amande
Elle avait des
cuisses jaunes
C'était
la fille d'un ingénieur
Alors jetez vos
pistolets
Jetez vos pierres
Jetez vos couteaux
Réduisez
les en pièces
Ils sont les laquais
de la machine de l'épicier
Ils construisent
des moulins diaboliques
Ils fabriquent
l'enfer sur terre
Ils achètent
les premières places pour voir le calvaire
Ils n'ont aucun
rapport avec moi
Mais j'ai de la
peine pour ma soeur
Peuple de Chine
N'oublie pas, n'oublie
pas
les enfants qui
sont morts pour toi
Longue vie à
la république
Avons nous fait
quelque chose depuis
Il me semble que
oui
Nous avons regardé
la télé
regardé
la télé
Nous avons regardé
la télé
regardé
la télé
Elle portait un
bandana blanc qui disait
Paix maintenant
Elle pensait que
la Grande Muraille de Chine
chuterait
Elle était
étudiante
Son père
était ingénieur
Ne verseras-tu
pas une larme ?
Pour ma rose jaune
ma rose jaune
dans ses habits
ensanglantés
Son grand père
avait combattu Tchang Kaï-chek
ce méchant
sale rat
qui avait l'habitude
de donner l'ordre à ses troupes
de tirer sur les
femmes et les enfants
Imagine le, imagine
le
Et durant le printemps
de 1948
Mao Tse-tung complètement
furieux
chassa ce vieux
dictateur
hors du territoire
chinois
Tchang Kaï-chek
s'est installé à Formose
et a armé
l'île de Quemoy
Et les bombes ont
volé au dessus de la mer de Chine
Et ont transformé
Formose en fabrique de chaussures
appelée
Taiwan
Et elle est différente
de l'homme de Cro-Magnon
Elle est différente
d'Anne Boleyn
Elle est différente
des Rosenbergs
et du juif inconnu
Elle est différente
du nicaraguayen inconnu
Mi superstar, mi
victime
Elle est une star
victorieuse d'un genre nouveau
Et elle est différente
du Dodo
et du Kankanbono
Elle est différente
des aztèques
et des Cherokee
Elle est la soeur
de tout le monde
Elle est le symbole
de notre échec
Elle est celle
des 50 millions
qui peut nous aider
à être libre
parce qu'elle est
morte à la télé
Et j'ai de la peine
pour ma soeur
Résume
: Vision cynique du concept du martyre avec cette
chinoise qui meurt (répression, 1989, place
Tien Anmen, etc...) en direct à la télé.
Une mort différente car télévisée
mais qui n'a permis d'obtenir aucun des changements
souhaités par cette personne. Message d'espoir
ou simple ironie, on interprétera la
fin comme on le voudra. Et Roger Waters règle
ses comptes avec Tchang Kaï-chek.
Three
Wishes (Trois voeux)
Remonter la bouteille
et frotter la lampe
Le génie
sort en souriant
comme un clochard
Il dit "Hey mon
gars, qu'est ce qu'il t'arrive ?
Que se passe-t-il
?
Tu peux faire trois
voeux
Si tu ne perds
pas trop de temps"
J'ai dit "Bien
Je veux que tout
le monde sois heureux au Liban
que quelqu'un m'aide
à écrire cette chanson
et que quand j'étais
jeune, mon père ne soit pas mort"
Le génie
dit "Considère que c'est fait"
Il y a quelque
chose dans l'air
et je ne sais pas
ce que c'est
Tu vois quelqu'un
par la fenêtre
que tu avais appris
à oublié
et la route mène
à la gloire mais
tu as utilisé
ton dernier voeux
ton dernier veux
Et tu veux qu'elle
revienne à la maison
Le génie
dit "je suis désolé,
mais c'est comme
ça
Mais où
est donc passé cette lampe ?
Il est temps pour
moi d'y aller.
Au revoir"
Il y a quelque
chose dans l'air
et je ne sais pas
ce que c'est
Tu vois quelqu'un
par la fenêtre
que tu avais appris
à oublié
et la route mène
à la gloire mais
tu as utilisé
ton dernier voeux
ton dernier veux
Et tu veux qu'elle
revienne à la maison
Résumé
: Même avec l'existence d'un génie qui
peut réaliser trois voeux, on s'apperçoit
qu'on ne peut pas tout changer. C'est tout ce que
j'ai pu tirer de cette chanson.
It's
A Miracle (C'est un miracle)
Tu appelle ça
un miracle
Tu n'a jamais rien
vu
Il y a du Pepsi
dans les Andes
McDonalds au Tibet
Le Yosemite a été
transformé
en terrain de golf
pour les japonais
La mer morte survit
sans un bruit
Entre le Tigre
et L'euphrate
il y a un centre
de loisir maintenant
Ils ont tous les
genres de sports
Ils ont des bermudas
Ils ont du sexe
en Pennsylvannie
Un brésilien
a fait pousser un arbre
Un docteur à
Manhattan
a sauvé
un homme mourant gratuitement
C'est un miracle
Un autre miracle
Par la grace de
Dieu tout puissant
et les pressions
du marché
Les êtres
humains se sont civilisés tout seul
C'est un miracle
Nous avons des
hangars remplis de beurre
Nous avons des
océans de vin
Nous avons la famine
quand nous en avons besoin
Nous avons des
dessinateurs de crimes
Nous avons des
Mercedes
Nous avons des
Porsche
Ferrari et Rolls
Royce
Nous avons le choix
Elle dit "Rencontre
moi
dans le jardin
de Gethsemane mon cher
Le seigneur dit
"Pierre, je peux voir
ta maison d'ici"
Un honnête
homme marié
moissonne finalement
tout ce qu'il avait semé
Un fermier dans
l'Ohio a juste repayé sa location
C'est un miracle
Par la grace de
Dieu tout puissant
et les pressions
du marché
Les êtres
humains se sont civilisés tout seul
C'est un miracle
Nous nous recroquevillons
dans nos abris
Avec nos mains
sur les oreilles
Le truc horrible
de Lloyd-Webber
qui cour pendant
des années, des années, des années
Un tremblement
de terre a fait s'écrouler le théâtre
Mais l'opérette
a continué
Alors le couvercle
du piano est tombé
et a cassé
ses putains de doigts
C'est un miracle
Résumé
: Railleur, Roger qualifie de miracle l'inutile.
MacDonald au Tibet, miracle de notre siècle,
ou stratégie commerciale honteuse ? Et ainsi
de suite. L'énoncé d'informations absurdes
rappelle un peu les journaux télévisés
lorsqu'ils n'ont plus rien à dire et balancent
ce genre de choses. Un brésilien a planté
un arbre, c'est un peu ça.
Amused
To Death (Amusé par la mort)
Docteur docteur,
qu'est ce qui ne va pas avec moi ?
La vie de supermarché
commence à être longue
Quelle est la durée
de vie d'une télé couleur ?
Quelle est la durée
de conservation d'une reine de beauté ?
Ooh femmes occidentales
Ooh filles occidentales
Des nouveaux chiens
renifflent l'air
quand Jessica Hahn
s'écroule
il prend possession
de ce symbole
de séparation
attiré par
des restes de sentiments
La célébrité
des cartouches, la belle
Ooh femmes occidentales
Ooh filles occidentales
Et les enfants
de Melrose
se pavanent avec
leurs trucs
Le zéro
absolu est-il assez froid ?
Et en dehors, dans
la vallée chaude et propre
Les plus petits
s'assoient devant leur écran de télé
Pas de pensées
à avoir
Pas de larmes à
pleurer
Tout le jus a été
sucé
Nous en arrivons
à notre dernier souffle
Barman, qu'est
ce qui ne va pas avec moi ?
Pourquoi suis-je
à bout de souffle ?
Le capitaine a
dit "excusez moi madame
Les espèces
se sont amusées avec la mort"
Amusées
avec la mort
Amusées
avec la mort
Nous regardons
les tragédies dévoilées
Nous avons fait
comme on nous a dit
Nous achetons et
vendons
C'était
la plus grand fête sur terre
Mais maintenant,
c'est terminé
Nous faisons ohh
et aah
Nous conduisions
nos voitures de course
Nous détestions
notre dernier pot de caviar
et quelque part
dans les étoiles
un oeil aiguisé
nous regarde
et nous espionne
avec une lumière dansante
Notre dernier Hourra
!
et quand ils trouvent
nos ombres
groupés
autour du poste de télé
Ils renversent
toutes les pistes
Ils répètent
tous les tests
Ils analyses toutes
les données sur leurs listes
Et alors l'anthropologue
extra-terrestre
Admet qu'ils soient
encore perplexe
mais en éliminant
toutes les autres raisons
de notre triste
fin
Ils considèrent
l'explication restante
Les espèces
sont amusées par la mort
Plus de larmes
à pleurer, plus de sentiments
Les espèces
sont amusées par la mort
- changement de
chaîne -
"Des années
plus tard, j'ai vu le nom de Bill Hubbard sur un monument
aux morts dans la ville d'Arras. Et je... et à
la lecture de ce nom, je fus littérallement
transpercé. C'était comme s'il était
un être humain plutôt que le souvenir
cauchemardesque qu'il me poursuivait depuis tant d'années.
Et je me sentis soulagé comme jamais, chaque
fois que je me souvenais de lui, je me diasis "N'y
avait-il vraiment rien que tu ne pouvais faire ?
[Je préfère
mourir, je préfère mourir]
Et ça m'a
toujours désolé. Et l'avoir vu, son
nom dans le registre - vous savez, dans les monuments
aux morts, il y a un petit endroit avec un registre
où se trouve tous les noms - et voir son nom
sur le registre et sur le monument, ça a illuminé...
mon coeur, si vous voulez."
"En quelle année
avez-vous vu son nom sur le monument ?"
" Ah, quand j'avais
87 ans, ça devait être en mille neuf
cent... mille neuf cent quatre ving quatre."
- changement de
chaîne -
Résumé
: Ici se retrouvent à nouveau les mêmes
thèmes. On se plante devant la télé,
on ne réfléchi pas, les médias
nous manipule et la violence ne nous touche plus.
Et les extra terrestres (ne réprésentant
plus Dieu ici, quoi que...) finissent par comprendre
la raison pour laquelle l'espèce humaine à
disparu : Parce qu'elle a banalisé la mort.
Traduit et interprété par Mathieu
18.09.2000
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